Solidarité : du Lot-et-Garonne à Mayotte, un conteneur à la rescousse des enfants

Le collectif Urgence Mayotte 47, soutenu par le Secours populaire, s'est mobilisé pour récolter des dons afin d'envoyer de l'eau et de l'équipement à une population en grande détresse.

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Loin des yeux, loin du cœur ? Pas pour le collectif Urgence Mayotte 47. Le 14 décembre 2024, le cyclone Chido est venu frapper le petit archipel français situé entre Madagascar et le Mozambique, détruisant presque tout sur son passage. Un peu plus d’un an après cet épisode météorologique d’une rare violence, l’attention médiatique a bien baissé. Mais pas les besoins de la population. François Gibert, muté là-bas en 2017, a pu constater l’ampleur du désastre humain au niveau des collèges de Kaweni, banlieue pauvre de la capitale Mamoudzou. « Avec la pression migratoire des Comores notamment, environ 60% des enfants sont d’origine étrangère. Certains ne sont jamais revenus sans que l’on sache s’ils étaient morts ou retournés dans leur pays voyant que tout était dévasté. D’autres sont revenus sans même avoir des claquettes à mettre à leurs pieds… Ils sont hébergés ici et là le temps que les bangas (ndlr, bidonvilles mahorais en tôle) soient reconstruits », déplore le fonctionnaire natif de Tonneins.

Un conteneur de produits de première nécessité

Face à ce qui semble « impensable dans un département français », avec déjà plusieurs décennies de retard sur d’autres ultramarins comme La Réunion avant même le passage de l’ouragan, impossible pour François Gibert de rester les bras croisés. Avec Gilbert Vidal, secrétaire général du Secours populaire d’Agen, le collectif a pu se mettre en place et commencer sa collecte de dons. Les collèges de La Rocal à Bon-Encontre, de Jasmin à Agen et de Ribérac en Dordogne ont activement participé. Le Conseil départemental de Lot-et-Garonne a accordé au collectif une subvention de 10 000 €, à laquelle il faut ajouter 13 000 € sur fonds propres du Secours populaire. De quoi pouvoir expédier un conteneur entier de 70 m2, rempli avec 25 palettes de vêtements, chaussures, produits d’hygiène féminine ainsi que de l’eau… Car oui, l’accès à l’eau reste un obstacle majeur sur place. « Il y a des coupures de réseau plusieurs fois par semaine. C’est bien simple, hormis l’hôpital et encore, personne ne peut y avoir accès 24h/24 », déplore François Gibert.

Expédier est une chose, s’assurer que tout arrive entre les mains des bons destinataires en est une autre. « À Mayotte, le détournement de fonds, de dons et la corruption sont un sport national. Certains ne voient jamais la couleur de l’argent que des citoyens ont donné », révèle le conseiller principal d’éducation. C’est pourquoi, il est retourné sur place avec Gilbert Vidal ainsi que notre confrère journaliste de Radio 4 Patrice Couturier, afin d’effectuer eux-mêmes la distribution de tous ces produits de première nécessité à celles et ceux qui en ont vraiment besoin. Une initiative à saluer !

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