Suspicion de « comportements inappropriés » : le directeur de Félix-Aunac écarté à Agen

Le chef d’établissement du collège Félix-Aunac, à Agen, a été mis à pied à titre conservatoire. Un signalement transmis au parquet de Bordeaux vise des faits présumés survenus lorsqu’il exerçait à Saint-Genès La Salle.

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©Rédigé avec AFP

À Collège Félix-Aunac, le directeur a été suspendu de ses fonctions début février. La décision a été prise par la congrégation des Frères des écoles chrétiennes après réception d’un signalement concernant des « comportements inappropriés ». « Informée de l’existence d’un signalement », la congrégation a appliqué « le principe de précaution en adoptant, le 5 février 2026, une mesure conservatoire de retrait de mission », a indiqué à l’AFP l’avocat du responsable, Me Matthias Pujos. La mesure est conservatoire : elle ne constitue ni une sanction disciplinaire définitive ni une reconnaissance des faits, mais vise à écarter temporairement l’intéressé dans l’attente des conclusions de l’enquête. Le directeur conteste les accusations et bénéficie de la présomption d’innocence.

Un signalement transmis au parquet de Bordeaux

Les faits présumés auraient été commis lorsque le chef d’établissement exerçait à Saint-Genès La Salle, entre 2017 et 2024, où il occupait des fonctions administratives en tant que délégué de tutelle. Le 2 février, le parquet de Bordeaux a été saisi d’un signalement effectué au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Cet article impose à toute autorité constituée de signaler à la justice des faits susceptibles de constituer une infraction pénale. Les investigations en cours doivent « déterminer si les faits évoqués sont avérés et relèvent d’une qualification pénale », a précisé le parquet auprès de l’AFP.

Un contexte sensible pour le réseau lasallien

L’affaire intervient alors qu’un collectif d’anciens élèves d’établissements du réseau lasallien a récemment dénoncé des violences commises, pour l’essentiel entre les années 1950 et 1990, par des religieux, des personnels laïcs ou d’autres élèves. Le 1er février, la congrégation avait assuré prendre cette prise de parole « très au sérieux », rappelant la mise en place, dès 2014, d’une cellule d’écoute et l’indemnisation de 70 personnes. Dans un courrier adressé aux responsables du réseau, le frère Jean-René Gentric, visiteur provincial, a souligné : « Ces faits sont graves et doivent être regardés avec lucidité et responsabilité. Ils appellent respect pour la parole des victimes et exigence dans la recherche de la vérité. »

Il a toutefois ajouté qu’« il importe de distinguer clairement ces situations anciennes de la réalité actuelle de nos établissements scolaires qui fonctionnent aujourd’hui (…) dans un cadre profondément renouvelé, structuré par des protocoles stricts de prévention et de signalement ».

De son côté, Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique (Fnogec), a déclaré à l’AFP : « L’équilibre entre protection des mineurs et droits du mis en cause n’est jamais simple à tenir. Mais notre ordre des priorités, lui, ne souffre aucune ambiguïté : les mineurs d’abord. »

L’établissement bordelais a récemment été confronté à une autre affaire judiciaire. En décembre, un ancien enseignant de Saint-Genès La Salle a été renvoyé devant la cour criminelle de la Gironde, accusé de viols et d’agressions sexuelles sur plusieurs élèves sur une période s’étendant de 2008 à 2017. Quelques jours après sa mise en examen en 2023, le directeur de l’école primaire du groupe scolaire s’était suicidé. Par ailleurs, une plainte pour non-dénonciation de crime déposée par des parents vise l’établissement. Si les procédures sont distinctes, leur succession contribue à placer l’institution sous forte attention médiatique et judiciaire.

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