Quidam l’Actu : Francis Garcia était leader à l’issue du premier tour. Le poids global des voix de gauche le mettait en ballotage très favorable. Et pourtant, vous avez remporté une victoire confortable face au maire sortant. Est-ce une surprise ?
Gilles Frémy : Ce qui me surprend le plus, c’est l’ampleur de la victoire. J’avais confiance en nos chances mais j’imaginais un résultat serré, dans un sens ou dans l’autre. On termine avec 400 voix d’avance et un score de 56,2%. On peut en tirer plusieurs enseignements. D’abord, cela nous donne une très grande légitimité. Les Passageois ont adhéré à notre projet et à notre méthode. On a fait le choix, collectivement, de n’entrer dans aucune polémique même si certains ont essayé de nous y pousser. On a mis un point d’honneur à mener une campagne propre. Enfin, c’est une preuve que personne n’est propriétaire de ses voix. Les comptes d’apothicaires sur les potentiels reports de voix d’un candidat vers un autre en fonction de la couleur politique ne fonctionnent pas. La seule vérité, c’est celle d’une proposition sincère pour sa commune. On a voulu me caricaturer à l’extrême droite mais j’en suis extrêmement loin. C’est très clair dans mon esprit et, heureusement, aussi dans celui de mes proches, collègues et électeurs. Je ne suis pas arrivé là par hasard. J’étais n°2 en 2014 puis n°1 en 2020. Je me suis beaucoup impliqué pour la municipalité au sein de l’opposition. Les gens ont appris à me connaître. Ce n’était pas une candidature d’opportunité mais le fruit d’un travail de longue haleine. C’est une persévérance longue de douze ans qui paie. La cohésion a joué un rôle majeur dans tout ce processus. Quand nous avons perdu un colistier et grand ami (ndlr, Michel Durand) en pleine campagne, c’est elle qui nous a permis de continuer. On lui dédie d’ailleurs notre victoire.
Quidam l’Actu : Quelles seront vos premières actions en tant que maire du Passage ?
Gilles Frémy : Je suis un homme de dialogue et de concertation. Avec Francis Garcia, on s’est accrochés en début de mandat puis on a mis les points sur les i. Et depuis dimanche, on échange régulièrement dans un esprit très républicain. Un besoin de changement s’est exprimé dans les urnes, on peut aller de l’avant. La première chose à laquelle je tiens, c’est de renouer des échanges avec tout le monde. On a par exemple senti un certain malaise avec les associations. Ça ne coûte pas cher mais ça peut avoir des répercussions positives très importantes. Notre équipe va aussi prendre le temps de trouver ses marques après avoir laissé retomber la pression de la campagne. En auditant, depuis l’intérieur, les finances de la ville, on pourra déterminer les actions prioritaires.
Quidam l’Actu : Quid de l’Agglo ? À l’instar du Passage, Agen a aussi basculé mais dans l’autre sens. Comment souhaitez-vous vous positionner ?
Gilles Frémy : C’était déjà une question majeure, elle est devenue centrale pendant l’entre-deux-tours même si les Passageois n’ont pas succombé à l’argumentaire de Francis Garcia. Il faut bien avoir en tête qu’on parle de 44 communes, avec énormément de changements de maire. Il faut attendre de voir comment les forces se dessinent. Les gens connaissent mes valeurs, je ne m’en cache pas. Mais si je suis sans étiquette, ce n’est pas pour rien. J’ai horreur d’être manipulé ou de subir des pressions partisanes. Je veux rester libre de mes choix. Même si l’Agglo passe à gauche, je ne me vois pas dans une opposition systématique qui signifierait le blocage de notre institution. J’ai en revanche beaucoup de mal à imaginer un bureau des vice-présidents sans Le Passage. Quant à savoir si je pourrais être candidat à la présidence, je ne l’ai pas du tout envisagé à ce jour. On ne peut rien exclure car chaque paramètre pourra peser dans la balance, mais ce n’est clairement pas à l’ordre du jour.







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