
Après de longs mois de travaux, il se révèle enfin au public. Le « Centre de la po », au milieu des immeubles bourgeois du boulevard Palissy et face à l’ancien hôpital Saint-Cyr, attire l’attention. En pénétrant les murs, le choc visuel est encore plus saisissant. Le lieu n’a clairement rien à envier aux plus belles cliniques privées des grandes villes. La démarche est assumée : créer les meilleures conditions d’accueil possibles pour les patients mais également offrir un outil des plus qualitatifs à des médecins spécialistes qui se font de plus en plus rares. Son concepteur est le Dr Dieudonné Ntirandekura. Un nom qui n’est pas inconnu sur le Villeneuvois puisqu’il officie au Pôle de santé comme chirurgien viscéral depuis dix ans maintenant. Son Centre de la po est pourtant, comme son nom l’indique avec une graphie inspirée d’une faute d’écriture de son fils, un temple de la dermatologie. Le lien entre ces deux activités aux apparences bien différentes vient d’un parcours professionnel un peu particulier que Dieudonné Ntirandekura raconte.
Un parcours atypique
« Avant d’arriver à Villeneuve, j’étais praticien hospitalier à Mont-de-Marsan. Et au sein de l’hôpital public, on est parfois limité dans les possibilités d’accès au bloc opératoire, aux consultations. Je me trouvais un peu inutilisé. J’ai pris la décision de partir en libéral. Il faut savoir que la moitié des hôpitaux en France cherchent un chirurgien. Les opportunités ne manquaient pas. Un ami m’a parlé du Dr Jean Durou qui cherchait un nouveau collègue pour répondre à la demande. Ce n’était pas si loin de Mont-de-Marsan. Le PSV venait d’ouvrir, le plateau technique était tout neuf… J’ai été séduit. Un peu moins ma femme qui a découvert la ville un dimanche après-midi sous la pluie. Mais on a bien posé nos valises ici. » À une activité viscérale bien chargée, entre pathologies digestives, cancer, obésité, s’est fatalement ajouté un autre volet devant l’impressionnante pile de dossiers : les interventions cutanées. « C’est malheureux à dire, mais dans le monde de la chirurgie, c’est un peu vu comme de la bobologie. Les praticiens ne se bousculent pas pour en faire », déplore Dieudonné Ntirandekura. Lui s’y est intéressé de plus près, grâce notamment à l’impulsion de son « mentor » Jean Durou, et a commencé à se spécialiser. Le « piège » initial s’est transformé en une seconde vocation : « En 2017, j’ai pris la décision de me former. J’ai passé du temps à Saint-André à Bordeaux et je me suis inscrit à un DIU (ndlr, formation de spécialisation complémentaire). Je voulais être pleinement légitime et compétent. »
Des solutions face à la pénurie

Dans un monde idéal, chaque patient pourrait suivre un parcours complet, avec un passage incontournable chez le dermatologue avant tout coup de scalpel. Avec la désertification médicale partout en France, la réalité est bien différente. « Le problème, c’est que l’on ne peut pas toujours attendre. J’ai des patients qui pensaient avoir une simple plaie, censée partir d’elle-même, et finalement c’est un cancer. Il faut pouvoir apporter une réponse rapide dans la mesure du possible », affirme le docteur. Les médecins traitants sont ainsi mis à contribution. De même que les infirmiers à domicile qui sont souvent les premiers à percevoir un potentiel problème de santé. Le Centre de la po a vocation à rendre cette prise en charge encore plus efficace. « On s’est doté d’équipements pour former à distance les professionnels du territoire. Qu’ils puissent avoir les bases de la dermatologie générale et de la dermoscopie. Pouvoir reconnaître des situations et envoyer des « images améliorées » à un dermatologue n’importe où en France afin d’obtenir un diagnostic précis peut vraiment changer la donne. »
Ouverture de la chirurgie en septembre
Et c’est au sein de cette même structure que les patients pourront être complètement pris en charge. Les installations ultra-modernes proposent plusieurs salles de consultation où pourront être mis des outils spécifiques (comme la cryothérapie). Surtout, le centre dispose de deux salles dites de « petite chirurgie » puisque la quasi-totalité des interventions en dermatologie se font sous anesthésie locale. « Nous avons prévu tout un cheminement et une organisation avec le personnel administratif, les assistantes, les aides-soignantes et les infirmières pour optimiser au maximum le temps médical. Même l’intelligence artificielle nous viendra en aide pour de la saisie de données, les courriers et les ordonnances », prévient Dieudonné Ntirandekura, toujours avide d’améliorer sa pratique avec des techniques innovantes comme la chirurgie de Mohs pour traiter les cancers de manière encore plus efficiente et rapide. Il faudra attendre la rentrée de septembre 2026 pour voir ces mini-blocs à l’œuvre. Le Centre de la po se limite donc pour l’heure aux consultations, pour la chirurgie viscérale comme celle de la peau. Toutes les interventions se font au PSVL. Chaque mois, Dieudonné Ntirandekura opère environ 180 personnes, rien que sur la partie cutanée, preuve d’un besoin très important. S’il n’y a pas encore de dermatologue rattaché à ce centre, le praticien villeneuvois a tout de même quelques touches concrètes. De quoi laisser espérer des bonnes nouvelles à moyen terme, même si la prudence reste de mise.
Des soins accessibles à tous
La spécialité dermatologique n’a pas toujours bonne réputation, la faute à des médecins qui n’hésitent pas à facturer des honoraires parfois prohibitifs. « Ce n’est pas ce que l’on veut chez nous. On est sur une logique de tiers payant intégral avec, le cas échéant, des compléments d’honoraires sollicités directement auprès des mutuelles. Le but, c’est que le patient n’ait rien à débourser de sa poche. On sait où l’on est. On tient à ce que tout le monde ait accès à ce centre, qu’ils soient sous le régime CMU, ALD ou mutuelle », assure le Dr Dieudonné Ntirandekura.
Infos //
Les prises de rendez-vous pour une consultation avec le Dr Dieudonné Ntirandekura peuvent se faire sur la plateforme Doctolib.





Laisser un commentaire