Municipales 2026 : duel de prétendants à Bias

La commune de l'agglo la plus commerçante après Villeneuve-sur-Lot voit s'affronter deux candidats aux profils bien différents. La grande continuité politique va-t-elle s'arrêter ?

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Xavier Llopis : une première face aux électeurs mais une continuité revendiquée //

Devenir tête de liste n’était pas une évidence immédiate. Ancien adjoint devenu maire en 2023 après le décès brutal de Jean-Pierre Seuves, Xavier Llopis a choisi d’attendre la fin de la période des vœux pour officialiser sa candidature. « Je voulais rester le plus neutre possible dans mes interventions avant d’entrer pleinement dans la campagne », explique cet expert-comptable de profession, qui se présente donc aujourd’hui pour la première fois devant les électeurs en tant que chef de file malgré une expérience de plusieurs mandats municipaux. La liste, « Bias avance avec vous » se veut « complètement apolitique, sans intérêts personnels. Les horizons et les opinions de chacun ne sont jamais mis sur la table. Ce qui prime toujours, c’est l’intérêt général de la commune », affirme Xavier Llopis. Une ligne de conduite qui s’inscrit dans une tradition locale de stabilité et de continuité, à laquelle le maire sortant se dit profondément attaché.

La liste est d’ores et déjà bouclée, mêlant expérience et renouvellement. Neuf élus sortants sur vingt-trois repartent dans l’aventure, à l’image de Palmira Dos Reis, déjà conseillère municipale, de Sylvie Guillaume, forte de deux mandats et adjointe depuis février 2025, ou encore de Pascal Mourgues, véritable pilier de la municipalité depuis 1995. « On voit aussi d’anciens engagés, présents sur des listes par le passé, qui avaient arrêté et qui décident aujourd’hui de revenir à nos côtés. Quand on aime sa ville, on a envie de voir les projets évoluer », souligne le candidat qui voulait également apporter un vent de fraîcheur.

Le mandat qui s’achève n’a pas été de tout repos, marqué par des épreuves humaines lourdes, entre maladies et disparitions, dont celles de Jean-Pierre Seuves. Le bilan s’alourdit avec le décès très récent d’un autre maire, Jean-Jacky Larroque, qui n’était cependant plus en poste depuis 2014 « Malgré ce contexte difficile, on a voulu s’inscrire dans la continuité. À Bias, chaque projet en amène un autre. C’est comme ça que la commune fonctionne depuis toujours », rappelle Xavier Llopis, qui insiste sur la volonté de maintenir une commune « dynamique et moderne ». Le programme proposé se place ainsi dans la droite ligne des actions précédentes. La réhabilitation de l’espace multifonctionnel Serge-Dubois, appelé à devenir un pôle culturel important. a permis de reloger la bibliothèque fin janvier et d’y installer la Micro-Folie. « Cela libère l’ancien local de la bibliothèque, où pourra s’implanter un commerce de proximité et de services, favorisant les circuits courts, avec notamment un dépôt de pain. Un appel à projets a été lancé », précise le maire sortant.

La rénovation thermique des bâtiments communaux se poursuivra, notamment à l’école, dont la cour a été végétalisée en 2025, et au centre de loisirs. L’un des projets majeurs du prochain mandat concernera la salle des fêtes, construite en 1989, qui fera l’objet d’une rénovation de grande ampleur. Les études englobent également l’ancienne MFR qui ne devrait pas rester en friche très longtemps. « Nous défendons toujours une vision globale, insérée dans la vie du bourg. » Parmi les autres chantiers structurants figurent l’aménagement de la rue Cami de Pastourel, désormais possible après les travaux de réseaux, intégrant circulations douces et cheminements sécurisés, ainsi que l’installation de feux intelligents de part et d’autre du pont des Martinets, dans une optique de sécurité et de lutte contre les incivilités.

Enfin, après la rénovation tant attendue de la Maison aux assiettes, dont l’intérieur est désormais prêt à accueillir des visiteurs avec une billetterie assurée par l’office de tourisme, la municipalité entend valoriser les 20 hectares d’espaces agricoles du domaine de Senelles, ainsi que son kilomètre de façade le long du Lot. « Plusieurs scénarios sont à l’étude. Il faut valoriser ce patrimoine exceptionnel », conclut Xavier Llopis, conscient que « les dossiers prennent du temps », mais toujours déterminé à « obtenir les meilleurs financements » pour poursuivre une trajectoire qu’il juge cohérente pour l’avenir de Bias.

Pascal Sachot – Christine Bourlange-Pajot : un binôme en quête d’alternance

Se présenter comme candidat d’opposition à Bias est rarement gage de bonne fortune. C’est bien simple, la commune est un modèle de stabilité. Serge Dubois, Jean-Jacky Larroque, Michel Mingo, Jean-Pierre Seuves… Depuis plus d’un demi-siècle, chaque maire s’est inscrit comme le successeur naturel du précédent. Les derniers à avoir voulu bousculer cet ordre établi s’y sont cassé les dents. Mais les choses pourraient bien changer cette fois, à en juger par la détermination de Pascal Sachot. Cette volonté de porter une liste ne faisait au départ partie de ses projets : « Bias est ce qu’elle est aujourd’hui parce que de grands hommes y ont travaillé. Sans forcément dire que tout a été parfait, je ne dénigre pas les avancées de ces dernières décennies. Selon moi, le problème est né il y a trois ans. Là où Jean-Pierre Seuves avait su se montrer fédérateur comme ses prédécesseurs, notre actuel maire de transition est loin d’avoir fait l’unanimité. Et je l’ai vu de l’intérieur. » Directeur de l’école des ânes maraîchers et fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, Pascal Sachot avait réussi à créer un pont avec la municipalité et y entrer. « Je croyais qu’il y avait une dynamique, j’ai découvert une incroyable zizanie. Le fait que le quorum n’ait même pas été atteint sur plusieurs conseils consécutifs montre l’ampleur de la division interne. Je trouvais ça impensable que les projets n’avancent pas. Alors j’ai pris mes responsabilités. » L’objectif : soumettre une « alternative » aux Biassais. Le pari n’était pas forcément simple en partant de zéro. « J’ai finalement pu constituer un groupe très rapidement, au point d’en être moi-même surpris. » Surtout, Pascal Sachot a trouvé une coéquipière de luxe en la personne de Christine Bourlange-Pajot. Si celle-ci est promise au poste de première adjointe en cas de victoire, elle aura en réalité un rôle encore plus important. « Je veux proposer aux citoyens un vrai binôme, homme-femme, avec le même degré d’autorité et de responsabilités, sans que l’un ne soit caché derrière l’autre. C’est très important pour moi. La parité n’est pas qu’une règle, c’est une valeur fondamentale. C’est aussi un moyen d’apporter encore plus d’écoute aux habitants. Je suis encore un actif, et même si je vais prendre un mi-temps pour me consacrer beaucoup à la mairie, pouvoir m’appuyer sur un binôme sera précieux », estime la tête de liste.

Mère de famille et présidente d’association, Christine Bourlange-Pajot avance avec une même volonté. « À l’image de mon grand-père qui était connu sur Bias, j’ai toujours voulu m’engager. J’ai rencontré Pascal dans le cadre professionnel, ça a été fluide tout de suite, et j’ai été convaincue par son approche. J’ai dit oui immédiatement. Je suis convaincue que l’on va mener de très beaux projets avec une équipe très solidaire et engagée », affirme-t-elle. Au niveau des projets justement, cette liste annonce la couleur : « L’humain au cœur du bien vivre ». Cela passera par « une mise en valeur des associations et des bénévoles qui donnent de leur temps ». Ce tissu bénéficierait de la création d’une maison de la vie associative sur la friche de l’ancienne MFR. Le club de foot, quant à lui, se verrait offrir un terrain synthétique. La logique de proximité sera poussée avec des déplacements d’élus et des conseils de quartier. Il y a par ailleurs une volonté de remettre une vitrine de l’aide à domicile suite au départ avec perte et fracas de l’ADMR en 2023 suite à une sommation du maire, « ce qui a choqué tout le monde ». L’un des axes forts du programme repose sur une politique d’animation mêlant arts, culture et convivialité. « On a la chance d’avoir la Maison aux assiettes qui a fait l’objet de gros travaux, mais plus largement le domaine de Senelles un peu trop esseulé. On a envie de le redonner aux Biassais à travers des festivités et notamment un marché gourmand avec des thèmes déployés tout l’été. On veut en faire un cadre familial. Pour redonner vie au bourg, il ne faut pas que des commerces et de l’alimentaire le long de l’avenue de Bordeaux », avance le tandem, bien décidé à créer une alternance sur la commune.

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