
À Nérac, la campagne des municipales 2026 prend un tour singulier. À ce stade, aucune liste concurrente ne s’est déclarée face à celle conduite par le maire sortant, Nicolas Lacombe. Si la situation se confirme après la clôture des candidatures en préfecture, la cité d’Henri IV renouerait avec un scénario rare, observé pour la dernière fois dans les années 1930. « C’est une configuration particulière, reconnaît l’édile. Cette situation est peut-être le résultat de mon travail. J’ai toujours essayé de rassembler plutôt que de diviser. Mais elle ne doit pas enlever aux habitants l’envie de s’exprimer. Le vote reste essentiel, même lorsqu’il n’y a qu’une seule liste. » Il y a quelques semaines, dans la salle des Écuyers, une cinquantaine de personnes ont assisté à cette première réunion publique, un chiffre en retrait par rapport aux précédentes campagnes. Le candidat insistait sur la nécessité d’éviter un scrutin marqué par l’abstention. « Nous avons besoin d’une légitimité claire. Même un bulletin blanc est un message. »
Après trois mandats à la tête de la commune, Nicolas Lacombe met en avant la continuité et l’expérience. Il affirme avoir mené à bien la majorité des engagements pris (85%) en 2020, malgré « un contexte de crises successives ». La stabilité financière constitue l’un de ses arguments centraux : désendettement progressif, pression fiscale contenue et investissements maintenus. « Notre priorité a été de préserver les capacités d’action de la ville sans alourdir la charge des contribuables », explique-t-il. Une ligne qu’il entend poursuivre sur le prochain mandat, avec l’engagement de ne pas augmenter le taux communal de la taxe foncière.
Quid du programme ?

Parmi les pistes avancées pour les six prochaines années, l’équipe « Pour Nérac ! » souhaite renforcer la place des jeunes dans la vie locale. « Des échanges réguliers avec les représentants lycéens sont envisagés afin d’adapter les politiques municipales à leurs attentes », détaille l’édile. Autre idée mise sur la table, la création d’un conseil citoyen. Composé d’habitants volontaires ou désignés par tirage au sort, il aurait vocation à enrichir les débats municipaux. « Il ne s’agit pas de se substituer au conseil municipal, mais d’ouvrir davantage la discussion », précisait le candidat. Le monde associatif, pilier de la vie néracaise, ne serait pas oublié. Des rencontres à l’échelle de la commune devraient être organisées afin de repenser les équipements culturels et sportifs. « Nos infrastructures doivent évoluer avec les pratiques », était-il résumé.
Sur le terrain de la santé, la municipalité entend accompagner l’extension du pôle médical de l’Albret pour favoriser l’installation de nouveaux praticiens. Le maintien d’une offre de proximité figure parmi les préoccupations majeures de la liste du maire sortant.
L’environnement urbain fait également partie des chantiers annoncés avec l’amélioration de la gestion des eaux pluviales, réflexion sur la collecte des encombrants, poursuite de l’enfouissement des points d’apport volontaire pour les déchets. Côté dynamisme économique, la liste propose de soutenir davantage les commerces de centre-ville, notamment à travers des dispositifs incitatifs comme des cartes cadeaux utilisables localement.
Si l’issue du scrutin ne fait guère de doute en l’absence d’adversaire, l’équipe de Nicolas Lacombe veut transformer cette singularité en moteur de mobilisation. Le programme détaillé est distribué depuis plusieurs semaines et une nouvelle réunion publique est prévue début mars. « Une élection ne se résume pas à une confrontation. C’est aussi un moment démocratique pour confirmer une orientation », souligne le maire sortant. À Nérac, plus que la compétition, c’est désormais la participation qui constitue le véritable enjeu.





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