Municipales à Pujols : Yvon Ventadoux facilement reconduit après une campagne tendue

Maire de Pujols depuis 2014, l'écologiste a confirmé son avance du premier tour malgré la percée de Pierre Silva, ancien adjoint devenu son plus farouche opposant.

0 Shares

Avec trois forces en présence (et pendant un temps le spectre d’une quatrième), Pujols faisait partie de ces communes où la bataille promettait d’être serrée. Et ce d’autant plus que le maire sortant n’avait initialement pas prévu de rempiler. Mais il n’en fut rien. Avec 47% des voix au premier tour et un peu plus de 300 voix d’avance sur son premier poursuivant, Yvon Ventadoux avait presque plié l’affaire dès le premier tour. « C’est dommage, il ne nous aura manqué que quelques voix, sourit-il. En dépit de ce que certains pouvaient penser, ou laisser penser, ce n’est pas tout à fait une surprise. Même si on n’est jamais sûr de rien et que l’on peut être désavoué à tout moment, j’ai pu constater au cours de la campagne que l’on avait un socle solide. Et c’est une grande satisfaction d’avoir été reconnu par nos concitoyens pujolais sur notre bilan, notre équipe et notre projet. Le score net de 56,5% nous encourage à développer le programme tel que nous l’avons présenté aux habitants. » L’ambiance reste électrique avec le camp de Pierre Silva, solide second avec un score plus qu’honorable et surtout la meilleure progression de l’entre-deux-tours en nombre de voix. « Pour moi, le temps des élections, avec sa fièvre qui a parfois échauffé les esprits, est terminé. Place au travail avec toutes celles et ceux qui veulent avancer de manière constructive », glisse Yvon Ventadoux.

Vers une réconciliation à la CAGV ?

Si la feuille de route municipale est bien tracée, le sujet communautaire revient sur la table. Bien identifié comme maire de gauche, Yvon Ventadoux s’est présenté en 2020 contre Guillaume Lepers à la CAGV. Au-delà de cette défaite prévisible au vu des rapports de force, c’est la place réservée ensuite à Pujols qui a interrogé. Troisième commune de l’agglo par sa population et voisin direct de Villeneuve, le village perché n’a pas obtenu de vice-présidence ni de délégation. « Quand Guillaume Lepers a été élu, il ne m’a jamais sollicité pour travailler ensemble. Je pense qu’il y avait une forme de vengeance suite au traitement de Sainte-Livrade sous le mandat précédent, que je n’approuvais pas d’ailleurs. C’est dommage car Pujols a toujours été représentée depuis les débuts de l’intercommunalité en 2000. Sur le fonctionnement des services, je n’ai pas eu l’impression que l’on soit particulièrement malmenés, on a obtenu des subventions pour certains projets. Mais il y a aussi eu des signaux moins positifs, comme le refus de caution pour la résidence intergénérationnelle ou le fléchage des fonds de l’ORT. On verra si ce dernier point sera bien respecté lors de ce nouveau mandat. En tout cas, que ce soit en politique, au travail ou dans la vie, je suis toujours disposé à faire avancer les choses. Bien sûr, j’ai mes valeurs, mes convictions. Je n’aurais pas fait certaines choses de la même manière sur le plan alimentaire, la santé ou la gestion des déchets. Je reste cependant dans une logique de construire collectivement. L’Agglo est, selon moi, la strate d’avenir sur de nombreux sujets. » La porte serait-elle entrouverte pour une réconciliation avec Guillaume Lepers ?

Lionel Ozanne et les « barbouzes » : un épisode qui va laisser des traces //

Fort d’une campagne structurée et lancée avant tout le monde, Lionel Ozanne a profondément accusé le coup. 22,5% des voix, très loin du score d’Yvon Ventadoux et à bonne distance de Pierre Silva. Cet échec cuisant, au point de se retirer avant même le second tour, a surtout été frappé du sceau des attaques personnelles. « Cette campagne fut certainement la plus sale de tout le département. Avec mon équipe, on avait décidé depuis le début de se concentrer sur nous, sur notre projet à présenter aux Pujolais, sans jamais parler des autres. Ce ne fut pas le cas à mon égard. J’ai subi des attaques ad hominem d’une très grande lâcheté et l’élection s’est jouée là-dessus. Ce qui s’est passé est inadmissible et indigne. Cela ne devrait plus exister dans notre démocratie. J’appelle ça des méthodes de barbouzes », lâche-t-il avec une certaine émotion. Au cours des semaines écoulées, des affiches ont été placardées dans la commune faisant référence de manière très cavalière à une affaire passée concernant la tête de liste. Une plainte a été déposée et des investigations sont en cours pour découvrir l’identité de l’auteur malveillant. La polémique, elle, a eu le temps d’enfler. « On m’a même rapporté que cela était évoqué entre voisins dans le but de nuire délibérément à mon image », s’insurge le candidat désavoué dans les urnes, qui annonce « prendre du recul » tout en affirmant que le collectif resterait actif dans la vie de la commune.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

1 + 8 =