En choisissant l’écrin du château de Ferrassou à Saint-Sylvestre pour réunir plus de 200 professionnels, le nouvel Office de tourisme Vallée du Lot & Garonne envoie un signal quant à sa vision pour le territoire. Ce lieu encore trop méconnu fait partie de ces « pépites » qui méritent d’être mises à l’honneur sans être dissimulées dans l’ombre des plus gros sites. La crainte de voir « la puissance et le poids » du Grand Villeneuvois prendre le pas sur ses voisins Fumel-Vallée du Lot et Lot-et-Tolzac a bel et bien agité certains élus. Crainte aujourd’hui dissipée, tout comme l’idée que la fusion serait surtout là pour faire des économies. « J’ai toujours eu peur des regroupements, que ces grosses machines finissent par « bouffer » les petits comme notre modeste intercommunalité. Et puis on a vu la dynamique en train de se mettre en place. Aujourd’hui, on est confiants », révèle Jean-Claude Blay, président de Lot-et-Tolzac et VP de l’office. Le nouveau boss de la structure, Jean-Jacques Brouillet, confirme pour sa part que l’ambition est au programme, pas l’austérité. L’engagement est clair : aucune des 61 communes désormais concernées, pour un peu plus de 80 000 habitants, ne sera oubliée, même si elle n’est pas bordée directement par la rivière. « Bien sûr, le Lot est une ossature qui nous rassemble. Mais il y a bien d’autres atouts très porteurs : les Plus beaux villages de France, les vallées et coteaux, les bastides, les sites de loisirs et patrimoniaux… », énumère Jean-Jacques Brouillet. La « destination » prend forme autour d’une marque et d’une identité fortes. Elle n’attend plus que de gagner en notoriété.
Des paroles et des actes
Un discours, c’est bien. Les actes, c’est encore mieux. Après la phase de mise en place administrative et de coordination des équipes qui se composent de 15 équivalents temps plein, l’heure est aux premières réalisations concrètes. Cela commence avec des supports de communication très demandés par les professionnels. Après avoir rencontré tous les maires, un agenda commun et harmonisé de toutes les animations a été édité. Même chose avec un guide des randonnées comprenant pas moins de 93 circuits. Et enfin un flyer pour tout savoir des visites organisées. Le nouveau site internet et les pages sur les réseaux sociaux prennent chaque jour un peu plus d’épaisseur. « En plus de cela, nous mènerons 114 actions hors les murs en juillet et en août, soit sur des lieux touristiques soit lors d’évènements festifs. Des campagnes de communication exogènes seront par ailleurs menées dans les secteurs de Cahors, Bergerac, Périgueux et Agen », détaille la directrice Alicia Ho. Des projets « structurants » sont annoncés, notamment autour des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle ou de la filière viticole. La dynamique fait dire aux élus qu’ils seront « bientôt imités ». Ils sont en tout cas déjà contactés par leurs homologues de la Vallée du Lot amont, côté 46, pour mettre en place des ponts entre leurs stratégies respectives, en particulier autour de la navigabilité.
Mettre en réseau les professionnels
Ce plan d’action a été présenté lors du traditionnel rendez-vous Cap Tourisme, au château de Ferrassou le jeudi 2 juillet. Près de 200 professionnels du tourisme (hébergeurs, restaurateurs, exploitants de site, etc.) y ont participé. « C’est un moment pour expliquer mais également pour fédérer les acteurs, créer un réseau en facilitant les rencontres. On constate souvent que les gens ne connaissent pas ou pas assez leurs voisins. Ils ne peuvent donc pas en être les premiers ambassadeurs. Ils doivent pouvoir créer des connexions, même sans l’entremise de l’office de tourisme », explique le vice-président Guillaume Lepers.
Le territoire souhaite s’ancrer dans la logique du slow-tourisme, par essence éloigné du tourisme de masse que l’on peut observer en Dordogne par exemple. Cela n’empêchera pas la recherche d’investisseurs privés et la « câlinothérapie » afin de développer de nouvelles infrastructures, à l’instar d’une hôtellerie de grande capacité (pour les groupes) ou des propositions de vacances très spécialisées.
Camping de Malbentre : pourquoi ça coince //
L’un des points noirs de cette saison touristique 2026 est la fermeture du camping de Malbentre à Pujols. Le groupe ACHF Alpha Camping, exploitant de la marque « Camping Paradis » et attributaire de la délégation de service public, est en effet placé en liquidation judiciaire. Tant que la procédure n’est pas achevée, la collectivité propriétaire du site, à savoir la Communauté d’agglomération du Grand Villeneuvois, n’a légalement pas le droit de pénétrer sur les lieux et encore moins d’y mener une quelconque activité. « Pour accueillir des vacanciers cet été, c’est trop juste », déplore Guillaume Lepers. Une situation d’autant plus dommageable que ce camping en question ne souffrait d’« aucun problème de flux ou de chiffre d’affaires ». Pis, un repreneur était déjà tout trouvé et opérationnel immédiatement. Le maire de Pujols, Yvon Ventadoux, s’inquiète des répercussions négatives sur l’activité économique des commerces voisins en l’absence de touristes. Si le mal est fait, le président de la CAGV veut faire de mauvaise fortune bon cœur. « On est en train de travailler à de potentielles évolutions pour que ce camping corresponde encore un peu mieux à notre vision de la destination Vallée du Lot & Garonne », indique-t-il, sans inquiétude quant à la réouverture d’ici l’été 2027. Peu de chances en revanche de le voir revenir en régie intercommunale.
Le château de Ferrassou, une pépite à découvrir //
À Saint-Sylvestre-sur-Lot, il n’y a pas que le Stelsia. Le château de Ferrassou a lui aussi de très beaux atouts à faire valoir. Si le début de l’histoire est médiéval, sa forme actuelle a surtout été dessinée au XIXe siècle. La demeure bourgeoise peut non seulement se targuer d’un bâti magnifique (dont une partie classée aux Monuments historiques) mais aussi d’un point de vue exceptionnel sur le Lot et le dôme argenté de la basilique Notre-Dame-de-Peyragude. Son propriétaire depuis 2019, Philippe Derouin, y mène une activité d’hébergement, pour 10 à 20 personnes, avec la possibilité de privatiser complètement le château. Ferrassou est aussi un lieu de réception très apprécié, en particulier pour les mariages. Philippe Derouin est en outre très attaché à la culture, qu’il s’efforce de développer sur le site. Le parc est le théâtre d’une exposition de sculptures signées Xavier Dambrine. Mais une partie importante de la programmation se cache en sous-sol, là où le propriétaire a aménagé un auditorium sous une magnifique voûte, profitant d’une très belle acoustique, autour d’un historique piano Érard de 1842. La programmation des « Heures culturelles de Ferrassou », c’est près d’une vingtaine de spectacles tout au long de la saison.







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