« Il n’aimait pas qu’on l’appelle le poète, avec la figure que cela pouvait représenter. » En évoquant la vie de son illustre grand-père, Eugénie Bachelot-Prévert rappelle à quel point l’œuvre du grand Jacques fut vaste et diversifiée. Le monumental succès du recueil Paroles a peut-être un peu éclipsé « le reste » : aux écrits s’ajoutent le cinéma (Les Enfants du paradis, Le Roi et l’Oiseau), les chansons, le théâtre, les collages… Le tout toujours empreint d’une grande liberté. Cet artiste prolifique laisse derrière lui un héritage immense, que s’évertuent à perpétuer Eugénie Bachelot-Prévert ainsi que les enfants et petits-enfants de la « bande à Prévert ». Parmi eux, Dimitri Baquet, dont le père Maurice était un pilier du Groupe Octobre. L’actuel directeur du théâtre Georges-Leygues, qui a baigné toute sa jeunesse dans cette effervescence créative, ne pouvait donc pas se passer d’un vibrant hommage à l’occasion du cinquantenaire de la disparition de Jacques Prévert. Dimitri et Eugénie, avec l’aide de tous les principaux acteurs culturels villeneuvois, ont imaginé un programme riche et ambitieux. Une véritable « Saison de Jacques Prévert » qui passera notamment par le théâtre Georges-Leygues et le musée de Gajac, avec le soutien de nombreuses structures locales.
Des œuvres et des tranches de vie
Après le spectacle de Narcisse en ouverture du festival littéraire, d’autres artistes mettront en scène des créations de Prévert plus ou moins revisitées. Les compositions de Checler, un « Inventaire en 20 tableaux » entre théâtre, chanson et fantaisie, une pièce signée Jean-Philippe Daguerre sur Les Enfants du Paradis ou encore un show musical adapté des Frères Jacques… Le théâtre villeneuvois permettra de mesurer sous bien des formes toute la modernité de Prévert, qui résonne encore à notre époque.
Du côté du musée, le public aura droit à une exposition unique du 5 mars au 18 juin. En gardienne du patrimoine familial, Eugénie Bachelot-Prévert a travaillé sur une sélection d’œuvres très éclectique. Aux collages du plasticien qu’il était, s’ajoutent de grandes affiches de film d’époque. On y trouvera également des documents anciens tels que des pages de son agenda personnel où figurent des dessins qui transforment de simples rendez-vous en expérience artistique. Et puis les photos de la fameuse bande à Prévert. Collectées dans les archives personnelles des enfants et petits-enfants, elles ne sont pas de simples œuvres mais constituent de véritables tranches de vie, nous plongeant, le temps d’une visite, au cœur d’un groupe qui a façonné tout un pan de l’art contemporain. Villeneuve fera assurément partie des villes les plus impliquées pour « réhabiliter » Prévert dans toutes ses dimensions.







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