
©Photo Préfecture du Lot-et-Garonne
Le Lot-et-Garonne s’engage dans un durcissement de la lutte contre l’usage du téléphone au volant. Constatant une accidentalité marquée par l’ « inattention et l’usage des distracteurs technologiques », la préfecture annonce la possibilité de suspendre administrativement le permis de conduire pour les conducteurs contrôlés smartphone en main, même en l’absence d’autre infraction. Cette décision s’appuie sur une tendance nationale inquiétante. En 2024, un défaut d’attention a été relevé dans près d’un quart des accidents corporels en France, causant la mort de 419 personnes. Les contrôles routiers montrent également une hausse continue des verbalisations pour usage du téléphone au volant.
« L’incompatibilité entre l’usage du téléphone et la conduite »


Présent lors d’une opération de contrôle routier, la préfecture a assumé une ligne claire. Il rappelle que, selon la Délégation interministérielle à la sécurité routière, « un conducteur qui téléphone en conduisant, enregistre 30 % d’informations en moins et multiplie par 3 le risque d’accident ». Pour appuyer la démarche, il insiste : « L’objectif est d’inculquer dans l’esprit de chaque conducteur l’incompatibilité entre l’usage du téléphone et la conduite. » Le représentant de l’État souligne que la route demeure un espace collectif qui repose sur la vigilance de chacun.
Le calendrier préfectoral se déploie en deux temps. Depuis le 30 décembre 2025, une première phase dite pédagogique est mise en place. Les forces de l’ordre privilégient l’information et la prévention : les contrevenants reçoivent des flyers explicatifs en lieu et place d’une demande immédiate de suspension. À partir de février 2026, la mesure deviendra pleinement effective. « Les conducteurs pris en flagrant délit d’utilisation du téléphone encourront alors une suspension de permis pouvant atteindre six mois, en plus de l’amende forfaitaire de 135 euros et du retrait de trois points déjà prévus par le Code de la route ». La sanction ne sera pas automatique mais réservée aux comportements jugés les plus dangereux.
Un risque à plusieurs dimensions

L’usage du téléphone n’entraîne pas seulement un simple détournement du regard. La préfecture rappelle que cette distraction peut être visuelle, cognitive, auditive et physique, altérant le temps de réaction, la distance de sécurité et la perception globale de l’environnement routier. Le préfet souligne que « la conduite requiert une vigilance permanente. L’usage du téléphone au volant vient rompre cette attention essentielle, exposant le conducteur et les autres usagers à des risques majeurs ». Les cyclistes, motards, automobilistes et utilisateurs de trottinettes sont concernés par ces comportements.
Au-delà de la sanction, la préfecture mise sur la pédagogie. Des actions de sensibilisation seront financées dans le cadre du Plan départemental d’actions de sécurité routière. Elles viseront notamment les auto-écoles, les jeunes conducteurs et les publics les plus exposés à l’usage intensif du smartphone.





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