
Parmi les effets indésirables de la paralysie parlementaire, certains programmes d’État sont à l’arrêt. C’est le cas de MaPrimeRénov’. Pourtant, la feuille de route semblait bien tracée. « Le Conseil d’administration de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (ndlr, Anah) qui pilote MaPrimeRénov’ avait validé les conditions d’éligibilité aux aides financières et même, sur le principe, un budget à hauteur de l’an passé, soit environ 4,4 milliards d’euros », explique Jérémy Antoine, directeur territorial de Soliha.
Si le « monogeste » sera bien subventionné, la rénovation dite « globale » reste encouragée. Dans ce cadre, les règles du jeu sont claires : seuls les logements possédant une étiquette E, F ou G avant travaux peuvent monter un dossier. Les biens classés D peuvent passer leur chemin. Second point, il est obligatoire de réaliser au moins deux sauts d’étiquette à l’issue du chantier. Enfin, il faut combiner deux gestes d’isolation au minimum : menuiseries, combles ou isolation thermique par l’extérieur. À cet impératif, il est possible d’associer par exemple un changement de mode de chauffage.

Parmi les modifications attendues figure la baisse du plafond de travaux éligibles passant de 70 000 à 40 000 euros. Cette diminution sensible a pour but de pouvoir toucher un plus grand nombre de logements. Et dans cette même optique, le dispositif a été (de nouveau) élargi aux catégories « intermédiaires » et « supérieures » en plus des foyers « modestes » et « très modestes ».
Les dossiers déjà prêts seront les premiers traités
Seulement voilà, depuis le 31 décembre, tout est bloqué. « Cela signifie qu’aucun dossier nouveau ne peut être déposé jusqu’à nouvel ordre. Ceux qui ont déjà été déposés mais pas encore instruits sont quant à eux gelés », indique Jérémy Antoine.
Pour autant, l’ensemble des acteurs de la filière ne sont pas mis au chômage technique. « Les conseillers France Rénov’ et les opérateurs comme nous continuent de travailler activement. La suspension de MaPrimeRénov’ ne doit pas arrêter les projets de rénovation. Au contraire ! C’est le bon moment pour se pencher dessus. Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, l’amélioration des performances énergétiques est une nécessité et l’un des seuls moyens de limiter l’impact de l’inflation sur l’électricité ou le gaz. D’autre part, quand l’État va relancer la machine, les dossiers déjà prêts seront les premiers à être traités. Pour peu que l’enveloppe soit réduite dès la reprise ou dans un avenir proche, mieux vaut ne pas attendre trop longtemps », estime le directeur territorial de Soliha.
Soliha, qu’est-ce que c’est ?
Le rôle de cette association est d’orienter les particuliers dans leur projet de rénovation de leur logement grâce à du conseil et un accompagnement d’experts. « Nous réalisons des audits réglementaires, qui sont bien plus approfondis qu’un DPE. Cela nous permet de déterminer avec exactitude l’étiquette énergétique de la maison ou de l’appartement puis de faire des recommandations en termes de travaux. En fonction du niveau des aides du moment et des revenus du foyer, nous établissons des priorités. Et bien sûr, nous participons au montage des dossiers administratifs », précise Jérémy Antoine. Soliha étant indépendante de toute entreprise du bâtiment, son conseil reste parfaitement neutre et laisse le choix aux propriétaires de choisir leurs artisans.
La première étape indispensable : le guichet France Rénov’
« La meilleure des solutions, c’est de passer en priorité par le guichet d’information France Rénov’, placé sous l’égide des intercommunalités. Les professionnels effectuent un premier tri à partir des informations de base sur le logement et du projet des potentiels bénéficiaires d’aides. Ces derniers sont ensuite redirigés vers des structures habilitées à conseiller comme Soliha. En suivant ce parcours, l’ingénierie, c’est-à-dire l’audit réglementaire, peut être entièrement prise en charge par la collectivité. De même, l’intercommunalité peut accorder dans certains cas des subventions complémentaires à celles de l’Anah », détaille Jérémy Antoine.





Laisser un commentaire