Fabien Haas, nouveau directeur exécutif du SUA LG : « Les braises sont là ! »

Supporter fidèle du SUA et ancien dirigeant de Fonroche et de TotalEnergies Biogaz, Fabien Haas occupe désormais le poste de directeur exécutif du club. Une expérience bienvenue pour poser les grands axes du projet qu’il souhaite porter à Armandie, un club plus structuré, plus ouvert et plus fédérateur.

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Quidam l’Actu. : Vous avez eu de nombreuses casquettes professionnelles. Pour commencer simplement, pouvez-vous retracer votre parcours jusqu’à ce bureau de directeur exécutif, ici à Armandie ?

Fabien Haas. : J’ai quarante-deux ans et je viens de la région Centre, plus précisément du Loir-et-Cher. J’ai quitté ma région natale à dix-huit ans pour poursuivre mes études, d’abord en Touraine, à Tours, puis dans le Sud-Ouest. Je suis arrivé à Toulouse il y a plus de vingt ans pour terminer un cursus universitaire en aménagement du territoire, en lien avec le Centre national d’études spatiales. À l’issue de mes études, j’ai effectué un stage de fin d’études au sein des services de l’État, à la Direction départementale de l’Équipement et de l’Agriculture, avant une première expérience professionnelle dans un bureau d’études à Toulouse.

C’est ensuite que débute mon aventure chez Fonroche en 2008, avec le lancement du projet Fonroche à l’Agropole d’Agen. Très rapidement, l’entreprise se développe sur son site actuel, avec la construction de la première ligne de production. Le solaire se développe fortement, puis, à partir de 2010, Fonroche s’internationalise avec la création de nouvelles filiales, dont Fonroche Lighting et Fonroche Biogaz. À ce moment-là, je prends en charge le développement de Fonroche Biogaz. En 2011, Laurent Lubrano arrive comme directeur général et je deviens son directeur général adjoint pendant près de dix ans. En 2016, la branche solaire est cédée et devient Reden Solar.

En 2020, TotalEnergies souhaite se diversifier davantage dans les énergies renouvelables et rachète Fonroche Biogaz, alors leader français du biogaz. J’avais deux options : rester dans l’aventure Fonroche Lighting ou découvrir le fonctionnement d’un grand groupe. On m’a proposé de prendre la direction générale de TotalEnergies Biogaz France, poste que j’ai occupé pendant quatre ans et demi. Et à l’été dernier, après quinze années dans le biogaz, j’ai eu envie de changement. J’ai rejoint le groupe Mericq comme directeur du développement et de la transformation, tout en participant à d’autres projets, notamment dans le sport et l’événementiel. Et puis, le Sporting est revenu naturellement dans ma réflexion.

Q.A. : Justement, qu’est-ce qui vous a décidé à franchir le pas et à accepter ce poste de directeur exécutif du SUA LG ?

F.H. : Le Sporting me tient à cœur depuis que je suis arrivé à Agen. Je crois sincèrement n’avoir manqué aucun match à Armandie depuis mon arrivée ici. Ce club est important, bien au-delà du sportif, pour tout ce qu’il représente sur le territoire. Quand les échanges ont commencé avec les dirigeants, le projet m’a immédiatement parlé : structuration, organisation, développement économique, lien avec le territoire… C’est un défi passionnant.

Q.A. : En arrivant ici, quel sentiment domine : la fierté, la responsabilité, l’urgence ?

F.H. : Un peu tout à la fois. La responsabilité est très forte, car le Sporting est essentiel pour l’Agenais et pour le Lot-et-Garonne dans son ensemble. Il y a aussi une vraie responsabilité territoriale. Mais il y a également beaucoup d’enthousiasme, car le club dispose d’infrastructures exceptionnelles et d’un potentiel énorme, notamment sur le plan événementiel, séminaires, activités extra-sportives.

Q.A. : Comment avez-vous vécu vos premières semaines à ce poste ?

F.H. : Elles ont été intenses et passionnantes. J’ai rencontré les bénévoles, les supporters, les associations, les collaborateurs, les équipes administratives et sportives, les partenaires. J’accorde une importance particulière à l’écoute. Beaucoup de bonnes idées viennent du terrain, et je veux m’en nourrir pour bâtir un plan d’actions cohérent.

Q.A. : Comment définiriez-vous précisément votre rôle de directeur exécutif, notamment par rapport au sportif ?

F.H. : Le sportif est piloté par Mauricio Reggiardo, qui est bien plus compétent que moi sur ce sujet (rires). Mon rôle est avant tout opérationnel, administratif et stratégique. Nous sommes complémentaires.
Je suis là pour structurer, coordonner, développer, mais je n’interviens pas sur les choix sportifs.

Q.A. : Cette nouvelle organisation doit-elle permettre au club de se stabiliser après plusieurs mois sans direction exécutive ?

F.H. : Oui, clairement. Mon rôle est d’apporter une expérience en structuration d’organisations, en développement de partenariats et de projets. Il est essentiel que les équipes administratives et opérationnelles aient un relais au quotidien. Mon expérience professionnelle est un atout sur ces domaines. Il y a aussi un enjeu majeur de transversalité, notamment avec l’association, pour que le projet global du Sporting soit mené de manière coordonnée.

Q.A. : Votre passé de vice-président de l’association SUA a-t-il pesé dans votre nomination ?

F.H. : Je pense que oui. Même lorsque j’étais vice-président de l’association, j’ai toujours travaillé en lien étroit avec la structure professionnelle. Aujourd’hui, je ne suis plus vice-président, mais je reste bénévole et profondément attaché au rôle fondamental de l’association.
Un exemple très parlant est celui du goûter de Noël de l’école de rugby, organisé mi-décembre. Deux cent cinquante enfants ont visité le stade, rencontré les joueurs professionnels, partagé un moment avec les éducateurs, les parents et l’association des anciens. Cette action a créé une vraie osmose. Pendant des semaines, les enfants portaient fièrement le maillot du SUA à l’école. C’est exactement ce type de lien que je souhaite renforcer.

Q.A. : Dans un rugby de plus en plus concurrentiel, l’identité et la formation peuvent-elles encore être un moteur pour le SUA ?

F.H. : J’y crois énormément. Faire jouer des jeunes issus de notre école de rugby et de notre centre de formation en équipe professionnelle est fondamental. Cela montre aux jeunes qu’un avenir est possible ici. Il ne faut jamais oublier d’où l’on vient. L’histoire du Sporting est essentielle. Nous avons une responsabilité vis-à-vis du futur, mais aussi vis-à-vis de notre passé.

Q.A. : Le contexte économique est tendu. Avec un budget appelé à diminuer et se situer entre 11 M€ et 11,5 M€, quelles sont vos priorités pour assurer la stabilité financière du club ?

F.H. : La priorité numéro un, c’est de retrouver l’engouement à Armandie. Un stade plein est le premier indicateur positif. Ensuite, il y a tout le développement extra-sportif : événements, séminaires, utilisation du stade au-delà du rugby. De manière générale, Armandie doit devenir un lieu de vie au-delà des jours de match. C’est clairement l’ambition. Des projets sont déjà en cours, comme l’Ekiden ou l’Armandie Hybrid Challenge. À terme, on aimerait aussi accueillir des événements culturels et festifs.
De ce fait, la question de la pelouse est un enjeu majeur. Une pelouse synthétique ouvrirait énormément de possibilités pour le développement du stade. Bien sûr, la recherche de partenaires est essentielle, en lien avec l’équipe commerciale. Il faut aussi réfléchir à de nouveaux modèles économiques.

Q.A. : Justement, comment améliorer l’expérience des supporters à Armandie ?

F.H. : L’attente principale, c’est la convivialité. Le match est important, mais l’avant-match et l’après-match le sont tout autant. Il faut que venir à Armandie soit un moment à vivre, pas seulement un match à regarder. On a des idées pour améliorer l’offre générale. Quand je vois comment le stade se remplit à guichets fermés parfois, comme lors de la réception de Mont-de-Marsan en clôture de la saison passée, je me dis que les braises sont là ! Il n’y a plus qu’à souffler dessus pour que la flamme prenne.

Q.A. : Au-delà du classement sportif, quels indicateurs permettront de mesurer la progression du club ?

F.H. : Les résultats sportifs comptent, évidemment. Mais le projet doit aller au-delà. Le sentiment d’appartenance, la convivialité, le lien avec les supporters sont des indicateurs tout aussi importants.
Beaucoup de clubs remplissent leur stade sans être au plus haut niveau sportif. Il faut que le SUA soit plus qu’un résultat du week-end.

Q.A. : Pour conclure, avez-vous un message à adresser aux supporters ?

F.H. : Je souhaite avant tout instaurer une vraie proximité et un dialogue régulier. Les joueurs ont besoin du public, dans les moments forts comme dans les périodes plus difficiles. Le public doit être avec l’équipe en toutes circonstances. C’est une force essentielle du Sporting.

La bio //

Âge : 42 ans, originaire de Blois (Loir-et-Cher)

Etudes :

2001–2005 : Université François-Rabelais – Tours
2005–2007 : Université Paul Sabatier – Toulouse

Parcours professionnel :

2007 : Chef de projets chez Ecotone – Recherche et Environnement (Toulouse)

2008 : Rejoint Fonroche (projet Fonroche à l’Agropole d’Agen)
2011–2021 : Directeur général adjoint chez Fonroche Biogaz
2021 : Rachat de Fonroche Biogaz par TotalEnergies, intégration à TotalEnergies Biogaz France
2021–2025 : Directeur général de TotalEnergies Biogaz France
2025 : Directeur du développement et de la transformation au sein du groupe Mericq
2026 : Nommé directeur exécutif du SUA LG

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