Lumières françaises : l’ambitieuse exposition loin de son objectif à Agen

Malgré un contenu riche et un label d’intérêt national, l’exposition « Lumières françaises : de la cour de Versailles à Agen » peine à séduire le public attendu. La fréquentation s’annonce en deçà des prévisions.

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Deux mois après son ouverture à l’église des Jacobins, l’exposition, réunissant près de 270 œuvres issues du Louvre, de la Bibliothèque nationale de France, des Archives nationales et de collections privées, devrait, selon les prévisions attirer environ 10 000 visiteurs d’ici la fin de ses trois mois en place. L’adjointe à la culture, Marie-Claude Iachemet, a présenté ce bilan lors du dernier conseil municipal : « Nous avons comptabilisé près de 4 850 entrées simples, un peu plus de 1 000 visites guidées et 1 650 scolaires. On reste loin de nos objectifs initiaux. » L’objectif fixé à 30 000 visiteurs, calqué sur le succès de l’exposition Goya de 2019-2020, ne sera très probablement pas atteint. Selon l’élue, plusieurs facteurs peuvent l’expliquer : « Une exposition d’histoire et d’art, sans le nom d’un artiste mondialement connu, attire naturellement moins de public. De plus, la localisation et le titre n’ont peut-être pas incité des visiteurs éloignés à se déplacer. »

Des coûts et tarifs qui influencent la fréquentation

Le budget de l’événement, initialement prévu à 727 000 €, a finalement atteint 905 500 €, laissant un reste à charge de 281 000 € pour la Ville. Les tarifs d’entrée, fixés à 12 € plein tarif et 6 € pour les réductions, ont été jugés « raisonnables » par le maire Jean Dionis, mais pourraient avoir freiné certains visiteurs dans un contexte économique délicat. « Nous avons adapté les prix le week-end pour tenter d’attirer davantage de public », précise Marie-Claude Iachemet. Par ailleurs, l’élue a mentionné des facteurs externes comme la concurrence des musées des Augustins à Toulouse et de Bonnat à Bayonne, ainsi que des changements dans les pratiques culturelles post-Covid, qui ont pu influencer la fréquentation. Rappelons que la Ville avait estimé à plus de 300 000€ les fonds récoltés par la billetterie à l’issue de l’exposition. La réalité sera donc certainement tout autre.

Un bilan à nuancer

Malgré ces chiffres, le maire reste optimiste sur la portée de l’exposition : « Même si nous n’atteignons pas 30 000 visiteurs, dépasser les 10 000 reste une performance considérable pour un événement de cette envergure », souligne Jean Dionis. Il rappelle que la totalité des scolaires de l’Agglomération a pu découvrir l’exposition, ce qui constitue un succès éducatif et culturel important pour la ville. L’exposition se poursuivra jusqu’au 8 mars, et la Ville espère que les dernières semaines permettront de limiter l’écart avec les objectifs initiaux, grâce à des animations et des visites guidées renforcées.

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