
Avec un débit qui pourrait s’apparenter à celui de la Garonne en ce mois de février, Geoffroy Gary pourrait parler des heures sans interruption ni relance de son engagement dans ces municipales 2026. À moins d’un mois du passage dans les urnes, il passe encore à la vitesse supérieure. « À Villeneuve-sur-Lot, les élections sont d’abord politiques même si elles ne se résument pas qu’à cela. Celui qui dit le contraire est soit un menteur soit un incompétent, ou bien les deux ! » Le ton est donné. Sa liste, dont la hiérarchie est déjà donnée, a d’ailleurs été bâtie en suivant cette philosophie. Avec le soutien d’Hélène Laporte, Sébastien Delbosq et même de la commission nationale des investitures du Rassemblement national, « Union pour Villeneuve » s’articule clairement autour de l’auto-proclamé « premier parti de France ». Le groupe compte 11 adhérents RN mais respecte également les accords nationaux avec d’autres formations amies comme l’UDR (7 représentants) ou encore le nouveau RPR (1 membre). Les 16 autres personnes sont présentées comme « sans étiquettes » même si 6 d’entre elles ont tout de même leur carte dans d’autres partis. « Comme il n’y a pas d’accord officiel, on ne communique pas dessus. Mais le RN nous laisse carte blanche pour créer une union des droites patriotes et souverainistes », indique Geoffroy Gary. Si une présence de Debout la France est certaine et de Reconquête probable, il n’est pas impossible qu’un ou plusieurs LR se glissent dans la liste. Après tout, il y a bien trois transfuges de l’équipe 2020 d’Alain Soubiran, pourtant pas vraiment du même bord. « On peut se diviser sur les idées à partir du moment où l’on se rassemble sur les valeurs », avance le leader, soucieux de « dépasser les clivages ».
Une fausse droite socialiste et l’URSS
Il estime faire face, « comme depuis 1981, à une politique de gauche à tous les échelons, à cause d’une vraie gauche ou d’une fausse droite ». Il enfonce le clou : « Nous, on est de la vraie droite parce qu’on ne baisse pas les yeux. Au contraire de M. Lepers qui rectifie et adapte ses idées à la moindre injonction socialiste et écolo », dit-il, faisant notamment référence à l’éviction de Freddy Gueudin de la majorité lorsque celui-ci a rejoint l’UDR. Bien qu’il félicite Thomas Bouyssonnie pour avoir réussi l’union de la gauche, il n’en demeure pas moins très critique. « Après les avoir combattus, il n’a pas oublié de s’associer avec des anciens de Cassany et des personnalités LFI, certes peu nombreuses, mais extrêmement influentes. C’est une gauche radicale qui est très dangereuse, violente et néfaste. Thomas Bouyssonnie (ndlr, président d’Habitalys) ne rêve que d’une chose, transformer tout Villeneuve en appartements sociaux et remettre lui-même les clés. Ça a déjà existé et ça s’appelle l’URSS. »

À l’assaut de la politique d’animation Lepers
Mais sa cible prioritaire reste le député-(ex-)maire-candidat dont il dresse un bilan « amer » après six ans de mandats. « Je vois une ville où les gens vivent de moins en moins bien. Un quart de la population n’a pas de médecin ou de mutuelle et sont parfois contraints de ne pas se soigner. Le quartier du centre-ville s’est paupérisé, avec la moitié des habitants qui vivent presque à 100% de prestations sociales. La politique d’animations et communication devait nous amener des touristes des quatre coins du monde. Mais les fermetures de commerces s’enchaînent et les autres voient leur chiffre d’affaires baisser jusqu’à 25%. Les travaux sont mal organisés, avec des blocages terribles et des avenants qui coûtent des sommes folles. Un bon indicateur, c’est la baisse du nombre d’enfants dans les écoles et la fuite des CSP+. Les études démographiques à 2030-2050 sont négatives. On pourrait passer sous la barre des 20 000 habitants », énumère Geoffroy Gary.
Une baisse des impôts promise
La tête de liste esquisse ses solutions sans pour autant révéler la centaine de mesures qui composeront son programme complet dans les semaines à venir. « On a déjà livré quelques idées fortes, dont certaines ont été reprises. On nous a pris la brigade canine, le plan trottoir et le PPI. On peut être contents en un sens, cela montre que ce sont de bonnes idées. On va tout de même en garder quelques-unes que l’on ne retrouvera chez aucun autre candidat », affirme Geoffroy Gary. Il préconise la création d’un SCoT (schéma de cohérence territoriale en matière d’urbanisme) et la mise en sécurité de plusieurs « endroits stratégiques » : les berges du Lot, le parc des expos, le pont du Rooy, la route de Lalande, la grande verrière de la mairie… Côté sécurité/propreté, l’un des axes forts de sa campagne, la priorité sera de créer « une sorte de brigade anti-criminalité intercommunale avec Bias et Pujols, véloce et efficace pour empêcher les délits et leur dégradation en crime ». En plus d’une équipe cynophile en vue « d’emmerder les dealers », la police municipale et les ASVP seront « musclés » avec de l’équipement supplémentaire. Le centre de surveillance urbain (CSU) aura également du renfort avec des personnes à mobilité réduite. Enfin, Union pour Villeneuve veut créer sa brigade d’intervention rapide pour les déchets, dont la collecte et la taxation feront l’objet d’une « remise à plat » complète. Faire de l’école un « sanctuaire » avec une « tolérance zéro » vis-à-vis des violences, deux heures de gratuité sur le stationnement, création d’un label « fait à Villeneuve-sur-Lot » pour valoriser les productions et fabrications locales, un week-end de la laïcité et un autre sur le handicap, une bourse universitaire pour les étudiants en médecine « déjà réclamée en 2013 »… Le candidat RN ne manque pas d’idées. Mais l’une des promesses les plus emblématiques sera sûrement la baisse de la pression fiscale. « On n’a pas encore tous les tenants et les aboutissants pour cette année 2026 mais notre politique sera basée sur cette diminution de la fiscalité qui atteint, je le rappelle, 65,82% de taux communal », s’engage Geoffroy Gary.
Liste « Union pour Villeneuve »
01- Geoffroy Gary, 48 ans, Professeur de Sciences
02- Josiane Descrosses, 77 ans, Retraitée de la fonction publique
03- Nicolas Lacour, 49 ans, Militaire de carrière retraité
04- Nathalie Decottignies, 55 ans, Naturopathe
05- Freddy Gueudin, 55 ans, Chargé d’affaires
06- Marguerite Frison-Roche, 29 ans, Consultante
07- Jean-Francois Palluau, 62 ans, Officier de police retraité
08- Christelle Iglésias, 45 ans, Agent administratif hospitalier
09- Bernard Piot, 78 ans, Responsable RH Retraité
10- Sandrine Monnier, 56 ans, Chargée de communication
11- Christophe Mougené, 47 ans, Naturopathe
12- Alexandra Andrieu, 52 ans, Chef d’entreprise
13- Patrick Maurial, 62 ans, Exploitant agricole retraité
14- Sylvie Gueudin, 59 ans, Assistante maternelle
15- Jean-Philippe Alcouffe, 62 ans, Musicien intermittent du spectacle
16- Christel Fabregues, 54 ans, Responsable d’une agence d’insertion
17- Henri Rivera, 58 ans, Responsable dans la sécurité privé
18- Brigitte Garigues, 62 ans, Auxiliaire de vie à domicile
19- Fréderic Crestani, 52 ans, Ouvrier qualifié en logistique
20- Christelle Fabre, 49 ans, Employée de commerce
21- Stéphane Devichi, 62 ans, Responsable technique et sécurité
22- Corine Vincent, 55 ans, Secrétaire polyvalente
23- Rémi Benays, 47 ans, Militaire en invalidité
24- Bernadette Bourset, 70 ans, Commerciale retraitée
25- Frantz Soldan, 29 ans, Moniteur éducateur
26- Marie-Claude Dupont, 65 ans, Agent hospitalier retraitée
27- Olivier Boyer, 57 ans, Attaché commercial
28- Laetitia Laporte, 48 ans, Intérimaire dans l’agroalimentaire
29- Jean-Claude Ducamp, 72 ans, Chef d’entreprise retraité
30- Chantal Fernandez, 71 ans, Commerçante retraitée
31- Francis Prad, 79 ans, Conseiller bancaire retraité
32- Pierrette Goudal, 70 ans, Ouvrière retraitée
33- Daniel Cadiot, 77 ans, Ouvrier qualifié retraité
34- Isabelle Laporte, 66 ans, Commerçante retraitée
35- Gérard Aupitre, 79 ans, Cadre retraité





Laisser un commentaire