
Trois semaines après le passage des tempêtes Nils et Pedro, qui ont provoqué crues et inondations sur une large partie du territoire, le Conseil départemental de Lot-et-Garonne a annoncé ce vendredi 6 mars un plan d’urgence de plus de 5 millions d’euros. De quoi réparer les infrastructures endommagées, soutenir les habitants les plus fragiles et accompagner les communes ainsi que le monde agricole. Réunie en session spéciale, l’assemblée départementale a été convoquée en urgence par sa présidente, Sophie Borderie. « Ces images d’habitants désemparés, d’exploitations noyées sous les eaux ou de routes coupées nous obligent à agir, et à agir vite », a-t-elle déclaré en ouverture de séance.
Au plus fort de l’épisode météorologique, près de 70 000 Lot-et-Garonnais ont été privés d’électricité ou de téléphone, plus de 4 000 d’eau potable et plus de 230 routes ont été inondées ou fermées à la circulation. Au total, 63 communes ont déjà été reconnues en état de catastrophe naturelle. « Trois semaines ont passé mais les images sont encore dans toutes les mémoires », souligne la présidente du Département, évoquant « des serres effondrées, des exploitations noyées sous les eaux et des agriculteurs debout dans la boue en train de faire le bilan des dégâts ».
Des routes et infrastructures fortement touchées

La priorité immédiate concerne la remise en état du réseau routier départemental. Lors des deux pics de crue, les 13 et 18 février, 75 routes départementales ont été coupées. À Agen, seuls trois ponts sur les treize permettant de franchir la Garonne sont restés ouverts. Au total, 170 agents départementaux ont été mobilisés pour près de 450 interventions, notamment pour dégager des chutes d’arbres ou sécuriser des axes submergés. Pour engager les premières réparations, le Département annonce la mobilisation immédiate de 3,4 millions d’euros. Des expertises techniques sont actuellement en cours pour vérifier la stabilité des ouvrages et la portance des chaussées. Les bâtiments départementaux ont également été touchés, notamment sept collèges qui ont subi des dégâts extérieurs. Leur remise en état représente environ 75 000 euros.
Pendant la crise, les centres médico-sociaux sont restés ouverts et les Ehpad ont continué de fonctionner. Mais les intempéries ont fortement perturbé les services d’aide à domicile, empêchant près de 2 400 heures d’intervention. Pour éviter que les structures et les bénéficiaires ne soient pénalisés, le Département a « décidé de prendre en charge ces heures non réalisées et de financer la part normalement payée par les usagers. » Une mesure exceptionnelle estimée à 240 000 euros. « Fidèle à sa vocation de solidarité, le Département doit protéger les plus fragiles », affirme Sophie Borderie, qui insiste sur le rôle de la collectivité « au plus près des habitants ».
Communes et agriculture également aidées
Au-delà des réparations immédiates, la collectivité souhaite accompagner les territoires sinistrés. Une enveloppe de 250 000 euros sera consacrée à l’assistance technique des communes via Lot-et-Garonne Ingénierie, afin d’évaluer les dégâts et d’aider au montage des dossiers de travaux. Le dispositif FACIL, qui finance les projets d’investissement des petites communes, est également réactivé de manière exceptionnelle. Deux échéances sont repoussées pour permettre aux collectivités d’engager des travaux urgents de remise en état, avec une enveloppe de 600 000 euros. Le secteur agricole, particulièrement touché par les inondations, bénéficiera lui aussi d’un plan d’urgence. Près de 10 000 hectares de terres ont été submergés et environ 600 exploitations se trouvent en grande difficulté. Une aide d’urgence pouvant atteindre 5 000 euros par exploitation sera mise en place, pour un total de 500 000 euros, complétée par un abondement de 50 000 euros au fonds de soutien aux exploitations en difficulté.
Face à l’ampleur des dégâts, la présidente du Département a également écrit au Premier ministre Sébastien Lecornu pour demander un soutien renforcé de l’État. « À l’heure de la décrue, habitants, entreprises, agriculteurs et collectivités locales font face à une situation d’une exceptionnelle gravité », souligne-t-elle dans ce courrier. Sophie Borderie estime que les conséquences de ces intempéries pourraient durer dans le temps. « Il n’est malheureusement pas exagéré de dire que la crise peut désormais s’inscrire dans la durée, sur plusieurs mois, voire plusieurs années », écrit-elle. Au total, l’ensemble des mesures annoncées représente un effort de plus de 5 millions d’euros pour la collectivité. « C’est le prix de la solidarité que nous devons à nos territoires et à nos concitoyens », conclut la présidente du Département.
Les 63 communes concernées par l’état de catastrophe naturelle //
Agen, Aiguillon, Bazens, Bias, Boé, Bourran, Bruch, Buzet-sur-Baïse, Calonges, Casseneuil, Castelmoron-sur-Lot, Caudecoste, Caumont-sur-Garonne, Clairac, Clermont-Dessous, Colayrac-Saint-Cirq, Couthures-sur-Garonne, Damazan, Fauguerolles, Fauillet, Feugarolles, Fourques-sur-Garonne, Gaujac, Jusix, Lafox, Lagruère, Lavardac, Layrac, Longueville, Marcellus, Marmande, Le Mas-d’Agenais, Meilhan-sur-Garonne, Mézin, Monheurt, Montayral, Montesquieu, Montpouillan, Nérac, Le Passage, Pinel-Hauterive, Port-Sainte-Marie, Puch-d’Agenais, Saint-Georges, Saint-Hilaire-de-Lusignan, Saint-Laurent, Saint-Léger, Saint-Nicolas-de-la-Balerme, Saint-Pardoux-du-Breuil, Saint-Romain-le-Noble, Saint-Vite, Sainte-Bazeille, Sainte-Colombe-en-Bruilhois, Sénestis, Sérignac-sur-Garonne, Taillebourg, Thouars-sur-Garonne, Tonneins, Trémons, Trentels, Vianne, Villeton et Villeneuve-sur-Lot.





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