Transports : l’ancienne ligne ferroviaire Agen-Auch futur terrain d’innovation ?

Entre entretien de la ligne Agen–Auch, réflexion sur les trains innovants et décisions autour du chantier de la LGV, les élus de l’Agglomération d’Agen ont débattu de l’avenir ferroviaire du territoire.

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Lors du dernier conseil d’agglomération du mandat à Agen, un dossier ferroviaire s’est invité dans les débats. Au-delà des tensions liées à la LGV Bordeaux–Toulouse, les élus ont adopté une délibération consacrée à une infrastructure plus ancienne mais toujours porteuse d’espoirs, la ligne Agen–Auch.

Ouverte au XIXᵉ siècle pour relier les bassins agricoles du Gers au réseau national, elle a longtemps permis le transport de voyageurs et de marchandises. Au fil des décennies, la fréquentation a toutefois diminué. Les dessertes voyageurs ont progressivement disparu et la ligne n’a plus servi qu’au fret avant d’être mise à l’arrêt. Aujourd’hui, une partie des voies reste en place mais l’infrastructure nécessite des travaux importants pour envisager une remise en circulation régulière. Pour certains élus, préserver cette ligne relève aussi d’un enjeu territorial. « C’est une pièce de l’étoile ferroviaire agenaise », soulignait Henri Tandonnet, vice-président de l’Agglomération. Pour éviter que l’infrastructure ne se dégrade irrémédiablement, l’Agglomération d’Agen a décidé d’allouer 150 000 euros destinés à l’entretien de la portion située sur son territoire. Une mesure présentée comme préventive. « Si l’on laisse la ligne se détériorer, la remettre en état coûtera beaucoup plus cher demain », a résumé le président de l’agglomération, Jean Dionis. « L’objectif est de garder toutes les options ouvertes pour l’avenir. »

Les trains du futur

Au-delà de l’entretien de la voie, une perspective plus ambitieuse circule depuis plusieurs mois : faire de la ligne Agen–Auch un terrain d’expérimentation pour des trains innovants. L’hypothèse actuelle étudiée avec l’État et SNCF Réseau consisterait à tester des matériels plus légers et moins coûteux que les trains classiques, capables de circuler sur des lignes rurales. Ces véhicules pourraient fonctionner grâce à des batteries électriques ou à des solutions hybrides. Une manière de redonner vie à certaines lignes locales sans les investissements lourds d’une modernisation complète. « Les territoires ruraux doivent rester des lieux d’innovation. Si de nouvelles technologies permettent de rouvrir des lignes abandonnées, cela mérite d’être exploré. » L’idée serait de préparer progressivement une éventuelle remise en service, notamment pour des déplacements domicile-travail. « Les petites lignes peuvent jouer un rôle de rabattement vers les grands réseaux », expliquait un technicien impliqué dans les études. « À condition de les maintenir en état et d’imaginer des solutions adaptées à leur fréquentation. » La remise en état complète reste toutefois un projet de long terme. Les collectivités, l’État et la SNCF devraient d’abord s’accorder sur un modèle économique et technique viable. En attendant, la décision prise au dernier conseil vise surtout à préserver l’infrastructure et à maintenir la possibilité d’une renaissance.

Une base de chantier LGV et un loyer pour SNCF Réseau //

Les élus de l’Agglomération d’Agen ont également acté la mise à disposition d’un terrain destiné à accueillir une base de travaux de la future ligne à grande vitesse Bordeaux–Toulouse. Le site, situé sur environ 60 hectares au sein de la Technopole Agen Garonne, à Sainte-Colombe-en-Bruilhois, servira de zone logistique pendant le chantier, prévu entre 2028 et 2032. Deux phases sont programmées. Une première période sera consacrée aux études et aux fouilles archéologiques. SNCF Réseau versera alors une redevance annuelle de 100 000 euros à la collectivité. Lors du lancement des travaux proprement dits, ce loyer sera porté à 200 000 euros par an.

Des délibérations examinées dans un contexte particulier. En début de séance, une vingtaine de militants opposés à la LGV ont fait irruption dans la salle pour tenter d’interpeller les élus. Ils ont notamment défendu l’idée que les investissements publics devraient prioritairement être dirigés vers l’entretien et la modernisation des lignes ferroviaires existantes. Le président de l’Agglomération, Jean Dionis, a rappelé que la prise de parole n’était pas autorisée dans le cadre de cette assemblée délibérante. Après cet échange, la réunion a repris son déroulement normal et les délibérations ont finalement été adoptées.

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