Santé : à Villeneuve-sur-Lot, le don d’organes s’impose comme une priorité

Au PSVL, le geste vital du don d’organes et de tissus prend tout son sens grâce à l’engagement des équipes hospitalières, soutenues par France Adot et la municipalité.

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« Les familles de donneurs, dans l’anonymat, transforment des drames en espoirs », souligne Michelle Remazeilles, présidente de France Adot 47, le principal réseau associatif impliqué dans cette cause. Cette phrase résonne au quotidien du côté du Pôle de santé de la Vallée du Lot, où le personnel hospitalier fait vivre concrètement ce message. Depuis 2010, l’établissement est habilité à prélever des tissus sur personnes décédées, d’abord les cornées, puis les cœurs pour en récupérer les valves cardiaques depuis 2023. La majorité de ces gestes délicats sont exécutés par quatre infirmières coordinatrices, parmi lesquelles Jessica Tronco et Nicole Zavan.

23 cornées et deux cœurs en 2025 au PSVL

Sur la seule année 2025, cette activité au sein de l’établissement hospitalier cumule 23 paires de cornées et deux cœurs. Des statistiques en baisse du côté des yeux. Le Dr Christine Bartou, cheffe de pôle des Urgences, insiste sur la complexité de la démarche : « La question se pose toujours au pire moment de la vie, parfois de façon brutale. Si le défunt ne s’est pas exprimé, les familles ont tendance à refuser. Les études montrent que 80% des Français sont favorables au don. Sur le papier. Car en pratique, on observe près de 40% de refus. C’est pourquoi la sensibilisation est essentielle. » Les infirmières de confirmer : « Avoir clairement formulé sa volonté enlève un poids considérable sur les épaules des proches endeuillés. »

Plusieurs notions essentielles doivent être rappelées. Tout d’abord, en France, un organe est prélevé seulement s’il y a un receveur au bout. D’autre part, le don est gratuit, anonyme, et possible à tout âge. Il ne se monnaye jamais. Le consentement est présumé, mais la consultation de la famille est systématique. Pour manifester clairement son refus de son vivant, plusieurs possibilités existent : une inscription sur un registre national de refus, un écrit ou une déclaration orale sans ambiguïté à ses proches. Également à savoir, le prélèvement de cornée n’impacte pas les yeux du défunt et donc ses traits au moment des funérailles.

Ville ambassadrice

Pour accompagner cette belle cause et l’engagement des forces hospitalières locales, la commune de Villeneuve-sur-Lot a signé la charte « Ville ambassadrice du don d’organes ». Avec un premier adjoint aide-soignant aux urgences en la personne de Xavier Clerc et un conseiller municipal délégué passé par le service de prélèvement en tant qu’infirmier, en l’occurrence David Goncalves, la municipalité ne pouvait pas passer à côté. « C’est un acte de solidarité qui peut sauver des vies. Plus les gens sont informés, plus le système de dons fonctionne dans le respect », note ce dernier. Parmi les actions prévues : l’installation de panneaux sur les entrées de ville, la mise en place de campagnes d’information et de sensibilisation auprès des jeunes et des seniors, en établissement scolaire et à la MVA, en collaboration avec des professionnels de santé. Et enfin, la plantation symbolique d’un arbre de vie accompagné d’une plaque en hommage aux donneurs et à leur famille.

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