Premier conseil municipal de Laurent Bruneau à la mairie d’Agen : « Nous devons agir vite pour le bien de tous »

Élu maire d’Agen, Laurent Bruneau incarne l’alternance après dix-huit ans de mandat de Jean Dionis. Porté par une union de la gauche, il promet une gouvernance apaisée et tournée vers le concret.

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L’instant avait des allures de bascule. Samedi matin, Laurent Bruneau a officiellement été élu maire d’Agen, recueillant 27 voix, face à trois bulletins nuls et neuf abstentions. Debout, longuement applaudie, la salle a salué celui qui, quelques jours plus tôt, remportait la ville au terme d’une triangulaire serrée. Costume sombre, silhouette contenue, l’avocat de 48 ans mesure le passage de témoin qu’il a réalisé, après dix-huit années de règne de Jean Dionis du Séjour. Une transition pourtant incomplète. L’ancien maire, qui a annoncé son retrait de la vie politique, brillait par son absence. « Une passation en bonne et due forme aurait pu symboliser une politique apaisée », glissait Laurent Bruneau, sans insister, mais avec gravité.

Une opposition qui appelle à la vigilance

Avant même l’élection du maire, les nouvelles oppositions ont posé leurs jalons, esquissant les contours du mandat à venir. Pour la première fois dans les rangs reculés du conseil et non proche du maire, Clémence Brandolin-Robert, qui incarne désormais à la tête du groupe issu de la majorité sortante, rend d’abord hommage à Jean Dionis, « un bâtisseur à la Ville comme à l’Agglomération », avant de dresser un constat plus nuancé : « Agen est une ville fragmentée, traversée par une réelle fracture. Elle aura besoin d’un maire rassembleur. » Un avertissement à peine voilé, dans une ville encore marquée par une campagne tendue.

Sur un registre différent, Sébastien Delbosq, qui entre au conseil en compagnie de quatre membres de sa liste, insiste sur la défiance démocratique : « Trop de nos concitoyens ne se sentent plus représentés », regrette-t-il, évoquant une abstention élevée et un climat de campagne parfois brutal. S’il promet que son groupe « ne sera pas une opposition systématique », le ton se veut ferme : la vigilance sera de mise. Pas de quoi perturber longuement les plus de 200 personnes venues voir leur nouveau maire porter l’écharpe.

Face à ces prises de parole, Laurent Bruneau déroule donc une ligne politique mesurée, presque pédagogique. « On ne vient pas pour renverser la table, mais pour améliorer les choses. Ce qui fonctionnait, on va le poursuivre ». Le nouveau maire ancre son propos dans la dynamique qui l’a porté : « Je suis persuadé que sans l’union, on ne peut pas gagner. Cela a permis qu’il n’y ait pas de hiérarchie entre les partis, chacun a trouvé sa place. » Une méthode qu’il entend prolonger dans l’exercice du pouvoir.

Dans une assemblée encore marquée par les clivages de la campagne, le nouveau maire choisit l’ouverture. « Les débats seront respectueux ici. Je ferai une place à l’opposition pour travailler tous ensemble, en leur confiant des commissions », assure-t-il.

Passé le temps protocolaire, l’exécutif entend rapidement entrer dans l’action. Audit financier, abrogation de l’arrêté anti-vélo, accès facilité aux berges du canal ou encore baisse du prix de la cantine : les premières orientations sont déjà posées. « Nous allons lancer les mesures prévues dans notre programme pour être opérationnels au plus vite », affirme le maire. Une manière de répondre à une attente forte, exprimée tout au long de la campagne.

L’Agglomération, horizon immédiat

Mais déjà, au-delà de l’hôtel de ville, se dessine un autre enjeu, plus discret mais décisif : celui de l’agglomération, alors qu’une bataille pour la présidence de l’intercommunalité se profile le 9 avril, Olivier Grima ayant récemment annoncé sa candidature. « Aujourd’hui, le maire d’Agen est très dépendant du président de l’agglomération. C’est donc avec les maires qu’il faudra construire un projet », analyse Laurent Bruneau. Candidat à sa présidence, il assume une volonté de dépassement des lignes partisanes : « Je veux mettre les convictions de côté pour travailler avec tous. » Le maire d’Agen met également en garde contre toute remise en cause de l’organisation actuelle entre la ville et l’intercommunalité. Depuis une dizaine d’années, plusieurs services sont mutualisés entre les deux structures, un fonctionnement qu’il juge éprouvé. « Cette organisation est rodée, robuste et a fait ses preuves », souligne-t-il, estimant qu’un éventuel retour en arrière pourrait représenter un coût compris entre 10 et 12 millions d’euros sur la durée du mandat.

La nouvelle équipe municipale d’Agen //

Maire – Laurent Bruneau : Administration générale, modernisation de l’action publique

Adjoints au maire – Pierre Dupont (1er adjoint) : Citoyenneté, démocratie permanente, vie associative, foncier municipal ; Marjorie Delcros (2e adjointe) : Éducation, jeunesse, petite enfance ; Dorian Janray (3e adjoint) : Attractivité, commerce, tourisme, animation, patrimoine ; Naïma Lasmak (4e adjointe) : Finances, ressources humaines, logement ; Paul Vo Van (5e adjoint) : Aménagement, mobilités, voirie, urbanisme, bâtiments ; Amanda Sanz (6e adjointe) : Transformation écologique, biodiversité, adaptation au changement climatique ; Dominique Stoll (7e adjoint) : Sécurité, tranquillité publique, propreté ; Élodie Benard (8e adjointe) : Solidarité, action sociale, accès aux soins ; Nasser Menni (9e adjoint) : Culture ; Anne-Marie Jean-Meillier (10e adjointe) : Vie des quartiers ; Moner Haryouli (11e adjoint) : Sport

Conseillers délégués – Cédrine Monsegur : Action scolaire, réussite éducative, conseil municipal des jeunes ; Philippe Espiet : Attractivité économique, emploi, économie sociale et solidaire ; Anne Chatelain : CCAS, centres sociaux, politique de la ville ; Jon Garay : État civil, élections, gestion des cimetières ; Guilhem Mirande : Accès et développement des services publics ; Frank Rollini : ERP, domaine public, commissions de sécurité, propreté ; Eva Mella : Droits des femmes et des familles, égalités ; Laura Garay : Jeunesse et sport ; Thierry Salvalaio : Prospective, recherche de subventions ; Béatrice Bourgarel : Vie des aînés, jumelages, devoir de mémoire ; Élie Bouet : Handicap, lutte contre les discriminations ; Samia Achour : Vie des quartiers

Conseillers municipaux avec délégation – Chantal Quillot : Inclusion, lutte contre la précarité ; Armonie Barguès : Budget ; Jean-Antoine Damiani : Numérique

Conseillers municipaux sans délégations : Clémence Brandolin-Robert, Mohamed Fellah, Baya Kherkhach, Thomas Zamboni, Catherine Chazottes, Louis Tandonnet, Claire Rives, Sébastien Delbosq, Pia Landrin, Michaël Fargue, Gwenaëlle Gilmant, Nicolas Henry

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