Une nouvelle pelouse aux nombreux avantages
Un budget inférieur aux prévisions
943 000 € TTC, c’est ce que coûtera la mise en place d’une pelouse synthétique sur le terrain d’honneur.
Initialement, les projections s’établissaient plutôt autour de 1,2 M€. Une première bonne nouvelle
apportée par l’agence Art Dan, qui avait déjà travaillé sur la Plaine des sports. « En plus d’avoir une
expertise sur le sujet comme sur la ville, c’est l’entreprise qui s’est classée première dans l’appel d’offres
tant sur les critères techniques que sur le prix. Il était donc logique de poursuivre avec eux », avance
Laurent Bruneau.
En place pour l’ouverture de la saison
L’objectif est très clair pour la Ville comme pour le club, la nouvelle pelouse synthétique doit être prête
pour le premier match à domicile de la prochaine saison, c’est-à-dire à la fin du mois d’août prochain.
« C’est pourquoi il était important d’aller vite », insiste le maire d’Agen, malgré ses réticences initiales.
Les travaux d’installation se dérouleront donc pendant l’été.
La « nécessité » d’intervenir
Parce qu’il ne s’est « rien passé depuis 2017 » et parce que la pelouse actuelle arrivait en fin de vie,
Laurent Bruneau et Jean-François Fonteneau se sont pleinement retrouvés sur la « nécessité »
d’intervenir. Ils suggèrent par ailleurs que cela aurait pu être fait lors des grands travaux du stade. Mieux
vaut tard que jamais. Restait à définir la meilleure option, entre gazon naturel, synthétique ou hybride. Le
SUA LG a choisi de s’aligner sur la plupart de ses concurrents de Pro D2.
Des coûts d’entretien cinq à six fois moindres
Parmi les nombreux arguments qui plaident en faveur du synthétique selon le président du Sporting, les
frais annuels figurent en très bonne place. « L’entretien d’un terrain naturel coûte 100 à 120 000 € par
an. Sur du synthétique, on parle de 20 000 €, voire en dessous », assure Jean-François Fonteneau. De
quoi amortir l’investissement en moins de dix ans si l’on suit ces chiffres. Cela correspond peu ou prou à
la durée de vie de l’équipement. Concernant l’empreinte écologique, Jean-François Fonteneau met en
perspective la perte d’un « poumon vert » avec la fin des très nombreux passages de tondeuses et des
produits phytosanitaires.
Des synthétiques modernes adaptés au jeu du SUA et pas plus accidentogènes
Sur le plan purement sportif, les synthétiques n’ont pas toujours été en odeur de sainteté chez les
joueurs pro. « On m’aurait demandé il y a 15 ou 20 ans, j’aurais sûrement privilégié le naturel. Il y a 5 ou
6 ans, probablement l’hybride. Mais les synthétiques ont fait des progrès très importants. Ils ne sont pas
forcément plus accidentogènes quand ils sont de qualité. De plus, ils sont moins soumis aux conditions
météo. Le SUA a le jeu de mouvement dans son ADN. Quand on passe trois mois sous de fortes pluies,
ça handicape fortement le jeu, alors qu’on doit être maître de son rugby à domicile. Enfin, la future
pelouse synthétique correspond bien aux profils des joueurs que l’on a recrutés », glisse Jean-François
Fonteneau.
À la recherche des bons équilibres //
Une première décision difficile mais assumée pour Laurent Bruneau
« C’était une décision qui n’allait pas de soi pour notre majorité », rappelle, au sujet du terrain
synthétique, le nouveau maire d’Agen qui n’a pas toujours été le plus fervent soutien du SUA Rugby
lorsqu’il était dans l’opposition puis candidat. « Mais nous avons agi en responsabilité », poursuit-il. Pour
sa prise de fonction, l’élu a préféré jouer la carte du consensus plutôt qu’un conflit ouvert avec l’un des
emblèmes de la cité agenaise. Celui qui souffle, c’est bien Jean-François Fonteneau : « On n’était pas
forcément très rassurés au départ, avec des approches très anxiogènes, peut-être un peu orchestrées
dans le contexte de la campagne. On est conscients que des engagements pris par un prédécesseur ne
sont pas toujours faciles à respecter. On a finalement pu évacuer tout un tas de sujets qui pouvaient
nous mettre en difficulté. » Sans aller jusqu’à parler d’idylle, le dialogue est bel et bien engagé sur des
bases constructives.
Vers une « remise à plat » de la convention
L’annonce de la pelouse synthétique n’est que le premier jalon de la construction d’une nouvelle relation
entre la collectivité et la SASP (partie professionnelle du club). « On remet tout à plat », prévient Laurent
Bruneau. Les termes de la convention qui lie la Ville au Sporting seront réévalués. Et c’est là que les
difficultés peuvent survenir. D’un côté, le maire confirme son souhait : « Trouver un meilleur équilibre
entre les clubs sportifs. Il n’y a pas que le rugby à Agen même s’il y a aussi le rugby. » Laurent Bruneau
martèle chercher « l’équité » dans les subventions. En conséquence, « rien n’est sanctuarisé ». On peut
y voir un léger coup de pression. Laurent Bruneau pousse pour une approche nouvelle : « On doit avoir
une ville qui se tourne plus facilement vers le stade et un club qui va plus facilement vers la ville. » Une
présence physique dans l’hyper-centre est mise sur la table. Peut-être sous la forme d’une nouvelle
boutique ou d’un « café des sports ». L’attention portée aux quartiers de la commune qui ne sont pas les
plus représentés dans le centre de formation, comme Montanou ou Rodrigues, sera scrutée.
Le SUA LG toujours sous tension économique
En face, Jean-François Fonteneau rappelle la réalité économique d’un club en déficit structurel avec
10 M€ de ressources quand ses charges sont à 13 M€. La baisse massive de subventions à la partie
professionnelle (environ 250 000 € pour le tandem Ville-Agglo) décidée « unilatéralement » par la
majorité Dionis a été « mal vécue » et rend encore plus difficile la présentation des budgets au gendarme
financier de la Ligue. Le loyer de 330 000 € est-il trop élevé ? Le président n’est pas loin de le penser.
« On a tous intérêt à trouver la bonne formule pour faire rayonner le territoire et son rugby », déclare-t-il.
Le danger plane bel et bien sur la tête d’Armandie. « La LNR cherche, probablement à raison, à développer le rugby dans les zones blanches pour gagner de nouveaux licenciés. On le voit avec Aix-en-
Provence qui a doublé son budget en peu de temps. Cela peut mettre en péril des clubs comme le nôtre. Une descente à l’échelon inférieur et c’est l’accident industriel. » Une délicate équation attend donc les
protagonistes, entre une municipalité aux moyens limités et soucieuse de mieux répartir son enveloppe
entre ses différentes entités sportives, et un Sporting qui ne peut se permettre de nouvelles soustractions
dans ses recettes.
Nouvelles manifestations et ouvertures de créneaux
En attendant de trouver les réponses, le changement de pelouse ouvre tout de même de nouvelles
perspectives puisqu’il sera désormais possible d’exploiter le terrain d’honneur en dehors des matchs.
Concrètement, les pros pourront parfois s’y préparer, laissant ainsi le terrain d’entraînement à d’autres
occupants de la Plaine des sports. Un synthétique tolère en outre d’autres usages, éloignés de la
pratique du ballon rond ou ovale. « Pour nous qui cherchons des ressources supplémentaires, l’idée est
de pouvoir organiser dans cette enceinte des festivités comme des garden-parties ou des concerts. On
adorerait par exemple accueillir les Fêtes d’Agen », lance le président du SUA LG. La mairie pourrait
aussi y trouver son compte.







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