Assurance Maladie en Lot-et-Garonne : un nouveau conseil et la lutte contre les fraudes dans le viseur

Installé pour un nouveau mandat de 4 ans, Christine Torres et la CPAM du Lot-et Garonne font face aux défis grandissants du système de sécurité sociale et de lutte contre la fraude.

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La Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) Lot-et-Garonne va pouvoir compter sur une nouvelle équipe pour pouvoir mener à bien ses différentes missions que ce soit la lutte contre la fraude, la promotion des offres de service et des différents droits dont les lot-et-garonnais pourraient jouir. Ainsi Christine Torres (MEDEF) a été reconduite au terme de son dernier mandat (2022-2026), épaulée à la direction par Olivier Filiol, en poste depuis 2020. Elle sera également vice-présidée par Valérie Bernini (CFDT, confédération française démocratique du travail), Cédric Cruvelier (CPME, confédération petites et moyennes entreprises) et Dominique Reau (FNATH, accidenté du travail et handicapés). Ces conseils se réuniront 4 fois par ans, et chaque commission se retrouvera au moins une fois par mois sur les domaines du recours amiable, des pénalités, de la gestion des risques, de l’action sanitaire et social ou encore des accidents du travail.

Une offre de service à mieux connaître

La CPAM du Lot-et-Garonne souhaite renforcer la visibilité de ses services auprès des assurés. Pour Christine Torres, présidente de la caisse depuis 2022, il est essentiel que « chaque assuré connaisse ses droits » afin de pouvoir bénéficier des dispositifs auxquels il est éligible. Cette mission prend une importance particulière alors que le non-recours aux droits demeure élevé. Selon les estimations évoquées par la CPAM, près de 30 % des personnes éligibles à certaines aides n’y ont pas recours. Gaelle Veniel, directrice adjointe en charge de la relation client, ajoute que ces droits sont encore quérable :« il est nécessaire de faire une demande puisque même en étant inscrit, le système n’est pas automatisé ». Pour mieux informer la population, la CPAM multiplie ses actions sur le terrain notamment lors du prochain Garorock ou dans les universités afin de mieux sensibiliser les jeunes, « qui sont souvent les moins informés ou les plus désinteressés par la question ». Ces offres de service devraient également être présentés plus en détail à la rentrée entre septembre et octobre aux assurés.

L’enjeu de soutenabilité du système de sécurité social

Au-delà de la gestion quotidienne des assurés, la direction de la CPAM souhaite attirer l’attention sur les défis auxquels est confronté le système de protection sociale français. « Les Français sont très attachés à leur sécurité sociale, mais le système reste fragile » résume Olivier Filiol. Le déficit de la sécurité sociale en 2025 se chiffrait à environ 16 milliards d’euros et pourrait dépasser les 30 milliards d’euros à l’horizon 2030. Avec un budget annuel de l’ordre de 1,4 milliards d’euros (250 au niveau national) dans le département, l’Assurance maladie fait face à des dépenses croissantes dû notamment au vieillissement de la population, à l’augmentation des maladies chroniques, qui concernent près de 16 millions de personne en France, et aussi aux arrêts maladies (29 millions d’euros d’indemnités entre janvier et avril, +2,6% sur l’an passée à la même période).

L’accès au soin constitue donc un enjeu majeur mais fait face aussi au vieillissement de ses professionnels de santé. En 2025, dans le département, l’âge moyen des médecins libéraux atteint 55 ans tandis qu’en 2005, c’était seulement 52 ans. De nombreux départs à la retraite sont ainsi attendus dans les prochaines années pour les médecins des années 60 ou 80, qui, comme le souligne Olivier Filiol, « constituaient, en terme de temps de travail, l’équivalent de 2,6 à 2,8 médecins aujourd’hui ». Pour palier ce manque, des dispositifs ont été mis en place tels que « Bienvenue docteur » destiné à renforcer « l’attractivité du territoire auprès des jeunes médecins. Tout est fait pour donner envie de venir et de s’installer durablement dans le département », avec pour objectif également de pouvoir garantir un accès aux soins effectif pour tout les habitants, quel que soit leur lieu de résidence ou leur situation sociale.

Lutter contre la fraude, le défi numéro un //

En Nouvelle Aquitaine, le montant des fraudes détectées, et stoppées, a atteint 2,49 millions d’euros en 2025, contre seulement 1,68 millions d’euros l’année précédente, soit une hausse de 48%. Dans le département, ce sont près de 28 procédures pénales engagées et 42 pénalités financières appliquées, pour un montant total de 97 000€ euros contre 76 000€ en 2024, qui ont également parfois abouties sur des peines d’emprisonnement. La CPAM a ainsi fait de la lutte contre la fraude son cheval de bataille et met également de nombreux moyens, hormis financier, pour solutionner cette situation au mieux. Elle peut ainsi s’appuyer sur de nouveaux outils numériques. Les ordonnances numérisées et sécurisées, utilisées par 77% des professionnels de santé, permettent notamment de vérifier l’authenticité des prescriptions grâce à un QR Code « reliant directement le médecin au pharmacien afin de savoir si l’ordonnance a été utilisée ».

Un autre outil est également mis à la disposition des pharmacien, le dispositif « ASAFO », qui permet de vérifier les ordonnances jugés suspectes. Des enquêtes peuvent ainsi être ouvertes en cas de prescriptions suspectes ou de détournements de médicament qui alimentent notamment certains trafics comme les antidiabétiques, détournés pour leur soi-disant capacité à « faire maigrir » et les antalgiques utilisés également comme drogues. Après signalement, « près de 3/4 des ordonnances jugées frauduleuses se sont avérées l’être réellement« . Olivier Filiol tient quand même à rappeler qu’en « terme de masse financière, le non-recours au droit reste quand même plus important que la fraude« . L’enjeu consiste donc à la fois à mieux accompagner les assurés dans leur démarche et à lutter contre les abus qui fragilisent le système.

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