Politique : le projet de loi de finances 2027, « ce n’est plus une participation, c’est du racket »

Le président des maires de Lot-et-Garonne monte au créneau contre le projet de loi de finances 2027 de l'État. Ces coupes budgétaires menacent directement les chantiers communaux et les entreprises du territoire.

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Un sujet « explosif » qui passe encore sous les radars, c’est ainsi que Guillaume Lepers décrit les petites lignes qui se sont glissées dans le projet de loi de finances 2027 avec les collectivités locales comme cibles. Le nouveau président de l’Association des maires de Lot-et-Garonne (ADM 47) met en garde l’opinion et les 130 nouveaux maires du département contre ce texte présenté par un Gouvernement à la recherche d’économies. S’il passe en l’état, il pourrait faire peser 7 milliards d’euros de coupes sur les institutions les plus proches de la population.

Un coup d’autant plus dur que le bloc communal (villes et intercommunalités) réalise 70% des investissements, pour seulement 18% de la dépense publique (et 8% de la dette). « Les maires de France sont des gens responsables. Je suis le premier à considérer que chacun doit contribuer, mais c’est excessif par rapport à ce que peuvent tenir les collectivités », tonne Guillaume Lepers. Au lieu de pénaliser tout le monde sans aider les élus vertueux, il invite l’État à d’abord « faire le ménage dans les agences parisiennes qui coûtent un pognon monstre ».

Pour les municipalités, le problème vient de l’accumulation des mesures. Côté fonctionnement, la dotation principale de l’État (DGF) est gelée alors que les charges bondissent, portées par la hausse permanente des retraites des fonctionnaires. Malgré une gestion déjà très serrée des dépenses courantes, cela entame leur capacité d’épargne, pourtant indispensable pour investir.

Le coup de ciseaux budgétaire

Côté investissement, la sanction est directe. Exit l’ancien dispositif de mise en réserve (DILICO). Une nouvelle contribution progressive, plus puissante et non remboursable, sera ponctionnée directement, et plus seulement sur les grosses collectivités. Simultanément, les aides aux chantiers fondent : Fonds vert diminué de moitié, recul des dotations pour les communes rurales (DETR) ou les villes comme Agen et Villeneuve-sur-Lot (DSIL), et remboursement de la TVA (FCTVA) abaissé de 16 % à 11 %, voire 5 %, avec des délais allongés. « C’est un double coup de ciseaux. Sur des projets dans les tuyaux, on perd à tous les niveaux », résume l’élu.

Pour donner un ordre d’idée, Guillaume Lepers chiffre les pertes de recettes à un peu plus de 1 M€ pour sa Ville et à 1,2 M€ pour l’agglomération qu’il préside, entre les nouveaux mécanismes et PLF et la hausse des cotisations.

Chantiers freinés et entreprises impactées

En ce début de mandat, période clé pour lancer les projets et relancer des situations économiques compliquées, un « coup d’arrêt net » menace donc les territoires. Certaines petites communes risquent des « années blanches », quand d’autres équipes devront prioriser. « Sur la végétalisation des écoles, financée notamment avec le Fonds vert, on va devoir réfléchir à deux fois et lisser nos projets dans le temps au lieu d’accélérer », illustre le maire villeneuvois. Si le dossier de Saint-Cyr pourrait capter d’autres financements pour alléger la note, le théâtre, sur lequel des études sont lancées, pourrait par exemple être victime de ces coupes.

Un « double effet Kiss Cool » guette aussi le développement économique, alors que la fiscalité locale est déjà élevée en bien des endroits. « Derrière, ce sont les entreprises du territoire, le commerce et l’artisanat qui comptent sur nous. Elles voient que nous sommes frileux et cela joue sur leurs perspectives », prévient l’élu. Faute de lisibilité pour bâtir un budget à deux ou trois ans, ce partisan d’un vote avant le 1er janvier de chaque exercice a d’ailleurs préféré repousser le sien de quelques mois. Face à ce « coup d’assommoir », l’ADM 47 multiplie les informations auprès des nouveaux maires et entre « en phase de bataille » pour peser de tout son poids avant le vote de la loi.

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