En Lot-et-Garonne, la Semaine de la bio pour redonner du souffle à une filière en difficulté

Aujourd’hui jusqu’à samedi, la cinquième Semaine de la bio multiplie les rendez-vous en Lot-et-Garonne. Une édition placée sous le signe de la relance, après une année particulièrement éprouvante pour les agriculteurs.

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La bio veut retrouver des couleurs en Lot-et-Garonne. Après plusieurs années marquées par les difficultés économiques, le recul de la consommation et les aléas climatiques, la filière entend rappeler ses atouts et renouer le dialogue avec les consommateurs. C’est tout l’enjeu de la cinquième Semaine de la bio, toujours organisée par le Conseil départemental et Interbio Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Agrobio 47.

Durant six jours, producteurs, entreprises, collectivités et établissements scolaires seront mobilisés autour d’un même objectif : promouvoir une agriculture locale et biologique, tout en sensibilisant le public aux liens entre alimentation, santé et environnement. Un rendez-vous qui prend une résonance particulière dans un département où 931 exploitations sont certifiées bio, représentant près de 35 400 hectares, soit 12,9 % des surfaces agricoles. « Nous sommes persuadés que la structuration du secteur est un enjeu majeur pour conforter sa place dans le panorama agricole de notre département », souligne Jean-Jacques Mirande, vice-président du Conseil départemental chargé de l’agriculture et de la forêt.

« Il y a énormément de fermes en difficulté »

Derrière les animations et les dégustations, les acteurs de la filière ne cachent pas leurs inquiétudes. Pour Pascal Breuzard, coprésident d’Agrobio 47, la situation des exploitations reste particulièrement préoccupante. « Au niveau de la production, c’est quand même très dur en Lot-et-Garonne, très, très dur. Il y a énormément de fermes en difficulté, énormément de fermes qui ont souffert des changements climatiques et qui ont un peu la tête sous l’eau. »

À la crise économique s’ajoutent les conséquences d’un été 2026 particulièrement difficile pour les agriculteurs. Face à cette accumulation de contraintes, le représentant d’Agrobio 47 appelle à renforcer les solidarités et les coopérations entre exploitants. « Il faut se faire accompagner, ne pas rester isolé », insiste-t-il, évoquant notamment le recours aux Cuma pour mutualiser le matériel et limiter les investissements.

Malgré ce constat, les professionnels veulent croire à une amélioration. Philippe Leymat, président d’Interbio Nouvelle-Aquitaine, observe notamment une reprise de la consommation nationale de produits biologiques, estimée à environ 4 %. « On se retrouve aujourd’hui sur un redémarrage de consommation significatif », souligne-t-il, après plusieurs années de ralentissement consécutives à la crise sanitaire et à l’inflation. Un rebond encourageant, mais encore insuffisant pour effacer les difficultés du secteur. « Notre avenir, il est ici, dans le Lot-et-Garonne, avec le Département, nos partenaires, en étant ensemble, en tirant dans le même sens ».

Les 24 collèges labellisés bio

Pour soutenir durablement les producteurs, le Département mise notamment sur la restauration collective. Lancé en 2011, le programme « Du 47 dans nos assiettes » vise à favoriser les produits frais, locaux et biologiques dans les cantines scolaires, tout en luttant contre le gaspillage alimentaire.

Une démarche qui porte ses fruits puisque, pour la deuxième année consécutive, les 24 collèges publics du Lot-et-Garonne ont obtenu le label « Établissement BIO Engagé ». Le département est le premier de Nouvelle-Aquitaine à avoir atteint cet objectif pour l’ensemble de ses collèges. Onze établissements intègrent entre 25 et 30 % de produits biologiques dans leurs achats alimentaires, douze entre 30 et 40 %, et un dépasse les 40 %. « Cette démarche était innovante en France. Depuis, l’idée née dans le Lot-et-Garonne a essaimé dans d’autres départements et régions », rappelle Annie Messina, vice-présidente du Conseil départemental chargée du programme.

Au-delà de l’assiette, l’enjeu est également économique. Les contrats conclus avec les producteurs sur plusieurs années leur permettent de sécuriser une partie de leurs débouchés et de mieux anticiper leur activité. Une nécessité pour une filière qui cherche à consolider son ancrage territorial.

Cette semaine, cinq collèges, à Duras, au Passage-d’Agen, à Marmande, à Agen et à Miramont-de-Guyenne, accueilleront des producteurs ou fournisseurs biologiques pendant la pause méridienne. Des élèves de troisième de Castillonnès et de Monsempron-Libos participeront également à une fresque consacrée aux liens entre santé et environnement.

Marchés, dégustations et conférence 

La Semaine de la bio se déploiera également dans les commerces et sur les marchés du département. À Villeneuve-sur-Lot, le marché bio de la place d’Aquitaine accueillera, mercredi 4 novembre, une exposition photographique consacrée aux femmes agricultrices ainsi qu’une découverte sensorielle pour les enfants. Le marché bio du Gravier, à Agen, participera également à l’événement samedi matin.

Tout au long de la semaine, plusieurs enseignes, notamment à Bias, Marmande, Nérac, Boé, Castelculier et Villeneuve-sur-Lot, proposeront des rencontres avec des producteurs et des dégustations de produits locaux.

Autre temps fort, jeudi 5 novembre à 19 heures, une conférence organisée à l’Agropole d’Estillac s’intéressera aux « ordonnances vertes », à travers les liens entre alimentation, environnement et santé. Le docteur Louis-Adrien Delarue, membre du collectif Alerte médicale sur les pesticides et perturbateurs endocriniens, interviendra lors de cette rencontre gratuite sur inscription.

Un grand marché gourmand pour clôturer la semaine

C’est dans la cour d’honneur de l’Hôtel du Département, que cette cinquième édition connaîtra son point d’orgue, samedi 7 novembre, de 10 heures à 16 heures. Plus d’une vingtaine de producteurs et d’entreprises biologiques y présenteront leurs spécialités : pruneaux, fromages, pains, farines, huiles, fruits et légumes, boissons ou encore produits cosmétiques.

Au-delà des étals, les visiteurs pourront profiter d’une restauration sur place, d’animations familiales, de jeux en bois, d’un jeu de piste et même de la présence de moutons et d’alpagas. « On continue à entendre que la bio, c’est cher, que la bio, c’est pour les bobos. Il faut absolument qu’on arrive à communiquer différemment », regrette l’une des représentantes d’Agrobio 47. Alors que la filière cherche à se relever, l’objectif est désormais de transformer ce regain d’intérêt en débouchés durables pour les exploitations. « Il faut rester optimiste », résume Pascal Breuzard.

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