Sport : avec « La tribu du trail et du running », fini les foulées en solitaire

Né fin juin sur Facebook, le groupe « La tribu du trail et du running » fédère déjà 108 membres autour de Pujols. Une initiative gratuite pour partager ses sorties en toute sécurité.

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Combien de coureurs se croisent chaque semaine sur les routes et chemins autour de Pujols d’un simple signe de la main, avant de poursuivre leur effort chacun de leur côté ? C’est de ce constat tout simple qu’est née, fin juin, la page Facebook « La tribu du trail et du running, Pujols ». « Je croisais régulièrement des gens qui couraient seuls, comme moi. Je me suis demandé pourquoi chacun partait individuellement dans son coin alors que nous pourrions partager notre passion », explique Antony Ticot, qui a lancé l’initiative avec David Andrade, rejoints ensuite dans l’aventure par Laurent Veyri et Carlos Rubio.

En quelques mois, l’idée a trouvé son public. La petite tribu qui grandit compte déjà 108 membres. Loin du fonctionnement d’un club traditionnel, le collectif mise sur la souplesse. « Nous ne sommes pas une association, c’est totalement gratuit et cela n’engage à rien », précise le cofondateur. Chacun est libre de publier une annonce sur le groupe pour proposer une sortie, en indiquant le lieu de départ, le jour, l’heure, le parcours et la durée estimée, que ce soit pour courir, marcher avec des bâtons de randonnée ou pratiquer le canicross. Les intéressés n’ont plus qu’à se greffer au rendez-vous. En parallèle, un rassemblement hebdomadaire a lieu chaque mardi soir au départ de la Myre-Mory.

Progresser ensemble et courir en sécurité

Pour que chacun y trouve son compte, une règle d’or prévaut : ni challenge ni esprit de compétition. Que l’on soit débutant ou traileur aguerri comme Carlos Rubio, qui a déjà bouclé l’UTMB, chacun s’adapte au rythme des autres. « Tout le monde trouve un camarade à son niveau et personne n’est décroché. C’est avant tout de la convivialité, l’envie de s’oxygéner et de se faire plaisir par l’effort. » Cette dynamique collective produit toutefois vite ses effets. En courant à plusieurs, les participants « ne voient ni le temps ni les kilomètres passer » et repoussent des limites qu’ils pensaient difficilement atteignables seuls. Stimulés les uns par les autres, certains s’inscrivent même ensemble sur des courses officielles le week-end.

La démarche répond aussi à un besoin de sécurité, particulièrement pour les femmes. « Sur la voie verte, certains ne sont pas tranquilles, et des filles se restreignent de courir l’hiver. Le groupe permet de les rassurer en courant avec des personnes de confiance, pour ne plus rester bloqué chez soi parce qu’on est seul. » Ce fonctionnement crée du lien entre des personnes qui ne se côtoyaient pas forcément à l’extérieur, tout en faisant découvrir les parcours au-delà de Pujols à ceux qui ne les connaissent pas. « C’est une communauté très saine où les gens jouent vraiment le jeu. On découvre le territoire à travers le running, comme une forme d’écotourisme à pied. J’aimerais maintenant que le modèle se développe ailleurs et qu’il y ait des tribus un peu partout », espère Antony Ticot.

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