Gifi : en coulisses, l’intacte mobilisation de Philippe Ginestet

Alors que le redressement judiciaire se met en place, l'heure n'est pas à la résignation au sommet du géant de la distribution. Dans l'entourage du fondateur, on affiche une détermination totale pour sauver l'entreprise.

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Ces dernières semaines, l’actualité locale bat au rythme d’un vaisseau amiral de l’économie lot-et-garonnaise, qui affronte une tempête mais sans baisser pavillon. Officiellement placé en redressement judiciaire, Gifi suscite une énorme attention et beaucoup de commentaires. En plus des quelque 500 magasins partout en France, il y a l’enjeu de la centrale et de ses centaines d’emplois qui jouent un rôle majeur dans la vie du territoire. Les plus pessimistes y voient la fin du conte de fées. Mais ce n’est pas l’état d’esprit qui semble régner en haut lieu. Selon plusieurs sources proches du dossier, l’ambition de sauver la majeure partie des sites, dont le siège, et des emplois n’est pas une utopie mais bien un objectif atteignable. Et cela commence avec un homme : le fondateur, actionnaire majoritaire. « Philippe Ginestet restera mobilisé sur ce dossier avec la plus grande énergie jusqu’à son dernier souffle. Il ne laissera jamais tomber ce pour quoi il s’est battu pendant plus de quarante ans avec tout l’attachement qu’il a développé pour ses salariés. Et il est loin d’être le seul à être intimement convaincu qu’il y a un avenir pour Gifi. On peut la sauver », réaffirme l’un des très proches de l’homme d’affaires.

« S’il a fait tout ça, ce n’est pas pour laisser tomber maintenant »

Selon nos informations, son envie n’est pas de reprendre le contrôle opérationnel qu’il a lâché il y a bientôt deux ans, ni de remettre la main sur la part des actionnaires qui sont récemment entrés au capital (principalement les banques). Son unique préoccupation est « de tout mettre en œuvre pour donner à cette entreprise, à laquelle il a consacré une grande partie de sa vie, les meilleures chances de poursuivre son activité et de préserver ses emplois dans un esprit constructif. Il s’agit aussi de veiller à ce que l’ADN du groupe soit retrouvé et préservé ». Tout en concédant que rien ne sera facile, le premier cercle resserré autour de Philippe Ginestet justifie cet optimisme en faisant un petit rappel du passé récent : « Il ne faut pas oublier qu’il a déjà réinvesti 250 millions d’euros au profit de Gifi. C’est rare sinon unique de voir un actionnaire remettre des sommes aussi importantes lorsque les difficultés surviennent. Philippe Ginestet a également accepté de se mettre en retrait au profit de successeurs qu’il n’a pas choisis, pensant qu’ils pouvaient apporter une nouvelle vision en cette période de crise. S’il a fait tout ça, ce n’est pas pour laisser tomber maintenant. »

Philippe Ginestet restera mobilisé sur ce dossier avec la plus grande énergie jusqu’à son dernier souffle. Il ne laissera jamais tomber. Et il est loin d’être le seul à être intimement convaincu qu’il y a un avenir pour Gifi. On peut la sauver.

Un proche collaborateur de Philippe Ginestet

Des décisions difficiles seront probablement prises, y compris à Villeneuve, afin de surmonter la crise. Décisions qui seront néanmoins nécessaires pour que ce ne soit pas le paquebot dans son ensemble qui prenne l’eau. Les réorganisations internes pour rationaliser Gifi seront un premier signal envoyé au tribunal de commerce spécialisé de Toulouse qui traitera l’affaire. La gouvernance pourra s’appuyer sur des administrateurs ayant officié dans ce type de juridiction, une expérience précieuse pour présenter le meilleur dossier.

Un tremplin pour repartir de l’avant

Si l’échelle n’est pas comparable, un exemple de redressement réussi montre que tous les espoirs sont permis : celui de Lucien Georgelin. Le confiturier marmandais avait accepté d’en passer par là pour traverser une phase de fortes turbulences avant de s’en sortir brillamment. Une PME centrée sur son usine n’est certes pas un géant de la distribution avec des centaines de points de vente, des entrepôts et une forte activité d’importation. Cependant, cette histoire témoigne du fait que la procédure n’est pas un sas vers la liquidation mais bien un possible tremplin pour repartir de l’avant. C’est ce dont sont persuadés les proches de Philippe Ginestet.

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