Municipales 2026 : le projet de l’Union des Droites pour redorer la santé à Agen

le candidat fait de l’accès aux soins une priorité, entouré de professionnels de santé pour répondre à la pénurie médicale et aux fragilités du territoire.

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« Moi, par exemple, je n’ai pas de médecin traitant depuis dix ans », lâche Sébastien Delbosq, sans détour. Un cas loin d’être isolé. Sur l’agglomération, plus de 1 500 personnes en affection longue durée (ALD) sont privées de médecin traitant, avec des soins plus difficiles d’accès et parfois des restes à charge injustifiés. Les chiffres sont implacables : 71 médecins généralistes pour 100 000 habitants, contre 146 au niveau national, soit une densité deux fois inférieure à la moyenne. Et lorsqu’il faut consulter un spécialiste, l’exil est souvent la seule solution. « Les Agenais doivent régulièrement quitter le département pour se soigner », constate l’équipe de l’Union des Droites.

Pour porter ce dossier sensible, Sébastien Delbosq a choisi de s’appuyer sur Pia Landrin, orthophoniste installée à Agen depuis 2013. Syndicaliste engagée de longue date à la Fédération nationale des orthophonistes, elle a participé à la création de la CPTS du Grand Agenais, chargée de structurer les parcours de soins sur le territoire. « Pendant des années, j’ai assisté à des réunions où l’on disait toujours les mêmes choses. Dix ans après, rien n’avait changé », raconte-t-elle. Une frustration qui l’a conduite à franchir le pas politique.

Attirer les soignants sans dogmatisme

La solution miracle n’existe pas, reconnaissent-ils. « La démographie médicale française, ce ne sont pas les maires qui vont la régler », admet Pia Landrin. Mais les municipalités peuvent agir. Et Agen, selon elle, ne l’a pas assez fait. Au cœur du projet : la création d’un centre de santé municipal, pensé comme un outil souple. « On ne va rien imposer. Certains médecins veulent être salariés, d’autres libéraux, d’autres encore travailler en équipe ou seuls. On s’adapte. » L’objectif n’est pas seulement d’offrir des murs, mais un environnement de travail attractif, avec des réseaux de spécialistes et de paramédicaux pour éviter l’isolement professionnel. Un groupement d’employeurs permettrait aussi de faire venir ponctuellement des spécialistes afin de soulager la demande. « Tout ce qui m’intéresse, c’est le résultat. Pas d’idéologie, pas de dogmatisme », martèle le candidat.

Autre levier : miser sur les étudiants. « Quand les internes arrivent, leur vie est souvent déjà faite. Il faut les attirer bien avant », insiste l’orthophoniste. D’où l’idée d’une résidence étudiante dédiée aux professions de santé, toutes filières confondues, pour faire découvrir Agen dès les premières années d’études. La municipalité jouerait aussi un rôle de conciergerie médicale : aide au logement, à la mobilité, à la scolarisation des enfants ou aux démarches administratives. « Les médecins aiment faire de la médecine. Le reste, ça les épuise », résume Sébastien Delbosq.

Prévenir plutôt que réparer

À Agen, les troubles psychiatriques sont presque deux fois plus fréquents que la moyenne nationale. « On concentre énormément de difficultés », souligne Pia Landrin. L’équipe propose une meilleure coordination entre sécurité et soin, notamment par la formation des policiers municipaux aux premiers secours en santé mentale. La prévention est l’autre pilier du projet. Vaccination, dépistages des cancers, santé infantile, lutte contre l’isolement des personnes âgées : la mairie veut devenir une véritable caisse de résonance des actions existantes. Dans cette logique, la création d’une mutuelle communale est envisagée, à la fois pour les agents municipaux et pour les habitants aux revenus modestes, afin de négocier des tarifs plus accessibles et de s’appuyer sur les dispositifs de prévention déjà développés.

« La santé, ce n’est pas une ligne Excel »

Oui, tout cela a un coût. Un centre de santé représente un investissement initial estimé autour d’un million d’euros. Mais pour Pia Landrin, le débat doit être posé autrement : « La santé, ce n’est pas censé être rentable à court terme. Une population en meilleure santé, c’est une population qui va mieux, qui vit mieux. » Et de conclure : « Je sais où sont les financements. Ils existent. Mon rôle sera d’aller chercher chaque euro disponible pour la santé des Agenais et de vérifier si ce que l’on met en place fonctionne. Si ça ne marche pas, on arrête. »

Côté salubrité et hygiène publique //

« La propreté de nos rues n’est pas seulement une question esthétique, c’est une question de santé », soulignait également Pia Landrin mercredi soir. La municipalité entend renforcer le plan propreté, initié en 2025, avec la création d’une brigade verte assermentée, intégrée à la Police municipale, pour lutter contre les atteintes à la salubrité et assurer la police des parcs et espaces verts. Les PAV seraient connectées à un système de jauge intelligente afin d’éviter les débordements et d’optimiser la collecte. Pour l’accessibilité et la sécurité, « on mettra les trottoirs aux normes, on supprimera les obstacles et on installera des feux sonores pour les non-voyants », ajoute Pia Landrin, en ciblant écoles, centres de soins et zones très fréquentées. Côté qualité de vie, le centre-ville serait rafraîchi avec des îlots de fraîcheur et des ombrières, tandis qu’une campagne contre les nuisances sonores serait menée, avec des consignes d’interventions renforcées pour la police municipale. L’objectif : « Offrir un environnement sain et agréable à tous les habitants », conclut le duo.

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