
Jeudi 5 février, une conférence de presse de la liste Agen en action, conduite par Sébastien Delbosq, consacrée aux finances de la Ville et à la transparence des comptes, avait tout pour mettre le feu aux poudres de la campagne municipale. Entouré de plusieurs colistiers, le candidat a présenté une analyse qu’il dit mener « depuis plus d’un an » à partir des documents budgétaires transmis par la municipalité. D’emblée, Sébastien Delbosq a tenu à préciser l’intention de la démarche : « On ne parle absolument pas de détournement. Le sujet, c’est l’incapacité aujourd’hui à fournir une transparence claire, lisible et compréhensible des finances de la Ville. » ». Une précaution répétée à plusieurs reprises au fil des échanges.
Michaël Fargue a ouvert le bal en évoquant des interrogations sur certaines notes de frais et remboursements de déplacements d’une élue, chiffrés à plusieurs milliers d’euros. La municipalité invoque un engagement bénévole et des montants limités à l’échelle du mandat, une réponse que l’opposition estime insuffisante
Des « écarts importants » entre comptes administratifs et grands livres

Mais le cœur de la conférence a porté sur l’analyse des documents comptables. Selon les chiffres présentés par Nicolas Henry, après croisement de près de 2,5 millions de données issues des comptes administratifs et des grands livres, des écarts apparaissent. « Sur la période 2019-2024, les écarts s’élèvent à 77 987 608 euros sur les dépenses et 73 817 863 euros sur les recettes », avance l’équipe de Agen en action. Des différences qu’elle dit avoir signalées à plusieurs reprises aux services municipaux. Dans un courrier du 11 juin, la Ville reconnaît l’existence de divergences : « Je ne trouve pas les mêmes écarts que vous, mais je trouve tout de même des écarts. Je vais essayer de creuser pour voir d’où peuvent venir ces écarts », écrit la mairie. Puis, le 3 juillet, les services financiers admettent que « les documents que nous avons fournis, issus d’un logiciel requêteur, comportent effectivement des anomalies ».
Selon l’opposition, les documents transmis lors d’un second envoi posent de nouvelles difficultés. Certains grands livres comporteraient uniquement des numéros de factures sans libellé, rendant impossible l’identification des dépenses. La Ville reconnaît ce problème dans un courrier ultérieur : « Nous déplorons cet état de fait qui, malheureusement, gêne notre pratique au quotidien » et ajoute : « Il appartient aux services qui liquident les dépenses de reprendre ou compléter ces libellés. Parfois, ce travail n’est pas fait. »
« Erreurs matérielles », répond Jean Dionis
Dans sa réponse écrite datée du 13 janvier 2026, le maire sortant Jean Dionis du Séjour rejette toute remise en cause de la sincérité budgétaire. « Je ne peux vous laisser mettre en doute la transparence des comptes de la collectivité », écrit-il. Il explique que « les erreurs que vous avez pointées lors du premier envoi sont des erreurs matérielles dues aux conditions techniques d’extraction des données et non à une volonté de cacher des éléments », précisant que « les documents demandés n’existent pas en l’état et nécessitent des requêtes spécifiques pour être obtenus ». Le maire rappelle également que « la fiabilité et la concordance des données sont attestées par la validation du compte financier unique par le comptable public » et souligne que la Cour des comptes a déjà examiné les finances de la collectivité. En somme, un acte de désinformation « plus que malhonnête en cette période électorale » pour l’entourage du premier édile et candidat à sa succession.





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