
Une semaine après la conférence de presse de la liste Agen en action (voir article à ce lien ou notre édition du 10/02), mettant en avant de supposées incohérences comptables dans les finances de la Ville, Jean Dionis du Séjour a tenu à répondre publiquement. Entouré de son adjoint aux finances Mohamed Fellah et de l’adjoint aux sports Alain Klajman, le maire d’Agen et candidat à sa réélection a choisi le terrain des chiffres et de la fermeté.« Il y a eu des lignes qui ont été franchies », a-t-il d’emblée posé, évoquant un discours de « suspicion » qu’il juge infondé. En toile de fond, les demandes répétées de documents financiers formulées au printemps 2025, puis relayées par Sébastien Delbosq.
Jean Dionis déroule une chronologie précise. « En avril 2025, on nous demande des informations financières. Tout ce qu’il y a comme demande financière, on le fournit », insiste-t-il. Notes de frais, régies d’avance, grands livres comptables, accès à un logiciel de requêtes : « Le service financier a transmis un container de documents. » Les écarts relevés ensuite entre grands livres et compte administratif relèveraient, selon lui, de divergences d’interprétation et de limites techniques. « Sur une masse d’informations aussi importante, il peut y avoir des différences d’interprétation. Mais de là à installer un discours de soupçon sur les finances municipales, ce n’est pas admissible. »
Des indicateurs « suivis par toutes les mairies de France »

Pour étayer sa défense, Jean Dionis s’appuie sur les indicateurs de pilotage classiques des collectivités. « Une ville, ça se pilote avec des chiffres clés reconnus partout en France », rappelle-t-il. Premier indicateur : l’épargne brute. « On commence à être sous surveillance quand on passe sous les 10 %. Nous terminons 2025 à 12,9 %, soit 6,6 millions d’euros d’épargne. » Deuxième indicateur : la capacité de désendettement. « L’État déclenche une alerte au-delà de douze ans. Nous sommes à 6,5 ans. » Un bilan que le maire revendique d’autant plus qu’il s’accompagne, selon lui, de deux engagements majeurs tenus : l’absence de hausse des impôts et un haut niveau d’investissement. « Cela fait dix-huit ans que nous n’avons pas augmenté le foncier bâti à Agen. »
Côté dette, la municipalité se situe légèrement au-dessus de la moyenne de la strate, « sans alerte ». « Nous sommes à 1 045 euros par habitant, contre 986 euros pour les villes de 30 000 à 40 000 habitants. » Autre élément mis en avant : la maîtrise des dépenses de fonctionnement. « L’an dernier, nous les avons fait reculer d’un million d’euros. C’est une première. »
Conséquences financières « dangereuses » //

Au-delà de la défense de son bilan, Jean Dionis attaque frontalement les propositions de ses concurrents Sébastien Delbosq et Laurent Bruneau. « Quand vous dites “je double la police municipale”, vous ajoutez deux millions d’euros de dépenses. Mécaniquement, vous passez de 6,5 millions d’épargne brute à 3 ou 4. »
Il s’en prend surtout à ce qu’il appelle « la logique de la gratuité généralisée ». Cantine à un euro pour tous, deux heures de stationnement gratuit, eau gratuite sur les premiers mètres cubes, fêtes d’Agen sans billetterie : « On a chiffré. C’est au bas mot trois millions d’euros par an de recettes supprimées et de dépenses ajoutées. Ça ne marche pas. Ça induit mécaniquement une hausse des impôts. » Une mécanique que Jean Dionis relie explicitement au mandat municipal 2001-2008 de Alain Veyret : « Je sème la gratuité, les Agenais récoltent les impôts. En 2003, c’était +27 %. Et pendant ce temps-là, l’investissement s’effondrait. » Face aux soupçons, le maire rappelle le cadre extrêmement normé des finances publiques. « Il n’y a pas de caisse à la mairie d’Agen. C’est l’État, à travers le Trésor public, qui paye. Tout est tracé, contrôlé, certifié. »
Les comptes financiers uniques de la Ville et de l’agglomération seront présentés les 23 et 26 février prochains. « Les chiffres seront posés. La séance sera contradictoire. Venez, en particulier Sébastien Delbosq, qui n’a pas mis le pied en conseil municipal depuis longtemps, vous aurez le pour, le contre. »





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