Jean-Louis Costes : le maire-bâtisseur reçu cinq sur cinq ? //

Cadre de carrière dans l’administration territoriale, Jean-Louis Costes s’est aussi beaucoup confronté au suffrage universel à différents échelons. Conseiller général et même un temps président du groupe d’opposition à Saint-Jacques, député de la troisième circonscription et bien évidemment maire de Fumel depuis 2001 après avoir été adjoint d’André Lautié. « Parmi tous, c’est vraiment ce mandat que je préfère », assure celui qui fut élu à ce poste à l’âge de 37 ans. Son registre de prédilection : le maire-bâtisseur. Les douze dernières années en sont une éclatante démonstration. Après l’avenue de l’Usine, c’est le quartier du Passage qui s’est offert une cure de jouvence. « On avait besoin de transformer l’image de Fumel, celle d’une ville industrielle du passé. Il y avait deux options : se lamenter ou aller de l’avant. On a fait notre choix », tranche Jean-Louis Costes. Et ce dernier n’a pas l’intention de lever le pied en termes de grands travaux. « Je suis persuadé que les aménagements façonnent l’attractivité d’une ville. L’avenue de l’Usine était en perdition il y a quinze ans. Le projet d’urbanisme a fait revivre cet axe, avec des commerces et des services qui s’y sont implantés, des habitants qui sont revenus », explique le premier édile qui a déjà coché ses prochaines cibles. Elles seront au nombre de trois pour le prochain mandat : Saulou, le vieux-bourg de Condat et le haut du centre-ville. « On est sur des périmètres moins importants que sur les précédents chantiers. On devrait donc pouvoir se permettre de mener les trois opérations sur ce mandat », avance-t-il. À chaque fois, les délais sont conséquents, mais c’est la méthode Costes. « J’aime faire les choses bien. Si la finalité est esthétique avec plus de végétalisation et de confort pour les usagers, il y a de nombreux autres paramètres à traiter : les réseaux, l’assainissement, l’éclairage… On travaille aussi de concert avec les riverains. Tout cela prend du temps à se mettre en place, il faut aussi trouver les financements. » Rompu à l’exercice, ce membre emblématique de la droite républicaine locale peut aussi s’appuyer sur des colistiers historiques « investis, qui connaissent le job et sont opérationnels tout de suite pour enclencher ces dossiers ».
« Une excellente situation financière »
Jean-Louis Costes tenait aussi à apporter du renouvellement. En cas de victoire, il prévoit d’installer comme adjointe une jeune femme spécialisée dans l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies. Sa mission sera notamment de repérer des entreprises naissantes pour favoriser leur implantation dans un environnement favorable et participer au dynamisme de la commune. « On doit penser à ces économies d’avenir. Le tourisme, même si on travaille activement dessus, n’est pas l’alpha et l’oméga. La saison est très courte, soumise à des aléas. Notre territoire doit bouger toute l’année », confirme le maire sortant. Au rayon technologique toujours, il compte mettre en place avec son équipe des dispositifs de vidéoprotection et plus particulièrement des « radars-plaques » pour pister les entrées et sorties des délinquants. « J’avais été le premier dans le département à parler de caméras. Le député Cahuzac m’avait incendié pour cela avant que toutes les mairies socialistes n’y viennent », ironise Jean-Louis Costes. Animations, culture, et santé (sujet co-porté avec l’intercommunalité) sont aussi au programme.
Pour mener une politique d’investissement toujours aussi ambitieuse, la majorité sortante s’appuie sur « une excellente situation financière » : « Je continue à gérer Fumel comme une entreprise, en maîtrisant la gestion. En plus de vingt ans, on a réduit l’endettement de 43% sans jamais toucher à la fiscalité. Et 2025 est une année record au niveau des excédents de fonctionnement dégagés. » De quoi maintenir la même trajectoire.
Céline Streiff : la proximité et l’écoute comme leitmotiv //

S’il arrive parfois que deux programmes concurrents partagent de nombreux points communs, ce n’est pas le cas à Fumel. Céline Streiff et son équipe « Fumel du futur » défendent une proposition radicalement différente à celle de Jean-Louis Costes. Élue depuis six ans dans l’opposition municipale, présente au conseil communautaire et indirectement dans la majorité départementale puisqu’elle est la suppléante de Sophie Gargowitsch, elle est désormais familière de ces différentes institutions qui régissent l’action publique locale. « J’ai pu voir le fonctionnement de la mairie de l’intérieur et je constate que de nombreux Fumélois ne sont pas entendus », décrit-elle comme point de départ de ce nouvel engagement, cette fois comme tête de liste. « L’Insee révèle une perte du nombre d’habitants. Ce sont des jeunes, des actifs, des professions libérales qui partent, accentuant le phénomène de paupérisation. On veut porter un programme pour faire revenir et rester toutes ces forces vives », poursuit la vétérinaire, désireuse de consacrer encore plus de temps à sa ville.
À la suite de nombreux échanges sur le terrain, le manque d’écoute lui apparaît comme le principal dysfonctionnement et justifie la mise en place d’une nouvelle méthode de gouvernance plus participative. La mise en place de conseils de quartier dotés d’un budget propre répond en partie à cette attente. « L’objectif est que les habitants puissent prendre en main leur cadre de vie, proposer des actions et en voir concrètement les résultats », souligne Céline Streiff. Son équipe a également consulté de nombreuses associations locales. « Elles demandent surtout un relais, de la visibilité et un dialogue régulier. Nous voulons organiser des rencontres annuelles avec les associations commerçantes, artisanales, sportives ou sociales pour travailler ensemble. »
L’ancienne gare convertie en lieu de vie
Cette recherche permanente de proximité a aussi vocation à créer de l’attractivité. C’est particulièrement prégnant au niveau de la politique familiale. Un « pass naissance » avec un chèque de 100€ par naissance, la rénovation énergétique approfondie des écoles ou encore la remise à niveau de certains équipements vieillissants comme les aires de jeux. « Il faut recréer des lieux de vie et des moments de rencontre », martèle la candidate qui affiche par ailleurs beaucoup d’ambitions pour l’ancienne gare, avec un projet de réhabilitation toujours dans cet esprit. « Un lieu de promenade le long du Lot, avec une guinguette festive, un spot d’observation des oiseaux, un atelier de réparation-location de vélo… On peut en faire un vrai lieu d’entrée sur la ville sans pour autant que la mairie soit seule à tout porter. Il y a les appels à projets ou les délégations de services publics », décrit-elle.
La santé constitue un autre axe fort avec des actions de prévention et la volonté d’attirer de nouveaux médecins. « Il faut aller les chercher et leur montrer que le territoire a un projet », estime la vétérinaire qui connaît, de par sa propre expérience, les aspirations d’un praticien libéral. Si elle prône un changement de cap, Céline Streiff assure qu’elle ne mettra pas la ville en danger au niveau financier. « L’idée est surtout de redonner du lien et une direction collective, travailler avec les Fumélois et pas sans eux. »







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