Contrairement à la ville-préfecture, le suspense n’était pas vraiment à son comble dimanche 22 mars. Le premier tour avait déjà donné le ton : un Guillaume Lepers hégémonique, loin devant la concurrence. La seule question le concernant : avec ou sans majorité absolue ? La réponse est finalement oui. Le député a séduit 500 électeurs supplémentaires en l’espace d’une semaine pour atteindre cette barre symbolique. Après un scrutin 2020 marqué par le Covid et l’abstention ou encore des législatives 2024 remportées avec l’aide du « front républicain », Guillaume Lepers tient enfin le succès que ses détracteurs ne viendront pas minimiser.
C’est en réalité derrière lui que se jouait la plus grosse bataille. Elle aussi était très symbolique puisqu’il s’agissait de départager l’union des gauches, incarnée par Thomas Bouyssonnie, et l’union des droites patriotes, menée par Geoffroy Gary. C’est ce dernier qui, comme au premier tour, rafle la place de dauphin et donc le statut de première force d’opposition. Statut théorique puisque les deux groupes occuperont le même nombre de sièges dans l’hémicycle municipal, à savoir quatre chacun.
Quidam l’Actu : Vous franchissez le seuil des 50%. Était-ce vraiment important ?
Guillaume Lepers : Je vais être très honnête, oui ! 44%, c’était déjà un très beau score, assez étonnant pour un premier tour avec autant de listes. Passer les 50%, c’est une barre importante. Cela signifie que l’on pèse à nous seuls plus que la gauche et le RN réunis. Symboliquement, c’est fort. C’est important aussi parce qu’on n’élit pas seulement un maire mais une liste. Je suis convaincu d’avoir la meilleure équipe alors plus on peut faire passer de talents, mieux c’est pour le conseil municipal !
Quidam l’Actu : On retrouve une quinzaine de cadres de l’ancienne majorité parmi les 27 élus, notamment dans les premières places…
Guillaume Lepers : Et des nouveaux ! Il ne faut pas les oublier. C’était primordial d’arriver à allier la stabilité d’une équipe qui a bien bossé, qui est en place, qui connaît les dossiers, avec la fraîcheur des nouveaux élus qui boostent tout le groupe. Je suis vraiment très heureux de la composition. Le plus facile est fait, j’ai envie de dire. Maintenant, au boulot !
Quidam l’Actu : Quel regard portez-vous sur l’opposition, notamment la première force, et comment envisagez-vous les prochaines séances du conseil ?
Guillaume Lepers : J’ai toujours essayé de travailler dans une ambiance cordiale, constructive. Je pense que c’est ce qu’on a réussi à faire lors du dernier mandat. J’espère qu’on va continuer dans ce sens. Je ne suis pas une personne sectaire, une opposition nous fait avancer et je la respecte. Je considère que de bonnes idées peuvent émerger de tous les camps. Donc je vais continuer à écouter même s’il y a de nouveaux visages qui ont montré quelques signes d’énervement pendant cette campagne…
Quidam l’Actu : Quelle est votre perception du paysage politique à une échelle plus large, c’est-à-dire dans le périmètre de l’Agglo ainsi qu’à Agen, avec laquelle Villeneuve avait retissé des liens récemment ?
Guillaume Lepers : Chaque élection est synonyme d’une nouvelle étape qui s’engage pour la CAGV avec d’anciens membres reconduits et de nouveaux élus. On prendra le temps de discuter avec chaque maire pour construire l’agglomération de demain autour d’une vision partagée. Quant à Agen, je suis assez surpris du résultat. Ce qu’il m’importe aujourd’hui, c’est que l’on arrive à passer au-delà des couleurs politiques pour essayer d’avancer ensemble au niveau du Lot-et-Garonne. Avec ces quelques années de recul à l’Assemblée nationale, je vois combien c’est important pour un territoire, notamment rural, de se serrer les coudes pour faire avancer les projets et peser. C’est ce qu’on a réussi avec la ville d’Agen en créant une dynamique ces dernières années. Maintenant, j’espère qu’on ne va pas retourner dans une opposition entre ces deux villes parce que ce ne serait bon ni pour Agen, ni pour Villeneuve, ni pour le Lot-et-Garonne. Je n’ai pas rencontré Monsieur Bruneau mais j’espère qu’on aura cette intelligence de pouvoir continuer à travailler conjointement sur des projets structurants qui dépassent un mandat ou une étiquette.







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