Pro D2 : Le SUA LG n’a pas dit son dernier mot

Décroché dans la course au top 6, Agen entame un nouveau chapitre de sa fin de saison avec l'objectif affiché de performer jusqu’au bout et valider les progrès du groupe.

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La Rétrospective //

Le SU Agen est sans aucun doute tombé sur plus fort, mais il a surtout peut-être laissé filer ses derniers espoirs. Battus lourdement à Armandie par le RC Vannes (22-49), les Agenais ont mesuré la marche qui les séparait du très haut niveau de cette Pro D2. Un écart autant visible au tableau d’affichage que dans le contenu. Car si le score est sévère, il reflète assez fidèlement la physionomie d’une rencontre où le leader vannetais a imposé sa loi. Dès les premières minutes, le ton était donné. Plus puissants dans les collisions, plus précis dans les zones de marque, les Bretons ont rapidement pris le contrôle, profitant des largesses défensives agenaises pour frapper à plusieurs reprises. Le SUA, lui, a eu des situations. Mais entre maladresses, décisions précipitées et manque de justesse dans les moments clés, il n’a jamais su capitaliser. À la pause, malgré un essai de pénalité venu entretenir l’espoir (10-21), le sentiment d’un écart réel persistait déjà. Le scénario de la seconde période n’a fait que confirmer cette impression. Revenu un temps à hauteur dans l’intensité, profitant notamment d’une supériorité numérique pour relancer le suspense, Agen a ensuite craqué. Une interception fatale, symbole d’une prise de risque mal maîtrisée, a définitivement fait basculer la rencontre. Derrière, Vannes a déroulé, avec la maîtrise et le réalisme d’un leader sûr de sa force. Au-delà du score, c’est surtout la perméabilité défensive et le manque de constance qui interrogent. Incapables de contenir les vagues adverses sur la durée, les Agenais ont trop souvent subi, concédant sept essais dans une soirée à sens unique. Un revers lourd de conséquences, aussi, dans la course au top 6. Déjà fragilisé avant cette rencontre, le SUA voit cette fois ses ambitions sérieusement compromises. Il lui reste désormais à terminer la saison avec exigence, pour valider les progrès aperçus ces dernières semaines et ne pas laisser cette fin d’exercice s’éteindre sans réaction.

Le Flop // Coup dur derrière

La soirée a rapidement pris une mauvaise tournure pour le SU Agen. Au-delà du score, c’est aussi le scénario qui a pesé, avec la sortie prématurée de Louis Dupichot dès les premières minutes. Touché sur une action anodine, l’arrière agenais n’a pas été en mesure de poursuivre, contraignant le staff à revoir ses plans dans l’urgence. Au-delà de la rencontre, cette blessure pose aussi question pour la suite. Déjà soumis à quelques ajustements ces dernières semaines, le secteur des trois-quarts est de nouveau fragilisé. Le staff va devoir bricoler à l’arrière lors des prochaines rencontres, alors que Mathias Jean (fracture de la malléole) a terminé sa saison il y a déjà plusieurs semaines.

La Décla //

« Il y a d’abord un sentiment de fierté. Dans l’engagement, dans les intentions, dans ce qu’on a voulu proposer, on a répondu présent. Les joueurs sont allés au bout de ce qu’ils avaient à faire. Maintenant, face à une équipe comme Vannes, la moindre erreur se paie immédiatement. C’est là où on doit encore progresser. Contre beaucoup d’équipes, certaines fautes passent. Pas contre ce genre d’adversaire.

On a réussi à les mettre en difficulté par moments, mais dès qu’on s’est rapprochés, on encaisse un essai qui fait très mal. C’est toute la différence. Ils sont d’une efficacité redoutable. C’est une équipe extrêmement bien en place, une machine qui maîtrise parfaitement son rugby et qui est clairement taillée pour monter.

De notre côté, il n’y a pas de regret dans l’investissement. Les joueurs se sont envoyés, ils ont joué avec leurs armes et ils y ont cru jusqu’au bout. Forcément, il y a de la frustration, parce qu’ils ont le sentiment qu’il y avait quelque chose à faire par séquences. Mais aujourd’hui, on a encore trop d’axes de progression pour rivaliser sur la durée avec ce niveau-là.

Il reste cinq matchs, on va les jouer à fond. On ne veut pas finir avec des regrets. Le top 6 s’éloigne, c’est une réalité, mais on va continuer à avancer, à travailler et à tout donner jusqu’au bout. »
— Mauricio Reggiardo (manager du SU Agen)

La Projection //

Le SU Agen aborde un nouveau virage de sa fin de saison. Après les désillusions face à Béziers puis contre le leader vannetais, les Agenais se déplacent ce vendredi (19 heures) à Aurillac avec un contexte profondément différent : celui d’une équipe désormais quelque peu décrochée dans la course au top 6, mais loin d’avoir renoncé à ses ambitions de performance. Car mathématiquement, tout n’est pas encore terminé. Mais avec un retard de dix points sur les places qualificatives, le SUA n’a plus vraiment son destin entre les mains. « Ce sera fini uniquement quand ce ne sera plus possible mathématiquement », glisse Mauricio Reggiardo, fidèle à une forme d’optimisme mesuré. En attendant, le discours reste inchangé : jouer à fond, sans calcul, et aller chercher des certitudes dans le contenu. Ce déplacement dans le Cantal s’annonce d’ailleurs charnière. Face à un concurrent direct au classement, à seulement cinq longueurs, les Agenais auront autant à perdre qu’à gagner. Une victoire permettrait de maintenir Aurillac à distance et de relancer une dynamique après deux revers consécutifs. « On va là-bas pour être performants et faire un gros match », insistait le manager agenais, bien conscient de l’enjeu immédiat. Problème, le stade Jean-Alric n’est pas un lieu propice aux victoires agenaises ces dernières années. Dans ce contexte, le défi sera autant mental que sportif. Touché mais pas abattu, le groupe agenais a affiché la volonté de terminer cette saison avec exigence et cohérence. Malgré la lourdeur du score face à Vannes, l’état d’esprit n’a pas été remis en cause. À Aurillac, le SUA devra ainsi retrouver de la maîtrise, faire preuve de précision dans les zones de vérité et s’appuyer sur ce qui a fait sa force ces dernières semaines. Dans une fin de saison où les objectifs évoluent, l’essentiel est ailleurs : « On veut bien finir l’histoire de ce groupe. » Une ligne directrice simple, mais claire, à cinq journées du terme.

Carnet noir //

Le SU Agen est en deuil. Figure majeure de son histoire, Francesco Zani, dit « Franco », s’est éteint dimanche à l’âge de 87 ans, laissant derrière lui l’image d’un joueur d’exception et d’un homme unanimement respecté.

Arrivé en Lot-et-Garonne au début des années 1960, cet international italien (11 sélections) s’était rapidement imposé comme une pièce maîtresse du pack agenais. D’abord deuxième ligne, puis repositionné avec réussite en troisième ligne centre, il a traversé les époques avec une régularité impressionnante. Son palmarès témoigne de son importance : trois titres de champion de France (1962, 1965, 1966) et un rôle central dans l’une des générations les plus brillantes du club. Mais au-delà des trophées, Franco Zani incarnait une certaine idée du rugby. Puissant dans l’impact, rigoureux dans le travail, il se distinguait aussi par son comportement irréprochable sur les terrains. Un joueur respecté de tous, adversaires comme partenaires, qui n’a jamais dévié de cette ligne de conduite. À Agen, il formait notamment, avec Michel Sitjar et Louis Echavé, une troisième ligne restée dans les mémoires. Précurseur également, il fait partie des premiers joueurs étrangers à s’imposer durablement dans le championnat français, avant de devenir, au fil des années, un Agenais d’adoption profondément attaché à son club. Après sa carrière, il n’avait jamais vraiment quitté le SUA, s’investissant auprès des plus jeunes pour transmettre les valeurs qui avaient façonné son parcours.

Tous ceux qui l’ont côtoyé évoquent aujourd’hui un homme droit, discret, mais d’une grande humanité. Une figure qui dépassait largement le cadre du rugby et qui a marqué durablement le territoire agenais.

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