Économie : tout savoir sur Vallée du Lot & Garonne, la nouvelle grande marque touristique

Après la fusion administrative des trois offices de tourisme reliant Fumel, Villeneuve et Castelmoron, il est maintenant l'heure de passer à la phase opérationnelle.

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La genèse //

Plusieurs élus ont milité depuis des années pour un rapprochement sur le volet touristique dans ce quart nord-est du département, parmi lesquels Gérard Stuyk et Didier Caminade. Le chaînon manquant ? Le bassin villeneuvois. Avec l’arrivée aux manettes de Guillaume Lepers (puis de Gérard Régnier), tout s’est accéléré, avec l’aide des services. Une première réunion officielle a eu lieu en mars 2023, posant la première pierre de ce vaste chantier administratif. Après plusieurs coopérations, à l’image d’une vidéo promotionnelle pour le Tour de France ou du Trail des Plus beaux villages de France, la démarche s’est peu à peu formalisée pour aboutir en janvier 2026. Les trois acteurs publics que sont le Grand Villeneuvois (CAGV), Fumel-Vallée du Lot (FVL) et Lot-et-Tolzac (LT) sont donc désormais partenaires.

Les objectifs et enjeux //

Instaurer une « politique touristique très agressive » pour faire de la Vallée du Lot en Lot-et-Garonne « une destination incontournable » autour d’une « offre riche et cohérente ». Voilà la mission que se donnent les responsables politiques locaux avec ce projet « ambitieux et innovant », relativement rare en France. Plusieurs objectifs sont clairement énoncés : renforcer la proximité avec les professionnels du tourisme, créer de nouvelles opportunités de développement et de commercialisation, accroître la notoriété de la marque. La promotion se veut à la fois endogène et exogène. De cette façon, les habitants et les touristes déjà sur place s’approprieront encore un peu mieux les atouts du territoire, tandis que le nouvel office sortira des frontières du Lot-et-Garonne pour aller à la conquête de nouveaux visiteurs.

Les outils //

Pour rendre cette dynamique concrète, il fallait tout d’abord une marque commune. Celle-ci prend l’appellation de « Vallée du Lot & Garonne ». Sur le logo, la Garonne, certes bien présente, reste très discrète. Elle était cependant indispensable pour éviter toute confusion avec le département voisin. Qui dit nouveau nom dit nouvelle identité visuelle. L’activité sur les réseaux sociaux se concentre désormais sur un seul et même compte pour chaque plateforme. Idem pour le site internet vitrine, l’agenda des animations, les guides thématiques (randonnées, visites…) et le magazine touristique papier. Parce que les passages du public dans les offices se raréfient, les équipes se rendront de plus en plus « hors les murs » avec un kit pensé pour cette promotion itinérante.

La gouvernance //

Cette nouvelle entité est, d’un point de vue juridique, un EPIC (Établissement public industriel et commercial). Sa gouvernance sera composée d’élus. Afin d’éviter que les responsabilités soient concentrées en Grand Villeneuvois, à la fois central géographiquement et plus puissant économiquement comme démographiquement, la présidence échoit ainsi à un représentant du Fumélois. Il s’agit de Didier Caminade pour encore quelques jours. Prenant sa retraite politique, il devrait voir lui succéder Jean-Jacques Brouillet, grand favori pour la présidence de Fumel-Vallée du Lot. Voir le grand patron de l’intercommunalité occuper ce poste montre l’importance stratégique du tourisme dans la politique locale.

La direction est quant à elle confiée à Alicia Ho, qui officiait jusqu’alors à l’OTVVL. Elle sera notamment épaulée par d’autres directeurs de services, comme Marine Bédril et Christophe Martin sur les plans administratifs, financiers, RH, développement de projets et partenariats. L’équipe de ce nouvel office recense 17 agents, répartis sur les sites historiques ainsi que les points d’information touristiques.

Les sites remarquables //

Les atouts de cette offre groupée ne manquent pas. Le périmètre élargi de 61 communes peut s’appuyer sur trois Plus beaux villages de France : Pujols, Penne-d’Agenais et Tournon-d’Agenais. Plus largement, on parle de cinq bastides, dont une que Guillaume Lepers n’hésite pas à qualifier de « plus belle bastide fluviale du Sud-Ouest » dès qu’il en a l’occasion. Le patrimoine médiéval ne manque pas avec le château de Bonaguil en figure de proue, ainsi que celui de Gavaudun ou encore le prieuré de Monsempron. Le sous-sol n’est pas en reste avec les grottes millénaires de Fontirou et Lastournelle. À cela s’ajoutent le Jardin des nénuphars Latour-Marliac et son cabinet de curiosités au Temple-sur-Lot, le domaine de Senelles à Bias, la source miraculeuse de Saint-Germain à Laroque-Timbaut, la cascade de Casseneuil, la Machine de Watt unique en France, la tour de Paris rouverte aux visiteurs… Les spots spectaculaires ne manquent pas. Il ne faut pas non plus oublier le parc animalier (et de loisirs avec de nombreux jeux) Z’animoland à Monbalen qui fait partie, avec Bonaguil, des sites lot-et-garonnais les plus visités. Même chose pour l’accrobranche de Parc-en-Ciel du côté de Lacapelle-Biron. Les musées (préhistoire, Gajac, pruneau et foie-gras). Ce territoire est maillé par 93 circuits de randonnée, 70 km de véloroutes et voies vertes ainsi qu’une douzaine de parcours Terra Aventura. Tout ceci en fait « une destination puissante et attrayante pour les touristes comme les locaux ».

Et après ? //

« D’autres viendront nous rejoindre », assure Line Lalaurie. L’ex-maire de Castelmoron et présidente de la com-com de Lot-et-Tolzac, qui a fait partie des élus les plus motivés dans le processus, en est convaincue. Les regards se portent en premier vers les Bastides en Haut-Agenais Périgord (4-Cantons). « Ils ont été invités aux premières réunions. C’était peut-être un peu trop tôt. Et puis ils ont préféré se tourner vers la Dordogne, qui ne leur renverra probablement pas l’ascenseur, même si ce choix leur appartient. C’est un peu dommage », regrette Didier Caminade, sans désespérer pour autant. Le Confluent peut également être ciblé.

Un autre levier de développement est envisagé : la transformation en SPL (société publique locale). Ce statut permettrait par exemple de pouvoir exploiter des sites ou des évènements.

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