Agglo d’Agen : Olivier Grima l’emporte et rebat les cartes politiques

Au terme d’un vote disputé, Olivier Grima a été élu président de l’Agglomération agenaise ce jeudi soir. Une issue qui rebat les équilibres politiques locaux au sein d’une intercommunalité plus que jamais fragmentée.

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Il y a bien longtemps que l’Agglomération d’Agen n’avait pas vécu une telle situation. Celui qui, il y a encore quelques semaines, ne voyait en Jean Dionis du Séjour que l’unique recours pour présider la collectivité en a finalement pris lui-même la tête ce 9 avril. Le verdict est tombé en fin de journée, dans une atmosphère chargée d’attente. Après plusieurs jours de tractations et d’incertitudes, les conseillers communautaires ont tranché : Olivier Grima prend la tête de l’Agglomération d’Agen, au terme d’un scrutin disputé.

Avec 43 voix, il devance le maire d’Agen, Laurent Bruneau, qui en recueille 37, tandis que Michaël Fargue complète ce premier tour avec 4 suffrages. Une courte avance, mais suffisante pour installer l’ancien maire de Castelculier à la présidence d’un territoire de plus de 100 000 habitants, qui regroupe 44 communes. Dans les rangs des élus, chacun savait que l’issue se jouerait à peu de choses. Les équilibres politiques, les sensibilités locales et les intérêts communaux ont pesé dans une élection où chaque voix comptait.

« Vous êtes libres de votre choix »

Premier à s’exprimer en amont du vote, Olivier Grima a choisi d’élargir le cadre du débat, refusant de réduire l’échéance à un simple affrontement politique. « Le moment dépasse la seule élection d’un président », a-t-il affirmé, appelant les élus à s’émanciper des logiques d’appareil : « Vous êtes libres de voter selon vos convictions. » Fort de son expérience au sein de l’exécutif sortant, il a défendu une ligne de continuité, assumant les grands projets structurants du territoire, tout en réfutant certaines critiques formulées durant la campagne. Notamment sur la question sensible de l’organisation administrative entre l’Agglo et la mairie d’Agen : « On a parlé de fusion, mais ce sont bien deux entités distinctes », a-t-il insisté, cherchant à désamorcer les inquiétudes.

Face à lui, Laurent Bruneau a tenté jusqu’au bout de convaincre en jouant la carte du rassemblement. Le maire d’Agen a plaidé pour une intercommunalité « sans esprit de camp », recentrée sur « l’intérêt du territoire ». Mais son intervention a surtout été marquée par une nouvelle mise en garde sur les conséquences d’une dissociation entre la ville-centre et l’Agglo, lui qui craignait une mise « sous tutelle » de son administration en cas de victoire du camp Grima. S’appuyant sur des analyses juridiques et financières, il a alerté sur un scénario de démutualisation qu’il juge « complexe, long et coûteux », laissant planer le spectre d’une « défusion inévitable ».

Dans ce duel annoncé, la candidature de Michaël Fargue a apporté une tonalité différente. Sans prétendre jouer les arbitres, l’élu a tenu à rappeler les enjeux de fond : « L’objet n’est pas de faire un coup politique ou d’avantager un candidat. » S’il « saluait le travail de l’ancienne gouvernance », l’élu agenais voulait mettre en avant « des sujets trop peu abordés », comme la dette de l’intercommunalité. Il espérait ainsi créer un élan de soutien autour de sa candidature.

Un nouvel équilibre à construire

Les communes membres de l’Agglomération d’Agen selon leurs statuts au sein de la communauté.

Avec cette élection, une page se tourne. Après des années marquées par une forme d’évidence entre la ville-centre et l’intercommunalité, le territoire entre dans une configuration inédite. Laurent Bruneau, désormais 4e vice-président, devra composer avec un exécutif qu’il ne dirige pas. Olivier Grima, lui, hérite d’une collectivité stratégique, mais traversée par des lignes de fracture qu’il lui faudra rapidement apaiser. Reste aussi à voir comment évoluera la situation vis-à-vis de la fameuse fusion/défusion dont il a été longuement question ces dernières semaines.

Les vice-présidents //

1er vice-président : Gilles Frémy (Le Passage d’Agen, en charge de l’enseignement supérieur, numérique et intelligence artificielle) ; 2e vice-président : Jean-Marc Gilly (Estillac, en charge de la voirie, des pistes cyclables, de l’aménagement du territoire et de l’éclairage public.) ; 3e vice-présidente : Cécile Genovesio (Saint-Caprais-de-Lerm, en charge de l’assainissement, eau potable et eau pluviale) ; 4e vice-président : Laurent Bruneau (Agen, en charge de la cohésion sociale et de la politique de la Ville) ; 5e vice-présidente : Nadine Labourderie (Sauvagnas, en charge du tourisme) ; 6e vice-président : Bruno Dubos (Foulayronnes, en charge de l’habitat et du logement) ; 7e vice-président : Philippe Maurin (Saint-Hilaire-de-Lusignan, en charge de la Gemapi et du patrimoine communautaire) ; 8e vice-président : Paul Bonnet (Astaffort, en charge du Plui et de l’administration) ; 9e vice-présidente : Dominique Milani (Sainte-Colombe-en-Bruilhois, en charge de la petite enfance et de la vie étudiante) ; 10e vice-président : Patrick Roux (Beauville, en charge de l’agriculture de l’alimentation et de la ruralité) ; 11e vice-président : Thierry Valette (Saint-Martin-de-Beauville, en charge des énergies renouvelables) ; 12e vice-président : Philippe Sofys (Saint-Pierre-de-Clairac, en charge de la mobilité) ; 13e vice-présidente : Anne-Marie Massardi (Fals, en charge de la santé) ; 14e vice-président : Jean-Jacques Aurensan (Layrac, en charge des finances) ; 15e vice-présidente : Séverine Courdert (Laplume, en charge de l’emploi)

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