Sécurité routière : la patience du préfet atteint ses limites

La récente série noire relance le débat sur les comportements à risque. Le préfet Bruno André annonce un durcissement progressif des contrôles.

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Le drame s’est répété une fois de trop. Trois motards ont perdu la vie le week-end du 4 et 5 avril sur les routes du département, ravivant une inquiétude déjà bien installée. Face à cette succession d’accidents, le préfet Bruno André, à l’occasion d’un rendez-vous face à la presse la semaine dernière, ne cachait plus son désarroi : « C’est sans fin. Tant qu’il n’y aura pas une prise de conscience du danger, on n’y arrivera pas. » Un constat amer, partagé par nombre d’acteurs de terrain, alors que les chiffres restent orientés à la hausse depuis le début de l’année.

La stratégie de l’État est désormais clairement affichée. « Nous allons intensifier les contrôles, intensifier la répression, pour être très clair », annonce le préfet. Jusqu’ici, les autorités avaient privilégié une approche progressive. « On a été très sympas », reconnaît-il, alors qu’il évoque une politique mêlant prévention et sanctions ciblées. « On n’a pas tapé au premier coup. Ceux qui ont été suspendus étaient soit dans des comportements très dangereux, soit en récidive. » Mais la donne pourrait changer. « Si c’est le seul moyen, on le fera. On n’aura pas d’état d’âme », insiste-t-il, rappelant que « des vies sont en jeu ».

Un « comportement social »

Pour Bruno André, le problème dépasse largement la seule question des infrastructures. « Ce n’est pas le réseau routier. On l’a longtemps accusé, mais ce n’est pas le sujet », tranche-t-il. Le cœur du problème serait ailleurs : dans les habitudes des conducteurs. « C’est un comportement social », analyse-t-il, pointant des pratiques ancrées malgré les campagnes de sensibilisation. Il évoque notamment ces conducteurs qui promettent de changer après une infraction… avant de récidiver. « Ils jurent : “Plus jamais je ne conduirai avec mon téléphone”. Mais en réalité, ils se sont déjà fait attraper plusieurs fois. » Même constat du côté des excès de vitesse, parfois extrêmes, qui continuent d’être relevés par les forces de l’ordre. Autant de comportements qui, mis bout à bout, alimentent une insécurité routière persistante.

« Derrière chaque accident, un drame »

Au-delà des chiffres (67 accidents, 86 blessés et 8 morts depuis le début de l’année), le préfet insiste sur la dimension humaine de ces drames. « Derrière chaque accident, il y a une victime, mais aussi des familles », rappelle-t-il. « Vous pouvez être tranquille dans votre voiture ou à moto, et vous faire percuter par quelqu’un qui fait n’importe quoi. Vous n’avez rien demandé à personne. » Un argument qui vise à provoquer un électrochoc, alors que les autorités reconnaissent elles-mêmes les limites de l’action publique. « La répression ne suffira jamais ». Pour l’heure, aucun nouveau dispositif spécifique n’est annoncé, si ce n’est la montée en pression, graduellement. « On va être progressifs, ça fait partie de la pédagogie ». Un équilibre délicat à trouver entre prévention et sanction pour les autorités…

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