La Rétrospective //
Le SU Agen a fait le travail, sans forcément convaincre sur toute la ligne, mais avec le résultat au bout tout de même. Face à un Biarritz en difficulté au classement (14e) comme sur le terrain, mais accrocheur, les Agenais ont assuré l’essentiel à Armandie en s’imposant avec le bonus offensif (26-7), leur huitième de la saison. Un succès précieux qui leur permet de rester pleinement en vie dans la course au top 6, au moment d’aborder le sprint final. Tout avait pourtant idéalement commencé. Tranchants et efficaces sur leurs premières incursions, les Agenais ont rapidement pris les devants, en s’appuyant sur une entame clinique et une conquête performante. En moins d’une demi-heure, le bonus offensif était déjà en poche (21-0). Dans le sillage d’un Lucas Martins encore décisif, le SUA a su concrétiser ses temps forts, là où son adversaire peinait à exister. Mais, comme souvent cette saison, le match n’a pas été linéaire. L’essai biarrot juste avant la pause est venu rappeler les Agenais à leurs approximations. Moins précis, moins tranchants, ils ont ensuite subi pendant une grande partie de la seconde période. Dominés dans la possession, parfois bousculés dans les zones de combat, les hommes de Mauricio Reggiardo ont dû faire le dos rond, s’appuyant sur une défense solidaire pour préserver leur avance. Dans une rencontre hachée et longtemps indécise dans son scénario, le SUA a fini par forcer la décision sur un éclair individuel. À nouveau, leur ailier portugais a fait basculer le match pour offrir au Sporting un bonus offensif longtemps incertain. Sans être flamboyant, Agen a donc validé l’essentiel avec les cinq points acquis. Avec dix points pris sur les deux dernières journées, le SUA a su rebondir après ses deux lourds revers précédents. Surtout, il s’est offert le droit de croire encore à une qualification qui se jouera très certainement en partie cette semaine…
Le Top // Martins, facteur X jusqu’au bout
Dans un match longtemps fermé et indécis, il a encore fait la différence au moment où tout pouvait basculer. Lucas Martins s’est une nouvelle fois mué en détonateur du jeu agenais pour offrir, presque à lui seul, le bonus offensif au SUA sur une action dont il a le secret. À l’image de sa saison, l’ailier portugais a surgi quand son équipe en avait le plus besoin. Au-delà de cette action, c’est toute la dimension prise par l’ailier agenais qui interpelle. Encore une fois décisif, il confirme son statut de finisseur majeur du championnat, lui qui figure en tête du classement des meilleurs marqueurs d’essais (Ndlr, à égalité) avec 15 réalisations. Mais ce qui frappe surtout, c’est sa récente constance. Lors des sept dernières rencontres auxquelles il a pris part, Lucas Martins répond présent avec huit essais inscrits. Dans une fin de saison où chaque détail compte, le SUA sait désormais pouvoir s’appuyer sur un joueur capable de faire la différence à lui seul. Et qui sait, un joueur qui sera aussi en mesure de faire tomber le record agenais de Rupeni Caucaunibuca (17 essais, 2005/2006) ?
Le Chiffre // 631, le nombre de plaquages cassés cette saison par les joueurs du SUA LG (1er de Pro D2)
La Décla //
« La première chose qu’on retient, ce sont les cinq points, c’était l’objectif. Rester dans la course et se donner le droit de jouer quelque chose de fort à Oyonnax. Sur ça, le contrat est rempli. Après, dans le contenu, on ne peut pas se satisfaire de ce qu’on a produit. On a eu une bonne entame, une première période plutôt cohérente, où on a su concrétiser nos temps forts. Mais ensuite, on s’est un peu éteints. On a manqué d’énergie, de fraîcheur, de justesse aussi. Par moments, on a déjoué, on a mal utilisé les ballons. On a surtout passé beaucoup de temps à défendre, et ça finit par peser. C’est le genre de match qui peut arriver dans une saison. Tout n’a pas été maîtrisé, on n’a pas retrouvé tous nos standards, mais on a su aller chercher les cinq points, et c’est essentiel dans le contexte actuel. Maintenant, on sait très bien ce qui nous attend. À Oyonnax, ce sera un match qui se rapproche des phases finales. À nous d’élever notre niveau. Ce qui est sûr, c’est que ce groupe a un super état d’esprit. Les joueurs sont investis, ils vivent bien ensemble et ils ont envie d’aller au bout. C’est un vrai plaisir de travailler avec eux au quotidien. » – Guillaume Jan (entraîneur des trois-quarts du SU Agen)
La Projection //
Le SU Agen s’apprête à aborder ce qui ressemble, sans détour, à une « finale » pour le club dès la phase régulière. Ce vendredi (21 heures), le déplacement sur la pelouse de Charles-Mathon a tout d’un match à bascule dans la course au top 6. Avec cinq points de retard sur les Oyonnaxiens et une seule place qui les sépare à trois journées du terme, l’équation est simple : une victoire relancerait totalement les Agenais, une défaite refermerait presque définitivement la porte des phases finales. Dans ce contexte, le discours du staff reste limpide : jouer sans retenue, mais avec exigence. L’idée n’est pas de parler de revanche après la défaite de l’aller, mais bien de saisir une opportunité, celle de continuer à exister dans ce sprint final. Car au-delà du classement, c’est aussi une question de dynamique et de crédibilité. Le SUA a repris espoir avec ses deux succès bonifiés consécutifs, mais il sait que le défi sera d’un tout autre calibre dans l’Ain. « On ne va pas là-bas pour calculer. Il faudra être justes, constants, et surtout limiter au maximum les erreurs », insiste le manager Mauricio Reggiardo, conscient que ce type de rendez-vous ne pardonne pas. Face à eux, Oyonnax avancera avec une pression certaine, celle de sécuriser une place dans les six. Un paramètre que les Agenais entendent utiliser à leur avantage. Une approche qui colle à l’état d’esprit affiché ces dernières semaines par un groupe soudé et engagé. Reste désormais à traduire cela sur le terrain. Plus précis dans les zones de marque, plus constants sur 80 minutes, les Lot-et-Garonnais devront hausser une fois de plus leur niveau pour espérer s’imposer. Rappelons qu’il y a un an, les Suavistes s’étaient offert un exploit chez leur concurrent (30-34). Autrement, rares sont les succès agenais dans l’Ain. Le SUA n’a plus vraiment le choix : gagner pour continuer à y croire.







Laisser un commentaire