Dans le silence de l’église Saint-Barthélemy, à Laplume, le vieux tableau attendait depuis des années qu’on s’intéresse de nouveau à lui. Fragilisée par le temps, obscurcie par un vernis jauni, la toile du XVIIe siècle représentant La Mise au tombeau du Christ vient pourtant de connaître un spectaculaire retour en lumière. L’œuvre a remporté l’édition Nouvelle-Aquitaine du concours national « Le Plus Grand Musée de France », organisé par Allianz France et la Sauvegarde de l’Art français, décrochant au passage une dotation de 8 000 euros destinée à financer sa restauration. Un geste symbolique pour la commune, dont le patrimoine religieux reste souvent méconnu au-delà du territoire agenais. « Nous avons été surpris par l’ampleur de la mobilisation », a reconnu la maire Séverine Coudert lors de la remise du chèque. « Voir autant de personnes se rassembler autour d’une œuvre que beaucoup découvraient finalement pour la première fois a été extrêmement fort. »
Le résultat a effectivement dépassé toutes les attentes. Avec 3 421 voix recueillies sur les quelque 7 300 suffrages exprimés dans la région, le tableau de Laplume a largement dominé le vote du public. Une performance remarquable pour une commune de moins de 1 400 habitants. Cette mobilisation populaire a permis à l’œuvre lot-et-garonnaise de s’imposer face à d’autres candidats régionaux pourtant installés dans des territoires plus peuplés et plus touristiques. « Le tableau n’était pas forcément favori au départ », a rappelé la municipalité. « Mais la dynamique s’est créée très rapidement autour du projet. » À l’échelle nationale, l’édition 2025-2026 du concours a battu des records avec plus de 132 000 votes enregistrés, soit une hausse importante par rapport à l’année précédente. Chaque année, seize œuvres réparties dans toute la France bénéficient ainsi d’un soutien financier pour leur sauvegarde.
Une œuvre marquée par les siècles
Inscrit aux Monuments historiques depuis 1978, le tableau appartient à un ensemble de trois œuvres religieuses conservées par la commune. Inspirée des grands courants de la peinture sacrée du XVIIe siècle, la scène représente le Christ après sa descente de croix, entouré de la Vierge Marie, de saint Jean et de Marie-Madeleine. « La qualité de la composition et la puissance émotionnelle qui s’en dégage » ont fortement aidé à la reconnaissance de ce tableau. « Le jeu de lumière, les contrastes et le traitement des drapés participent à l’intensité dramatique de la scène. » Mais l’état de conservation de l’œuvre devenait préoccupant. Déformations de la toile, déchirures, traces d’humidité, altérations de la couche picturale… Le tableau nécessitait une intervention rapide pour éviter une dégradation irréversible. La restauration, estimée à environ 17 000 euros, sera confiée à la restauratrice Béatrice Byer-Bayle, installée à Colomiers. Cette première étape pourrait ensuite ouvrir la voie à la remise en état des deux autres tableaux composant le triptyque ; Car si on parle souvent des grands monuments, ce sont aussi ces œuvres discrètes, présentes dans les petites communes, qui racontent l’histoire de nos territoires.







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