TAG 2 : ce que l’Agglomération prépare pour l’après-Technopole

Alors que les terrains disponibles du Technopole Agen Garonne devraient être saturés d’ici 2028, l’Agglomération d’Agen lance la concertation publique sur le TAG 2. Derrière cette extension de 53 hectares se dessinent les grands équilibres économiques, environnementaux et urbains de la rive gauche pour les décennies à venir.

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Sur les cartes de la concertation publique, ce ne sont encore que des parcelles agricoles. Des champs bordés par l’autoroute, traversés par quelques fossés, ponctués de haies et de petits cours d’eau. Mais pour l’Agglomération d’Agen, ces 53 hectares situés entre Sainte-Colombe-en-Bruilhois, Roquefort et Brax représentent déjà bien davantage : celui d’un territoire qui cherche à préparer l’après-TAG 1, mais aussi l’après-LGV.

« L’objectif de l’Agglomération d’Agen est d’anticiper la saturation des terrains de TAG 1 en créant une nouvelle zone d’activités à proximité immédiate. » Lancé sous l’ancienne mandature de l’Agglomération, alors présidée par Jean Dionis, ce dossier est aujourd’hui poursuivi par son successeur, Olivier Grima. Ce dernier avait d’ailleurs promis de mener à son terme ce chantier d’envergure, auquel il avait déjà contribué lorsqu’il occupait les fonctions de vice-président chargé du développement économique.

Le constat est partagé dans l’ensemble des documents présentés au public : le Technopole Agen Garonne, créé en 2013 et développé depuis 2015 sur les communes de Sainte-Colombe-en-Bruilhois et Brax, approche progressivement de ses limites. « Sur les 90 hectares ouverts à l’urbanisation lors de la première phase, la grande majorité des terrains est déjà commercialisée ou réservée. » L’Agglomération recense aujourd’hui 22 entreprises implantées et près de 1 300 emplois créés. Surtout, « au rythme moyen de commercialisation observé ces dernières années (environ huit hectares par an), les réserves foncières actuellement disponibles devraient être consommées d’ici 2028 », note l’Agglomération.

Un vide de quatre ans à éviter

Car le problème n’est pas seulement que le TAG 1, tel que nous le connaissons aujourd’hui, se remplit. Le problème est qu’une partie des terrains destinés à son développement futur ne pourra pas être mobilisée avant plusieurs années. Les études rappellent que la seconde phase du Technopole est aujourd’hui occupée par la base travaux SNCF liée au chantier de la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest (LNSO). Ces terrains ne devraient être libérés qu’à l’horizon 2032. Entre la saturation prévue en 2028 et cette libération annoncée quatre ans plus tard, l’intercommunalité redoute une rupture dans sa capacité à accueillir de nouvelles entreprises. Pour inverser cette tendance, le TAG 2 est donc pensé comme une solution de continuité, avec pour objectif de permettre la commercialisation de nouveaux terrains dès 2028 afin d’éviter toute interruption dans le développement économique local.

Une zone d’activités au cœur du futur pôle LGV

Le projet ne sort pas de terre au hasard. Les cartes présentées dans la concertation montrent un secteur déjà profondément marqué par les grands projets d’infrastructures. À l’ouest du site se trouve le Technopole actuel. Au sud, l’autoroute A62. Plus au nord, les emprises réservées à la future LGV Bordeaux-Toulouse. À proximité immédiate, la future gare annoncée pour 2032. « L’ouverture de l’échangeur Agen-Ouest en novembre 2022 a considérablement renforcé l’accessibilité du secteur », est-il également souligné dans les documents. Le TAG 2 apparaîtrait ainsi comme l’une des pièces d’un ensemble beaucoup plus vaste. Le Schéma de cohérence territoriale du Pays de l’Agenais, approuvé en décembre 2025, identifie d’ailleurs explicitement la rive gauche comme un secteur stratégique de développement. La révision du document a permis d’intégrer ce « deuxième Technopole » au projet de territoire à l’horizon 2045.

Même logique du côté du futur Plan local d’urbanisme intercommunal. Celui-ci prévoit de faire évoluer une partie du secteur d’une zone agricole vers une zone à urbaniser à vocation économique, tout en maintenant certains espaces agricoles, notamment ceux liés aux compensations de l’échangeur autoroutier.

Cinquante-trois hectares encore en discussion

Planning prévisionnel et temps fort du Technopole Agen Garonne. ©Agglomération d’Agen

Si le principe du projet semble désormais acté, son périmètre définitif ne l’est pas encore. La concertation porte actuellement sur environ 53 hectares situés majoritairement sur Sainte-Colombe-en-Bruilhois et en limite des communes de Brax et Roquefort. L’Agglomération indique vouloir réaliser l’opération sous la forme d’une Zone d’aménagement concerté (ZAC), procédure qui doit permettre d’organiser progressivement l’aménagement du secteur, avec l’approbation du PLUi attendue à la fin de l’année 2026.

Les élus ont d’ailleurs approuvé lors du dernier conseil d’Agglomération la création d’une Zone d’aménagement différée (ZAD) sur le périmètre du futur TAG 2. « Un outil qui doit permettre à la collectivité de maîtriser le foncier, de limiter la spéculation autour du projet et de bénéficier d’un droit de préemption sur les terrains concernés afin de préparer l’extension du Technopole », confirmait Olivier Grima.

Dans les documents présentés au public, environ 30 hectares seraient destinés à accueillir directement des entreprises. Les activités ciblées restent dans la continuité du TAG actuel : agroalimentaire, industrie, logistique et économie verte. L’Agglomération évoque également « une certaine souplesse dans la taille des lots afin de répondre aux besoins de profils d’entreprises variés ».

Ce que l’Agglomération promet aux riverains //

La dimension humaine occupe une place importante dans les études préalables. Le dossier insiste notamment sur la préservation du hameau de « Fanguette », situé au sein du périmètre étudié. Les documents précisent que les futurs aménagements devront protéger le cadre de vie des habitants et éviter que les flux logistiques de poids lourds ne traversent directement le secteur résidentiel grâce à une hiérarchisation des voiries. Les études indiquent également que des négociations foncières ont été engagées avec les exploitants agricoles et que les acquisitions amiables sont privilégiées.

L’environnement, principal sujet de vigilance //

C’est probablement sur ce terrain que les débats seront les plus nourris. Les études écologiques montrent que le futur TAG 2 s’implantera principalement sur des espaces agricoles. Les inventaires réalisés identifient cependant plusieurs éléments naturels sensibles : fossés, zones humides, cours d’eau et ripisylves associés à la Bagneauque et à la Seynes. Les relevés réalisés par les bureaux d’études recensent 198 espèces végétales, dont 27 espèces hygrophiles, ainsi que deux espèces végétales protégées localisées dans la partie sud-est du site. Du côté de la faune, les experts mentionnent notamment la présence du Crapaud calamite et du Pélodyte ponctué, deux amphibiens considérés comme patrimoniaux à l’échelle nationale. Pour autant, la synthèse écologique conclut à des enjeux globalement « modérés », les habitats agricoles intensifs dominant largement le secteur. Les milieux aquatiques et humides apparaissent comme les espaces les plus sensibles à préserver.

Une concertation avant le passage à l’action //

La phase actuelle constitue une étape clé du projet. Ouverte du 1er juin au 28 août, la concertation publique doit permettre aux habitants, associations, agriculteurs et acteurs économiques de consulter les documents et de faire part de leurs observations. Selon le calendrier présenté par l’Agglomération, le bilan de cette concertation doit intervenir à la rentrée. Le dépôt du dossier de création de la future ZAC est envisagé à l’automne, avant un lancement opérationnel qui permettrait les premières commercialisations dès 2028. L’enjeu dépasse largement la création d’une nouvelle zone d’activités. Le TAG 2 doit répondre à une question centrale : comment continuer à attirer entreprises et emplois tout en composant avec les contraintes d’un territoire dont le visage est appelé à évoluer sous l’effet de la LGV ? C’est désormais aux habitants de dire, dans le cadre de la concertation, où placer le curseur.

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