Garorock : « Je suis un peu dépité », le trentième anniversaire du festival a viré au cauchemar

Canicule, orages et annulations successives… la 30e édition de Garorock s'est achevée sur un immense gâchis. Au-delà de la déception des festivaliers, le festival devra désormais faire face à plusieurs millions d'euros de pertes.

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Il devait être le point d’orgue de l’été lot-et-garonnais, celui d’un anniversaire célébrant trente années d’histoire. Il restera finalement comme l’une des éditions les plus éprouvantes qu’ait connues Garorock. En quatre jours, le festival marmandais n’aura réellement vibré qu’une seule journée, vendredi 26 juin, avant que les conditions météorologiques ne viennent balayer les espoirs de dizaines de milliers de festivaliers. Lorsque le rideau est définitivement tombé dimanche matin avec l’annonce de l’annulation de l’ultime journée, la plaine de la Filhole s’est progressivement vidée. Les scènes sont restées muettes tandis que les campeurs revenaient récupérer leurs effets personnels, abandonnés la veille lors de l’évacuation du site. Une image loin des fins de festival auxquelles Garorock avait habitué son public.

Une succession d’aléas

Les difficultés avaient pourtant commencé avant même les premiers concerts. Jeudi, la journée d’ouverture était annulée en raison de la vigilance rouge canicule et des risques d’orages. Vendredi, seul véritable temps fort de cette édition, les concerts ont finalement pu se tenir, malgré une organisation déjà fortement perturbée par les fortes chaleurs et de longues heures d’attente pour accéder au camping. Le lendemain, l’arrivée annoncée d’orages violents a conduit les autorités à ordonner l’évacuation du site. Plus de 22 000 campeurs ont dû quitter la Filhole dans l’urgence. Près de 2 700 d’entre eux ont été accueillis dans les différents espaces de repli aménagés par les collectivités, principalement à l’Espace Expo, tandis que d’autres ont trouvé refuge dans des gymnases ou ont passé la nuit dans leur véhicule.

L’espoir d’un retour sur le site s’est finalement envolé quelques heures plus tard avec l’annulation définitive du dimanche. Cette succession de décisions a laissé une partie des festivaliers dans l’incompréhension. Beaucoup reconnaissent que la sécurité devait primer, mais regrettent le manque de visibilité sur l’évolution de la situation. Le préfet de Lot-et-Garonne, Bruno André, assume pour sa part les décisions prises. « Certains pourraient dire que nous aurions pu maintenir, mais c’est toujours facile de le dire après coup. Il fallait assurer la sécurité de cette fête. C’est cela qui a guidé notre action », explique-t-il, estimant avoir agi « sans excès de prudence ».

« On avait rêvé d’une meilleure édition »

Pour Ludovic Larbodie, fondateur historique du festival, l’émotion a pris le dessus au moment de dresser le bilan de cette édition si particulière. « On est un peu dégoûtés parce que ce n’est pas du tout ce qu’on s’attendait pour la trentième. Franchement, on avait rêvé d’une meilleure édition. On préparait ça depuis des années en se disant : la trentième, ça va être génial. On était partis pour une année record, personne n’imaginait vivre un week-end comme ça », confie-t-il dans un message vidéo adressé aux festivaliers.

Le directeur ne cache pas son amertume après des semaines de préparation. « On a passé trois semaines à monter le site par 45 degrés. Arriver où on en est aujourd’hui, c’est vraiment amer. Passer trente ans pour arriver à faire une édition anniversaire aussi pitoyable… » Derrière cette déception se cache aussi une réalité économique lourde. Les organisateurs estiment les pertes à plusieurs millions d’euros, tandis que les restaurateurs et exposants repartent eux aussi avec un bilan catastrophique. Au moment de conclure son message, Ludovic Larbodie « Nos équipes sont épuisées, mais sachez qu’on va revenir plus forts. » Pour rappel, les organisateurs avaient annoncé, avant même le lancement de cette édition 2026, la venue du DJ international David Guetta en 2027. De quoi permettre à Garorock de reconquérir le cœur des festivaliers après avoir traversé l’un des plus grands revers de son histoire ?

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