Une place à arcades, quelques ruelles en damier et une halle ancienne pourraient suffire à résumer une bastide comme nous les connaissons si bien en 47. Mais pendant deux jours, ces villages vont montrer qu’ils sont bien plus que des décors patrimoniaux.
« Le principe de Bastides en Fête est justement de faire sortir les visiteurs de la simple contemplation. Chaque commune construit son propre programme et transforme ses rues, ses places et ses bâtiments en lieux d’animation, avec des propositions allant des visites guidées aux marchés de producteurs, en passant par les spectacles, randonnées, concerts ou reconstitutions historiques », résume en grand détail Valérie Tonin, présidente de Tourisme Lot-et-Garonne, l’intérêt réside aussi dans la collaboration qui permet aux deux départements de présenter un patrimoine qui, lui, ne s’arrête pas aux limites administratives.
Chaque village joue sa propre partition
Il n’y aura donc pas un seul Bastides en Fête, mais autant de versions que de communes participantes. C’est l’une des particularités de l’événement. Les villages restent maîtres de leur programmation. En Lot-et-Garonne, les animations joueront de ce fait sur cette diversité. « Cette liberté laissée aux communes est assumée. L’objectif n’est pas de reproduire partout la même recette, mais de faire ressortir ce qui constitue l’identité de chacune », complète la présidente. Il est donc fortement recommandé de jeter un oeil aux programmes détaillés de chaque village sur le site Bastide en Fête pour établir sa feuille de route.
D’ailleurs, l’un des moyens les plus efficaces pour attirer les familles sera une nouvelle fois Tèrra Aventura. Le jeu de géocaching proposera plusieurs parcours spécialement associés à Bastides en Fête , donnant aux participants une raison supplémentaire de quitter une commune pour aller en découvrir une autre.
Prolonger la saison touristique
Derrière l’aspect festif, Bastides en Fête répond aussi à un enjeu touristique. « On donne une nouvelle raison de venir dans ces territoires une fois la haute saison passée. Les touristes n’ont pas de frontières », défend Sylvie Chevallier, présidente de Dordogne Périgord Tourisme.
Le coup d’envoi officiel sera donné le samedi 24 octobre au matin à Puymirol. Avant même le début des festivités, le CAUE de Lot-et-Garonne ouvrira dès le vendredi 23 octobre à Caudecoste une exposition consacrée à l’évolution de ces villes nouvelles apparues au Moyen Âge.
Ensuite, chacun pourra composer son propre itinéraire. Une visite dans une bastide le matin, un marché ou une animation gastronomique à midi, une randonnée ou une chasse au trésor l’après-midi, puis pourquoi pas un spectacle ou un concert pour terminer la journée. C’est finalement là que se trouve l’originalité de Bastides en Fête : faire du patrimoine un point de départ plutôt qu’une simple destination.
Une histoire née il y a plus de 700 ans //
Avant de devenir un argument touristique, la bastide constituait une véritable innovation dans l’organisation des territoires. Ces villes nouvelles sont apparues dans le Sud-Ouest aux XIIIe et XIVe siècles, avec une ambition très concrète : attirer des habitants, structurer les échanges et créer de nouveaux pôles commerciaux.
Leur organisation urbaine reste encore particulièrement lisible aujourd’hui. La grande place centrale, les arcades, les rues qui se croisent selon un plan régulier et la répartition des parcelles témoignent d’une conception très organisée de la ville.
Mais derrière les pierres se cachait également une nouvelle manière de penser la vie collective, plus moderne pour l’époque. Le territoire formé aujourd’hui par le Lot-et-Garonne et la Dordogne concentre une remarquable partie de ce patrimoine. Plus d’une cinquantaine de bastides y sont recensées, même si toutes n’ont pas connu la même destinée. Certaines se sont développées, d’autres sont restées plus modestes, selon notamment leur emplacement et leur capacité à devenir des centres d’échanges.







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