« La justice voudrait en plus “éduquer” » : la Chambre d’agriculture s’insurge contre le nouveau stage environnemental mis en place par le tribunal d’Agen

Le tribunal judiciaire d’Agen vient de mettre en place un stage de citoyenneté consacré aux infractions environnementales. La Chambre d’agriculture de Lot-et-Garonne demande son retrait, dénonçant une mesure qu’elle considère comme une forme de « pédagogie » imposée aux agriculteurs.

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La décision passe mal auprès de la profession agricole. Alors que le tribunal judiciaire d’Agen vient de créer un stage de citoyenneté consacré aux infractions environnementales, la Chambre d’agriculture de Lot-et-Garonne monte au créneau. Dans un communiqué publié ce jeudi 8 octobre, sa présidente Karine Duc réclame « le retrait pur et simple de ce stage », estimant que la justice n’a pas à « éduquer » ceux qui travaillent la terre.

Le dispositif a été officiellement lancé mercredi 7 octobre, avec la signature d’une convention entre le tribunal judiciaire d’Agen et les différents partenaires chargés de sa mise en œuvre. Il pourra concerner les personnes condamnées pour des infractions portant atteinte à l’environnement, avec l’objectif de les sensibiliser aux conséquences de leurs actes et de prévenir leur répétition.

Une réponse pénale qui se veut aussi pédagogique

Ce nouveau dispositif pourra intervenir de deux manières. Dans certains dossiers, le stage pourra constituer une alternative aux poursuites, décidée par le parquet lorsque les faits ne justifient pas nécessairement un passage devant le tribunal. Il pourra également être prononcé directement par une juridiction comme peine complémentaire. Sa mise en œuvre associe plusieurs acteurs du territoire. Le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement Pays de Serres-Vallée du Lot (CPIE 47) doit structurer le stage, tandis que la SEPANLOG et l’antenne lot-et-garonnaise de l’Office français de la biodiversité (OFB) participeront à son contenu et à son animation. C’est précisément cette dimension pédagogique qui suscite l’hostilité de la Chambre d’agriculture.

« Il existerait donc la caste des sachants et les autres ? »

Dans son communiqué, Karine Duc dénonce une démarche qu’elle juge méprisante pour le monde agricole. « Quand la justice commence à faire de la “pédagogie” environnementale, le militantisme n’est plus très loin ! », estime la présidente de la Chambre d’agriculture, qui considère que l’arsenal juridique existant permet déjà de sanctionner les infractions. Elle s’interroge notamment sur la place accordée aux organismes environnementaux dans ce nouveau dispositif. « Il existerait donc la caste des sachants et les autres ? », écrit-elle, avant d’affirmer que les agriculteurs « ne s’abaisseront pas à cette nouvelle lubie ».

Karine Duc cite ainsi plusieurs sujets qui préoccupent directement le monde agricole : les conséquences des inondations, le manque de stockage de l’eau en période hivernale pour répondre aux besoins de l’été ou encore les incendies qu’elle relie notamment à l’enfrichement de certains territoires. « Nous souhaiterions par contre que la même énergie soit consacrée à poursuivre les responsables des manquements, des retards et du défaut d’anticipation des inondations », écrit-elle.

La Chambre d’agriculture 47 conclut donc sa prise de position par une demande sans ambiguïté : le retrait du nouveau stage de citoyenneté environnementale.

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