La réponse de l’État n’aura pas tardé. Lundi 12 octobre, la Coordination rurale (CR47) menait une action de protestation au rond-point de Camélat à Colayrac-Saint-Cirq puis devant la préfecture d’Agen, marquée par le dépôt symbolique de cuves de gazole non routier (GNR). Ce mouvement, sans heurts ni dégâts matériels comme les agriculteurs s’y étaient engagés auprès du maire Laurent Bruneau, visait à alerter une nouvelle fois sur les difficultés majeures de la profession. « 80 % des agriculteurs sont en difficulté. 20% pourraient cesser leur activité si nous n’agissons pas vite. Soit on s’en sort collectivement, soit tout le monde sera en difficulté », annonçaient-ils. Dès le lendemain, ce mardi 13 octobre, la préfecture a détaillé un volet supplémentaire du plan d’urgence gouvernemental.
L’effort financier se matérialise d’abord par une enveloppe de 4 millions d’euros allouée au Lot-et-Garonne dans le cadre du fonds de réarmement agricole. Ce montant, qui comprend un million supplémentaire issu de la réserve nationale, se traduira par des forfaits d’aide compris entre 3000 et 5000 euros par exploitation. En parallèle, un dispositif de prêts de trésorerie à taux zéro est mis en place. L’État prendra à sa charge les intérêts des prêts « sécheresse », jusqu’à 50 000 euros sur deux ans, ce qui représente une aide pouvant atteindre 2500 euros par ferme. Une attention particulière est portée aux jeunes agriculteurs installés depuis moins de cinq ans, avec la prise en charge des intérêts en cas de report d’échéance de prêt.
GNR, engrais et taxe foncière : des démarches facilitées
Au cœur des revendications portées lundi, la question du GNR trouve un écho. Les guichets d’aide pour les consommations d’avril, mai et juin vont rouvrir pour deux mois, offrant une séance de rattrapage aux retardataires. 2904 demandes GNR ont déjà été déposées pour un peu plus d’un demi-million d’euros versés. « Les nouvelles mesures annoncées par le Gouvernement doivent maintenant permettre d’apporter des réponses très concrètes : renforcer la trésorerie, accélérer les aides, rouvrir certains guichets et accompagner les filières qui restent en difficulté », souligne le préfet Bruno André, venu à la rencontre des manifestants la veille, directement dans la rue. Le dispositif GNR est par ailleurs prolongé jusqu’à la fin de l’année.
Des assouplissements concernent également l’achat d’engrais, avec la possibilité de déposer un bon de commande avant la facture acquittée pour accélérer le traitement des dossiers. Côté fiscalité, le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties s’élève à 11,3 millions d’euros pour le département, avec un report de la date limite de paiement au 15 novembre.
Enfin, face aux inquiétudes sur les pertes de rendements liées à la sécheresse, notamment pour les éleveurs, la préfecture annonce un suivi renforcé de l’assurance-récolte. Les données satellitaires seront confrontées aux observations de terrain lors de réunions prévues en octobre et novembre.
Notre priorité est claire : faire en sorte que ces mesures bénéficient concrètement aux agriculteurs lot-et-garonnais qui en ont le plus besoin.
Bruno André, préfet de Lot-et-Garonne.







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