Moins de déchets, plus d’erreurs : le paradoxe des poubelles lot-et-garonnaises

La production de déchets par habitant a baissé de 6,3% en 2025. Pourtant, la forte hausse des erreurs de tri coûte très cher aux contribuables du département.

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À l’heure où le traitement des ordures est un sujet particulièrement sensible, coincé entre la fermeture annoncée du centre d’enfouissement de Monflanquin et la fin de vie de l’incinérateur d’Agen, le dernier bilan du syndicat Valorizon apporte une lueur d’espoir. En 2025, un Lot-et-Garonnais a produit en moyenne 581 kg de déchets ménagers et assimilés, soit une baisse notable de 39 kg par rapport à l’année précédente.

Réunis à Clairac mardi 13 octobre, les acteurs du Programme local de prévention (PLPDMA) ont pu mesurer les effets concrets de la politique départementale. La poubelle noire s’allège drastiquement. Son volume a en effet fondu de 45% depuis 2010. Ce résultat découle directement des changements de pratiques, dopés par le déploiement des solutions de tri des biodéchets qui couvrent désormais 52% des ménages. La mise en place progressive de la tarification incitative joue également son rôle. Sur ce point, la Communauté de communes des Bastides en Haut-Agenais Périgord fait figure de bon élève. La première collectivité où cette facturation est déjà effective affiche aujourd’hui les meilleurs ratios de collecte du département ainsi que le meilleur taux d’équipement en composteurs. « Si les résultats témoignent d’une dynamique encourageante, des efforts restent nécessaires pour accélérer la prévention, améliorer le tri et développer l’économie circulaire », tempère toutefois Alain Lorenzelli, président de Valorizon.

800 000 €

C’est le surcoût facturé aux Lot-et-Garonnais en raison des 6000 tonnes d’erreurs de tri retrouvées chaque année dans les bacs jaunes.

Le lourd coût des refus de tri

Car si la quantité globale diminue, la qualité du geste, elle, se dégrade dangereusement. Les tonnages de recyclables secs collectés ont bondi de 32% en quinze ans. Mais cette apparente bonne volonté cache une réalité financière douloureuse. Le taux départemental de refus de tri, c’est-à-dire les objets jetés par erreur dans le bac jaune, a grimpé à 30,38% en 2025, pour atteindre 33,53% au premier semestre 2026. Concrètement, un déchet sur trois n’a rien à faire sur les chaînes du centre de tri de Damazan. Ces 6000 tonnes d’erreurs annuelles génèrent une facture colossale de 800 000 euros, directement répercutée sur les usagers.

Pour corriger le tir, Valorizon mise sur une communication décalée et positive. Fini les discours culpabilisateurs. Lheure est aux campagnes ludiques comme le programme Banana Craft, qui associe ressourceries et communes pour inventer des sports collectifs à partir d’objets réemployés. L’année 2027 servira de transition pour préparer le prochain programme de prévention départemental, avec pour défi majeur de pérenniser ces nouvelles habitudes et de faire du bon tri un automatisme sans faille.

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