Lot-et-Garonne : Adélie Payen, l’art et la passion des vitraux

Dans un atelier à Lamontjoie, Adélie Payen, 32 ans, exerce un art qu’on pourrait penser oublié : celui de vitrailliste. Restauration ou création, Adélie nous fait découvrir ce métier d’art ancestral.

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Verre soufflé, verre texturé, peinture sur verre, mise en plomb…Adélie Payen en maîtrise tous les secrets. Dans son petit atelier situé près de Lamontjoie, la jeune femme exerce un métier d’art que certains auraient pu penser oublié : le métier de vitrailliste. Un métier qui n’a pas beaucoup changé et qui, aujourd’hui, permet de préserver des trésors artistiques tout en perpétuant l’art du vitrail dans le pays qui a la plus grande surface de vitraux dans le monde avec 90 000 m2 de vitraux.  « J’y suis tombée à la fois par hasard et peut-être inconsciemment », raconte Adélie qui est désormais installée à son compte depuis deux ans. « J’ai toujours aimé l’art, j’ai passé un bac art appliqué et j’ai eu l’idée de me tourner vers l’artisanat d’art. » Et par un heureux hasard, Adélie effectue un stage chez un vitrailliste. « Je me suis lancée en me disant que j’allais bien voir et puis petit à petit, ça m’a vraiment plu. » S’ensuit alors pour la jeune femme une formation en Art appliqué puis une licence préservation des biens culturels en vitraux à la Sorbonne, le seul endroit en France à proposer cette formation. Puis, direction la Lorraine pour parfaire son art le centre Cerfav (Centre Européen de Recherches et de Formation aux Arts Verriers) en décoration de verre (sablage, façonnage du verre à froid et sculpture de pâte de verre.) Et joli part de hasard dans l’histoire d’Adélie, elle découvre que sa grand-mère réalisait également des vitraux, notamment pour certaines églises. Aujourd’hui, la boucle est bouclée pourrait-on dire puisque Adélie s’occupe de la restauration de vitraux dans des églises dont notamment le gros chantier de l’église de Montoriol où elle s’applique à préserver les 10 baies de l’édifice. « Il est urgent de préserver et de restaurer ces vitraux dans les églises ».

De la restauration religieuse à la création profane 

« Le métier de vitrailliste n’a pas beaucoup changé », explique Adélie. « On crée et restaure toujours mais ce qui diffère c’est que, là où avant il s’agissait quasi exclusivement de vitraux religieux, aujourd’hui, on est plus sur de la création « profane ». » Et des vitraux, cela naît d’abord sur papier avec une maquette, dont on peut en voir certaines sur les murs du petit atelier d’Adélie. 
En suite, Adélie exerce son art en reproduisant la maquette à l’échelle réelle avant de découper les différentes plaques de verre et de l’assembler à l’aide des fameuses ailes de plombs et de soudures à l’étain. « J’ai toujours plusieurs projets en même temps pour 12 heures de réalisation nécessaires en moyenne », continue l’artisan. Et le travail ne s’arrête pas à la réalisation de l’œuvre, Adélie s’occupe également de la pose de ses réalisations. « J’aime beaucoup de choses dans mon métier, c’est un métier polyvalent, qui demande de la précision, de la dextérité, mais il y a surtout la partie dessin avec les maquettes et quand je réalise de la peinture sur verre », confie la jeune femme. « Il y a un travail de détail, il faut plusieurs cuissons pour fixer la peinture… C’est un travail de précision. » 

Un métier d’art

A son compte depuis deux ans, Adélie raconte avec passion son métier, véritable métier d’artisanat d’art qui n’est pas aussi rare qu’on pourrait le penser. « J’ai plusieurs confrères sur le département et dans le Gers. C’est un métier qui ne se perd pas et il y a même un regain de la part des jeunes ! Il en faut ! » Néanmoins, c’est un métier plein d’humilité et qui demande de la patience. « Il ne faut cependant pas aller trop vite. C’est un véritable métier d’art où l’apprentissage prend plusieurs années et dans lequel on ne cesse jamais d’apprendre. » 

Renseignements //
https://adelie-payen.com
contact@adelie-payen.com

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