Agriculteurs, Tour de France, permis de louer, budget… Ce qu’il faut retenir du Conseil municipal d’Agen

Il était l’heure pour les élus de se remettre à l’exercice du Conseil municipal ce lundi. Et ce premier conseil de 2024 a notamment été le moment de se plier au débat d’orientation budgétaire (DOB) mais aussi d’aborder différentes questions comme celles des manifestations, du Tour de France ou encore du permis de louer.

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C’est un exercice auquel doivent se plier toutes les collectivités. Le débat d’orientation budgétaire de la ville d’Agen était au menu du Conseil municipal. Et cette année, la Ville d’Agen va devoir faire certains choix si elle veut conserver une stabilité financière qui a notamment pesé dans la 55ème place d’Agen dans les villes où il fait bon vivre (voir plus loin dans notre édition, NDLR).

C’est Mohammed Fellah, adjoint aux finances, qui a présenté ce débat en donnant la couleur d’entrée. « Les villes de notre strate voient arriver l’effet ciseaux, où les dépenses dépassent les recettes et qui mettent les finances publiques en situation de tension et de faire des choix. »

Entre 2021 et 2023, les dépenses de la ville d’Agen ont en effet connu une augmentation de 3M€ dont un 1/3 serait lié au contexte inflationniste. L’année 2023 étant, pour l’instant, l’année la plus chère depuis le début du mandat avec un total de dépenses à hauteur de 43 667M€ pour des recettes de 50M€. « Par rapport à l’année 2020, où les dépenses étaient de 36 590M€, on observe une augmentation significative qui nous pousse, à partir de cette année, à faire en sorte d’avoir des dépenses raisonnables afin de conserver une épargne confortable », explique Mohammed Fellah. La Ville observe également une baisse de son épargne brute de l’ordre de 7,9% contre 6,4% pour les collectivités de sa strate. 
Ainsi, la Ville va donc devoir faire des « choix assez rigoureux ». Elle compte en partie sur des « cessions hypothétiques » sur son parc immobilier qui concerneraient : l’ancien cinéma Carnot pour un bénéfice estimé de 1,3M€, l’hôtel Escouloubre avec 1M€, le CMPP pour 420 000€…Mais elle compte aussi sur un effort généralisé sur ses services. 



Le Tour de France 

Dans ce contexte où la Ville va devoir se serrer la ceinture, il a été l’occasion d’aborder une manne financière intéressante : celle du passage du Tour de France dans la cité agenaise. Qui va payer la facture ? Quelles seront les retombées ? Le maire Jean Dionis a fait un point.

Au total, l’opération se chiffre à 230 000€. Mais que comprend cette somme ? 108 000€ ont été dépensés pour le droit d’entrée auprès d’ASO, la société organisatrice du Tour. 60 000€ vont être attribués à la sécurité, 22 000€ à la communication, 30 000 € à l’animation et 10 000 € pour les hospitalités. « La Ville va dépenser 115 000€ et, je le salue, la présidente Sophie Borderie s’est engagée à ce que le Département participe à hauteur de 45 000€ », a exposé le premier édile. Mais quid des 70 000€ restants ? Pour ceux-ci, la Ville est actuellement en recherche de partenaires institutionnels ou privés et s’il semblerait que certaines touches soient prometteuses, aucun nom n’a pour l’instant été dévoilé.

Et côté retombée économiques alors ? 2000 chambres réservées, 4000 personnes de la caravane, 15 000 visiteurs sur une matinée et 500 camping-cars… La Ville les chiffre de façon hypothétique à 700 000€ qui tomberaient de façon « immédiate », tandis que d’autres retombées sont espérées grâce à l’exceptionnelle promotion du département par un événement de cette envergure. « Les retombées peuvent être encore plus importantes car on n’a pas le contrôle sur les dépenses de ces milliers de personnes », a souligné Alain Klajman, adjoint aux sports.

Et si l’événement a été plébiscité à l’unanimité, la pique est néanmoins venue de Jon Garay: « C’est une belle chose qu’il faut saluer, une chose positive, populaire, qui touche tous les

Agenais contrairement aux Fêtes d’Agen. » 

Manifestations, l’heure des comptes 

Autre sujet de dépenses abordé, celui de la facture des manifestations des agriculteurs. Qui va donc payer la facture estimée à 400 000 €, rien que pour l’enlèvement des déchets ? Pas les agriculteurs a assuré le premier édile, pour les soutenir. « Nous avons deux factures », a exposé Jean Dionis, « la première de 400 000€ pour l’enlèvement de 1500 tonnes de déchets, mais aussi une deuxième, pas encore chiffrée qui va concerner notre voirie communale particulièrement sollicitée par les poids lourds contraints de l’emprunter. » 

Alors qui mettra la main à la poche ? Un appel à l’Etat va être fait par la commune, en saisissant directement le Premier ministre et le Préfet. Le reste, sera payé à moitié par l’Agglo après déduction de la participation de l’état et à moitié par les communes qui ont été concernées (Boé, Bon-Encontre, Casteculier, Colayrac…) au prorata des factures.

Prolongation du permis de louer au Pin

166 dossiers présentés, 125 autorisations délivrées, 41 refus et 28 mises en conformité permettant une attribution du permis de louer. L’expérimentation, portée par l’adjointe Nadège Lauzzana, sur le quartier du Pin pour lutter contre le logement indigne porte ses fruits. Hauteur habitable inférieure à 2,20m, gardes corps absents ou défectueux, mauvaises installations électriques, présence de plomb, humidité…13 logements toujours jugés non décents ont pu être, grâce au dispositif, retirer du marché de la location. Devant le succès de l’expérimentation, saluée à l’unanimité pendant le conseil, celle-ci sera reconduite pour l’année 2024. Et à la question de savoir si ce permis de louer va être étendu sur d’autres quartiers ? Et bien cela tombe sous le coup de la réduction des dépenses que compte engager la Ville alors pour l’instant, le dispositif restera cantonné au Pin. 

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