
Un divorce, un accident de la vie, une mauvaise spirale dont on ne parvient pas à se sortir… Le surendettement peut toucher n’importe qui, y compris des propriétaires qui ont la chance d’avoir un patrimoine immobilier. Pour l’année 2024, le nombre de dossiers déposés en France et en Nouvelle-Aquitaine ont respectivement augmenté de 10,8% et 11,5%. À ces chiffres quelque peu inquiétants s’opposent les statistiques de notre département. En effet, les dossiers déposés sont en baisse de 1,4% (et même de 25,2% par rapport à 2019, année pré-pandémique). Une diminution certes modeste mais très contrastée par rapport à la dynamique globale. Ce qui en ces temps d’inflation et d’incertitude ne peut être qu’une bonne nouvelle.
Les raisons de la baisse
La commission de surendettement de Lot-et-Garonne tente d’analyser cette situation. « Nous avons essayé d’isoler plusieurs raisons et nous en avons identifié trois. La première s’explique par un taux déjà élevé de dossiers eu égard à la population », commence Valérie Dupas, directrice de l’antenne départementale de la Banque de France, qui supervise cette commission. Rapporté à 100 000 habitants, le territoire se classe parmi les plus mauvais élèves du Sud-Ouest. « Il y a par ailleurs une certaine fierté dans les milieux plus ruraux qui tente coûte que coûte de trouver des solutions autrement, poursuit Valérie Dupas. Enfin, nous pensons que les mesures d’accompagnement locales fonctionnent de mieux en mieux. » Preuve en est que le début d’année 2025 ne montre à ce jour aucun effet de rattrapage.
Des initiatives locales préventives


Les personnes surendettées ayant déposé un dossier bénéficient d’un plan de redressement. Celui-ci échelonne la dette avec des mensualités et une durée établies selon un degré de priorité (le logement en premier) et les capacités de remboursement. La volonté de maintenir au maximum les gens dans leur résidence principale est affirmée. Pour les cas les plus délicats, un effacement de la dette peut-être envisagé avec tout de même des conséquences. Le Lot-etGaronne complète ces mesures avec ses propres dispositifs pour mieux prévenir et accompagner les publics. « Depuis l’an dernier, nous assurons des appels aussi bien en amont qu’en aval auprès des surendettés. L’objectif est de pouvoir récolter de l’information utile pour une meilleure instruction. Et dès que la solution est adoptée, on prend le temps de s’assurer qu’il n’y a aucune incompréhension. Les courriers envoyés sont souvent très techniques et juridiques, donc difficile à appréhender. Cela poussait parfois le débiteur à ne pas respecter les consignes du plan », explique Valérie Dupas. Un « conseil départemental de l’inclusion financière » a également vu le jour. Parmi ses missions, de l’éducation budgétaire pour les jeunes afin qu’ils puissent plus tard prendre des décisions éclairées sur tous les sujets liés », révèle la directrice de la BdF 47.
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