
©Photo CR47
Ils l’ont fait. Après deux jours de route, de détours et de tensions avec les forces de l’ordre, une partie du convoi de la Coordination rurale (CR) 47 a atteint le cœur de la capitale ce jeudi 8 janvier, au petit matin. À près de cinq heures, les tracteurs lot-et-garonnais débouchaient sur les Champs-Élysées, avant de se stationner au pied de l’Arc de Triomphe. Le cortège s’était élancé mardi depuis les hauteurs de Cancon. Une mobilisation préparée dans une relative discrétion, rompant avec les stratégies plus visibles des précédents mouvements. Après une première nuit en Haute-Vienne, puis une étape en Eure-et-Loir, les agriculteurs ont volontairement cessé de communiquer leur itinéraire. Une tactique payante, malgré plusieurs blocages et saisies d’engins aux portes de Paris.
Une arrivée symbole, malgré les barrages

Sur place, aux côtés d’autres délégations de la Coordination rurale venues de Gironde, de la Vienne ou de l’Essonne, les agriculteurs du Lot-et-Garonne revendiquent une action pacifique. Sur sa page Facebook, la CR 47 assume pleinement la portée politique de cette arrivée : « Pas une fin en soi d’être ici, c’est la démonstration de la détermination de femmes et hommes qui se lèvent tôt le matin, travaillent dur chaque jour et ne gagnent pas leur vie dignement. »
Une mobilisation née d’un profond sentiment d’abandon. « Depuis deux ans, les revendications de fonds n’ont pas changé car la situation s’est dégradée et que l’État n’a pas trouvé de solution », écrit encore le syndicat agricole. Encadrés par les forces de l’ordre autour de la place de l’Étoile, les agriculteurs lot-et-garonnais sont désormais devant l’Assemblée nationale pour porter leurs doléances. Une délégation a rendez-vous avec Stéphane Travert, président de la commission des affaires économiques. Dans leur message, les agriculteurs résument l’attente qui les anime : « Ces femmes et ces hommes attendent des réponses concrètes du gouvernement rapide et efficace pour éclairer leur avenir. » Si certains sont parvenus jusqu’au cœur de Paris, d’autres restent immobilisés aux abords de la capitale. Plusieurs agriculteurs ont été placés en garde à vue ces dernières heures, dont des représentants du Lot-et-Garonne et d’autres départements. La mobilisation, elle, ne faiblit pas.





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