
©Photo Raymond Vall
Que l’on y soit favorable ou pas, le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) est sur les rails pour construire la nouvelle ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse, avec une gare au cœur de l’agglomération agenaise. Mais le combat ne s’arrête pas là. Le Club TGV Gare d’Agen Porte de la Gascogne, créé en 2022, poursuit d’autres objectifs. « Nous avons d’un côté la mission d’informer les citoyens et de répondre à leurs interrogations concernant le GPSO et son avancement. Mais nous nous battons aussi pour ce que l’on appelle les lignes de rabattement », explique le président Raymond Vall, ancien élu et parlementaire gersois. Le Lot-et-Garonne n’est, en effet, pas le seul concerné par le développement de ces grandes infrastructures. « On parle d’un territoire de plusieurs départements. Cette future gare d’Agen intéresse les Landes, la Dordogne, le Tarn-et-Garonne, le Gers… Ce dernier, que je connais bien, va par exemple être ponctionné de plusieurs millions d’euros sans recevoir le moindre kilomètre de ligne. C’est pourquoi il est essentiel d’en améliorer les accès futurs », avance Raymond Vall. Pour le président de l’association, cette connexion n’a de sens que sur le plan ferroviaire : « Le bus ne peut pas être une solution d’avenir. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, notre ruralité affiche une qualité de l’air très polluée. Ce n’est pas en rajoutant des véhicules sur nos routes que cela va s’arranger. »
Une rencontre importante avec Jean Castex

Il milite ainsi pour la « réactivation » des petites lignes, à savoir Agen-Périgueux, Agen-Auch, Agen-Villeneuve. Les trois connaissent des réalités bien différentes. La première est, dans les faits, toujours en exploitation mais « elle est en mauvais état et est sous la menace imminente d’une fermeture ». Agen-Auch, pour sa part, ne fonctionne plus depuis 2016, « malgré des travaux à hauteur de 2M€ à peine deux ans auparavant » et se trouve en proie à une végétation envahissante voire destructrice. Enfin, la liaison entre les deux plus grandes villes du Lot-et-Garonne n’a même plus de rails en état de fonctionnement… Autant dire que ces différents chantiers s’annoncent difficiles. Pourtant, Raymond Vall y croit dur comme fer et s’est trouvé un allié de choix en la personne de Jean Castex. L’ancien Premier ministre, gascon de par ses origines, est aujourd’hui le grand patron de la SNCF. Et peu de temps après sa prise de fonctions, il s’est entretenu avec Raymond Vall et Jean Dionis du Séjour pour évoquer ces sujets. C’était le 19 novembre au Congrès des maires de France. « Il a confirmé son soutien dans notre démarche. Il nous reste maintenant à mobiliser la population pour montrer que les lourds investissements ne seraient pas portés seulement pour un nombre limité de passagers… », confie le président du Club.
Une nouvelle génération de trains légers prometteuse
L’une des principales sources d’espoir vient des avancées technologiques avec l’arrivée sur le marché de trains dits « légers » alimentés par les énergies renouvelables. Le « TELLi », le « Draisy » ou encore « l’Écotrain », par leur poids réduit, mettent moins de pression sur les voies et ne nécessitent pas de gros réseaux électriques impossibles à financer. Le Draisy, développé par Lohr et le Groupe SNCF, dispose même d’essieux orientables pour absorber les défauts des voies. Ces atouts ouvrent des perspectives intéressantes… à condition de porter des dossiers solides. « Il y aura rapidement des expérimentations et les territoires les mieux préparés seront les premiers servis. Le président de l’Agglo d’Agen annonce déjà qu’il serait prêt à contribuer au débroussaillage des voies entre Astaffort et Agen. Notre ambition serait de voir dès le second semestre 2026 des tests de circulation concrets de ces nouveaux trains », assure Raymond Vall, considérant ce moment comme décisif : « C’est l’avenir qui se joue. On a besoin d’une mobilité décarbonée pour désenclaver la ruralité et anticiper les futures restrictions environnementales. On ne regarde pas seulement demain mais sur plusieurs décennies. » Raymond Vall se réjouit par ailleurs de voir une grande diversité d’acteurs locaux partager la même vision, à l’image du Conseil départemental de Lot-et-Garonne qui a rejoint le Club TGV cet hiver, ou encore les syndicats et le milieu associatif.
Infos //
Le Club TGV Gare d’Agen Porte de la Gascogne tiendra son assemblée générale à la mairie d’Astaffort le 20 janvier à 17h.
Site internet : club-tgv-agen.fr





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