Yvon Ventadoux, entre continuité et changements //


Avec un groupe de travail actif de 30 à 40 personnes et deux mandats de recul, Yvon Ventadoux commence l’année 2026 avec une certitude : sa liste sera bel et bien complète. « Je ne l’ai volontairement pas finalisée car on se donne le temps collectivement de pouvoir accueillir d’autres bonnes volontés. Une liste, ce n’est pas juste 27 noms. C’est un groupe de personnes capables de travailler sur la durée, disponibles et aptes à porter des dossiers importants », estime-t-il. Un renouvellement massif se profile au sein de son équipe, et le maire sortant y voit une force pour que la dynamique ne s’essouffle pas : « Les nouveaux qui arrivent avec plein d’idées et d’envie. » La politique culturelle et le programme des animations pourraient en être les premiers bouleversés.
Mais Yvon Ventadoux souhaite aussi assurer une certaine continuité, en particulier vis-à-vis d’un énorme chantier pour Pujols, celui de l’ORT. L’Opération de revitalisation de territoire du Grand Villeneuvois a récemment intégré le village perché dans ce programme, où figurent pas moins de 13 actions. « Ce n’est pas sorti du chapeau comme ça, ce sont des années de travail. Grâce à cela, nous pouvons espérer d’importantes aides et subventions pour mener des chantiers très structurants pour Pujols. L’une des principales raisons de mon nouvel engagement, c’est de pouvoir les porter avec mon équipe sans perdre de temps », clame-t-il.
« Qui est le plus crédible ? »

Cependant, la priorité numéro 1 reste l’accès à la santé, déjà fragile et encore plus affecté par le départ du docteur Bouziane. Une thématique défendue par tous les candidats mais sur laquelle le premier édile joue la carte de la légitimité. « Qui est-ce qui est le plus crédible ? », s’interroge-t-il avant de résumer son CV de médecin et son « rôle moteur » dans la création des trois MSP de l’agglo. « J’aborde ce dossier avec beaucoup d’humilité car il ne suffit pas de vouloir pour réussir. Il faut d’abord trouver la personne ressource idoine pour piloter ce projet. Un centre de santé me paraît être une solution pour offrir un choix entre exercice libéral et salarié. Doit-il être communal ou intercommunal ? À quel endroit ? Ce sont des questions qu’il faut travailler sérieusement. »
Enfin, Yvon Ventadoux se targue d’un bilan dont il peut « être fier », en particulier sur le plan financier. « Certains crient à l’apocalypse mais les chiffres et les faits sont là : la situation est très saine. On a sensiblement amélioré l’épargne brute avec des pics à 17% et on espère terminer le mandat entre 13 et 15%. La capacité de désendettement devrait rester sous les 5 ans malgré de gros investissements. Si l’encours de dette a augmenté, c’est pour des opérations essentielles qui seront sources d’économies demain. Pujols garde donc un gros potentiel d’investissement… à moins de créer des postes à tout va comme certains le promettent. »
Pierre Silva, un outsider qui se veut « pragmatique » //

Transfuge de la majorité municipale aujourd’hui dans l’opposition, Pierre Silva confirme ce statut plus que jamais avec l’arrivée sur sa liste de trois personnalités qui se sont présentées contre Yvon Ventadoux en 2020. Il s’agit d’André Brunet, Marc Galinou et Josiane Verga. Puisqu’il est question de liste, Pierre Silva glisse qu’elle est actuellement complétée aux deux tiers du nombre requis s’élevant à 27 personnes. Le candidat, dernier à être officiellement entré en campagne, se dit confiant quant à sa capacité à boucler son équipe d’ici la date butoir du 26 février. Pierre Silva se présente comme « une alternative aux projets non absorbables financièrement » de certains de ses rivaux, dont il juge même certaines mesures comme « illégales ». « Nous ne sommes pas là pour vendre du paraître et du rêve aux gens, avec des investissements illusoires allant jusqu’à 1,5 M€ pour un bâtiment, mais des choses réalisables, les pieds bien ancrés sur terre. Ces actions seront portées par des élus pragmatiques, compétents et honnêtes, sans passé judiciaire », glisse-t-il. Pierre Silva déplore l’atmosphère de la campagne où règnent, selon lui, « beaucoup de démagogie » mais également un « manque d’idées nouvelles » et « des reprises copiées-collées de ce qu’André Brunet ou moi-même avons déjà proposé lors d’anciens conseils ». Il regrette également « les insultes sur les réseaux sociaux ». Sur le plan de la santé, il propose de voir à long terme en finançant par exemple des études de médecine en contrepartie d’une installation future de ces jeunes praticiens locaux. Une idée notamment développée avec « une étudiante en 4eme année présente sur la liste. » Le foyer Corail pourrait être acquis en vue d’y installer une maison de santé, un foyer des jeunes ou une bibliothèque. Espace numérique pour les démarches quotidiennes, marché de Producteurs de pays, évènements culturels modernisés, caméras et « voisins vigilants », sport à l’école et partenariats associatifs sont autant d’autres mesures développées dans le programme.
Christophe Beaupuis, le candidat RN à la recherche de colistiers //

Celui qui s’est lancé en campagne avec le soutien très appuyé des cadres lot-et-garonnais du Rassemblement national se montre transparent : « Je rencontre actuellement des difficultés de recrutement. Il y a un socle solide de gens qui travaillent à mes côtés mais le nombre n’y est pas encore. C’est toujours délicat de solliciter des citoyens pour se lancer bénévolement dans un tel engagement. Certains ne veulent pas de mise en lumière, d’autres manquent de temps », concède Christophe Beaupuis. L’étiquette partisane, longtemps clivante, est-elle un frein ? « Même si mes adversaires ont tendance à me stigmatiser, je constate que les gens sont très réceptifs aux idées que nous portons. Nos scores sur les dernières élections en sont la preuve. Oui, le RN peut dignement représenter le peuple. Et l’on sait aussi parler local. C’est ce que je m’efforce à faire lors de mes nombreuses tournées en porte-à-porte ou via le phoning », explique-t-il.
Pour Christophe Beaupuis, la question sécuritaire reste centrale. « Sans accentuer les problèmes, il y a déjà plusieurs points de deal que l’on ne peut pas ignorer. Il faut également veiller à ce que la délinquance de Villeneuve ne se délocalise pas ici. Je veux que Pujols reste un lieu paisible, propice au bien-vivre. » Ce soignant en Ehpad insiste par ailleurs sur l’importance de « bien s’occuper de nos jeunes, à travers les conditions d’accueil à l’école, et de nos aînés ». Quant au problème médical, il souhaite faire primer le recrutement sur les installations physiques. Cette philosophie s’inscrit dans un contexte global de recherche d’économies tout en essayant de « relancer l’économie du village par les voies commerciales et industrielles ».





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