Magma : quelle est cette déambulation artistique qui animera Agen en mars ?

Après trois éditions parisiennes à succès, La Magma arrive pour la première fois à Agen en mars 2026, portée par des collectifs engagés et rassemblant chaque année plusieurs milliers de participants.

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©Photo Quentin Chevrier

Créée en juin 2023, La Magma se définit comme « la première déambulation artistique pour le climat et la justice sociale ». À l’origine, une intuition : « faire de la place à l’art dans la mobilisation écologique » et « s’emparer de l’espace public » pour réinventer les formes de l’engagement citoyen. Après une première édition expérimentale, l’événement a rapidement pris de l’ampleur. En mai 2024, plus de 2 000 personnes participaient à une Magma placée sous le signe de « célébrer nos luttes ». En 2025, la troisième édition, consacrée à l’océan, a réuni jusqu’à 3 000 participants autour d’une scénographie dénonçant « la destruction de la vie marine, des écosystèmes et de la vie humaine ».

Agen, nouvelle terre d’expérimentation

En 2026, La Magma change d’échelle. « Après trois éditions parisiennes couronnées de succès, la Magma souhaite désormais essaimer partout en France », affirme tour à tour les membres du collectif Magma. Pour la première fois, trois déambulations distinctes auront lieu au printemps : à Paris, Laval et Agen. Le choix du Lot-et-Garonne n’est pas anodin. Les organisateurs souhaitent « se positionner en soutien de territoires souvent invisibilisés », mais où « des initiatives citoyennes, artistiques et politiques émergent et résistent ». À Agen, le projet est porté conjointement par La Compagnie Sauvage, les collectifs Minuit 12 et Le Bruit Qui Court, en lien avec un réseau local d’artistes et d’associations.

Pour cette première édition agenais, La Magma affiche un mot d’ordre clair : Re-Génération. Un cri collectif pour répondre à un contexte de fragilisation du tissu associatif et culturel. « Quand tout semble s’écrouler et ne tient plus, quand tout s’abîme, se dégrade, s’érode et s’efface, il est urgent de préserver nos écosystèmes, nos corps et nos liens », écrivent les organisateurs. La régénération est ici envisagée dans toutes ses dimensions : « Ré-Génération du vivant », « des sols et de notre agriculture », « des liens » et « de notre écosystème associatif et culturel ». Avec une volonté assumée de transmission : « “Régénérer” par les nouvelles générations, transmettre avec les anciennes, cultiver nos différences ».

Prévue le 21 mars, La Magma à Agen prendra la forme d’un cortège artistique « ouvert à toutes et tous », mêlant musique, danse, arts plastiques, slam et fanfare. L’événement se veut un « catalyseur des forces vives du territoire », invitant artistes, citoyens, militants, jeunes et moins jeunes à défiler ensemble « dans la joie militante, la joie de s’engager ».

Ateliers, partenariats et objectifs

En amont de l’événement, plusieurs ateliers ouverts au public seront organisés : fabrication de drapeaux et de modules scénographiques, réunions publiques, séminaires et temps de formation autour des enjeux écologiques et sociaux. La dimension partenariale est centrale, avec l’implication prioritaire d’associations locales appelées à rejoindre le processus créatif. À travers cette mobilisation, les organisateurs affichent des objectifs clairs : « promouvoir un art engagé démocratique », « célébrer les collectifs » qui œuvrent pour « une terre vivable », faire rayonner l’initiative sur le Lot-et-Garonne et le Sud-Ouest, et « mettre la joie au cœur de nos luttes ». Les organisateurs entendent ainsi ouvrir « une brèche pour sortir du défaitisme » et rappeler qu’il est possible de lutter « pour, et pas seulement contre », en faisant de l’art un moteur d’engagement et d’espoir collectif.

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