Municipales 2026 : Stéphane Boukhari veut « arrêter de flamber avec l’argent public »

Le candidat, à la tête d'un collectif Souffle citoyen au complet, entend parler à celles et ceux qui se sont détournés de la politique.

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Face à trois forces politiques bien identifiées sur l’échiquier, le Souffle citoyen mène sa barque de campagne en suivant sa propre route. Autour de son leader Stéphane Boukhari, le collectif ne se veut « inféodé à aucun parti ». Cela se ressent avec une liste éclectique de 35 noms rassemblant beaucoup de nouveaux venus dans la bataille électorale. Et parmi les noms déjà aperçus sinon connus, quelques petites surprises. En effet, Stéphane Boukhari emmène avec lui d’anciens coéquipiers de différents candidats lors du précédent scrutin. L’exemple le plus criant est celui d’Estelle Hénault-Blineau, élue déléguée sous la mandature Lepers avant d’en être évincée. On retrouve par ailleurs deux anciens compagnons de Patrick Cassany, à savoir Choeb Zafar et Lucia Estrela, le frère et colistier d’Alain Soubiran (Pierre) ou encore Vanessa Blot, engagée il y a six ans aux côtés de Thomas Bouyssonnie. Les plus taquins y verront des bribes d’ombre de Jérôme Cahuzac, à travers des relations directes et indirectes. Mais le discours, lui, tend à s’éloigner de l’ex-ministre déchu et cadre du Parti socialiste. Il s’adresse avant tout « aux gens qui se désengagent de la politique, à celles et ceux qui n’y croient plus, qui ne votent plus, qui ont laissé faire par fatigue voire par dégoût dans un silence que d’autres ont pris pour un feu vert », explique Stéphane Boukhari. Le chirurgien-dentiste avance ainsi une démarche autre, « sans chef providentiel ou promesse en carton ». Celle-ci repose sur la citoyenneté, le tout premier axe développé dans le document programmatique du collectif. Des budgets participatifs de quartier, une plateforme numérique de participation pour pouvoir s’exprimer sur des sujets dont certains seront même soumis à des référendums locaux. « Par exemple, sur le devenir du parc Saint-Cyr, on demandera aux Villeneuvois s’ils préfèrent un projet 100% public, un partenariat public-privé ou la vente à un tiers. Au sein de la liste, on émet l’idée de pouvoir en faire un pôle culturel, un lieu de savoir et de création. Mais tout cela doit être débattu. On veut une démocratie participative et pas seulement représentative », lance Stéphane Boukhari, qui souhaite également préparer la commune à des moments de crise.

Délinquance : mieux vaut prévenir que guérir

Sans surprise, le candidat fustige la majorité sortante. « On constate que le sentiment d’insécurité est toujours bien présent. La situation ne s’améliorera pas avec une grande vague bleue mais en allant vers la grande précarité. Plutôt que des effectifs supplémentaires, même si l’on souhaite l’embauche d’un maître-chien, il faut se doter de nouvelles solutions avec de la médiation et des éducateurs sur le terrain auprès de différents publics : les plus précaires, les jeunes en décrochage scolaire, les plus sujets aux addictions… On veut les éloigner de la délinquance avant qu’elle n’ait lieu. Mieux vaut prévenir que guérir », assure Stéphane Boukhari.

Côté propreté, l’appréciation n’est guère meilleure. « La ville se dégrade. On doit revoir en profondeur les tournées de ramassage et le nombre de poubelles dans de nombreux endroits stratégiques, restructurer le service environnement. L’année blanche doit être soigneusement analysée, sans précipitation. Et s’il faut de la répression, il y en aura. »

Un retour vers le Lot

La question de l’attractivité revient fatalement sur le tapis. En matière médicale, Souffle citoyen déplore la « démagogie » des promoteurs de centres de santé. « Une solution d’urgence », selon Stéphane Boukhari qui préfère « miser sur les soignants de demain » de leurs études jusqu’à leur installation en levant plusieurs freins. Économiquement parlant, le collectif souhaite limiter l’impact négatif de la vacance commerciale en déployant des « baux précaires » afin que des artisans et des artistes puissent s’y implanter temporairement et « ramener du flux et de la dynamique en centre-ville ». L’accroissement du stationnement va aussi dans ce sens. D’un point de vue touristique, Stéphane Boukhari et son équipe prévoient de mettre en étude la création d’un stade d’eaux vives, symbole d’un « retour vers le Lot ». L’infrastructure pourrait coûter entre 3 et 6 M€. Elle s’inscrirait surtout dans un plan plus large de « poumon » aquatique villeneuvois, agrémenté de plages, pour rayonner au-delà du Villeneuvois.

Une baisse des impôts espérée mais pas promise

Mais au-delà de ce projet singulier, l’heure est la rigueur budgétaire. « Tout va commencer par un audit financier et juridique complet dès notre prise de fonctions. Tout doit être réorienté vers l’utile. Il est temps d’en finir avec le gaspillage et d’arrêter de flamber avec l’argent public comme l’a fait Guillaume Lepers. Avec 160 000 €, on peut faire des animations tous les soirs de l’été et pas seulement deux grands concerts gratuits. Le boulevard Georges-Leygues n’était pas une priorité, simplement un acte de politique vitrine, pour laisser l’empreinte de son passage à la mairie. Les contribuables ne doivent plus avoir à payer pour du superflu », prévient Stéphane Boukhari. La voirie sera érigée en « priorité municipale », tout comme la baisse de la taxe foncière « dès que possible ». Cette dernière n’apparaît cependant pas comme un engagement ferme. « Elle ne sera jamais annoncée sans garanties : mieux vaut dire la vérité que promettre l’impossible », estime la tête de liste qui entend bien créer la surprise.

La liste au complet de Souffle citoyen

Stéphane Boukhari, 38 ans, chirurgien-dentiste

Yasin Ahmed, 49 ans, chirurgien-dentiste

Sonia Andin, 47 ans, accompagnant éducatif et social

Joel Auricoste, 71 ans, retraité justice

Marie-Rose Aupitre, 76 ans, retraitée

Akim Baffou, 42 ans, infirmier

Amélie Baudoin, 28 ans, auxiliaire de vie

Vanessa Blot, 45 ans, professeur des écoles

Philippe Canellas, 49 ans, agent de service d’entretien

Patrice Caumartin, 71 ans, cadre bancaire retraité

Muriel Chaudin, 55 ans, assistante de gestion

Vanessa Christophe, 46 ans, secrétaire

Willy Claverie, 58 ans, chef d’entreprise

Tony Correia, 48 ans, charpentier

Laura David, 39 ans, assistante maternelle

Brandon Dour, 30 ans, intérimaire

Jamila Elkadi, 46 ans, auto-entrepreneur

Lucia Estrela, 71 ans, retraitée fonction publique

Elise Garrido, 24 ans, psychologue

Alain Guerin, 74 ans, gérant de société

Estelle Henault-Blineau, 44 ans, secrétaire commerciale

Alain Lachaux, 63 ans, retraité fonction publique

Yasmina Lamarche, 62 ans, sage-femme

Justine Lebourgeois, 37 ans, comptable

Yoann Lepine-Granero, 50 ans, cuisinier

Natacha Minidoque, 43 ans, adjointe des services économiques

Jean Monchablon, 59 ans, cuisinier

Christelle Perrière, 51 ans, employée

Fabien Roquecave, 39 ans, chef d’entreprise

Jacques-Jean Romeuf, 77 ans, retraité

Laurent Rouzies, 54 ans, technicien

Pierre Soubiran, 67 ans, retraité entrepreneur

Olivia Vidal, 80 ans, ancienne employée

Michele Vitiello, 72 ans, retraité de la fonction publique hospitalière

Choeb Zafar, 72 ans, retraité de l’enseignement supérieur

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