Il y a un an, nous posions dans nos colonnes la question : « Laurent Bruneau, l’élu que la gauche agenaise attend ? », la réponse est tombée ce dimanche 22 mars 2026. Au terme d’une longue campagne de terrain, l’avocat de 47 ans a transformé l’essai. Sa liste « Vivement Agen » s’impose dans cette triangulaire avec 39,05 % des suffrages, devant le maire sortant Jean Dionis du Séjour (34,33 %) et Sébastien Delbosq (26,62 %). Une performance a souligner, alors que ce dernier améliore son score du premier tour (34,5%), certainement aidé par un sursaut de vote anti-Dionis. Cette victoire qui fin à près de deux décennies de gestion municipale par l’édile centriste. Dans la salle des Illustres de l’hôtel de ville, l’instant est bref mais chargé de symbole. Quelques secondes après l’annonce des résultats par Jean Dionis du Séjour, Laurent Bruneau apparaît. Les applaudissements fusent. Les deux hommes échangent une poignée de main rapide, presque silencieuse. La passation se résume à ce geste, avant que chacun ne rejoigne les siens. Le nouveau vainqueur se tourne aussitôt vers la foule. « Je remercie sincèrement les électeurs qui nous ont fait confiance. Je suis très heureux du résultat que nous faisons ce soir », déclare-t-il, visiblement ému, sous les acclamations. Pour celui qui n’avait connu jusque-là que les bancs de l’opposition municipale pendant six ans, la scène a un goût particulier.
Très vite, l’avocat devenu maire désigné reprend ses esprits pour ses premières déclarations face à la presse. Après les remerciements, il insiste sur un autre signal de la soirée : la mobilisation électorale. « Je suis aussi très heureux de la participation qui a augmenté (56,95 %). Au soir du premier tour, nous étions tous un peu déçus par l’abstention », souligne-t-il. Pour Laurent Bruneau, cette progression traduit une attente forte des habitants. « Cela veut dire que les Agenaises et les Agenais ont envie d’être entendus. Nous l’avions identifié pendant la campagne et c’est pour cela que nous voulons faire une large place à la démocratie participative. » Dans la foulée, le nouveau maire adresse également un mot à ses adversaires. « J’ai une pensée pour les autres candidats et leurs équipes, ainsi que pour leurs électeurs. Dans chaque équipe, il y a eu de l’investissement et de la mobilisation. C’est la démocratie. »
Après un passage en préfecture, Laurent Bruneau rejoint sa permanence de campagne place Castex, peu après 20 h 30. Des dizaines de soutiens l’y attendent déjà. Dans une ambiance festive, le nouveau maire multiplie les embrassades, souvent les larmes aux yeux. La gauche agenaise, absente du pouvoir municipal depuis 2008, savoure ce retour inattendu. Devant une foule conquise, Laurent Bruneau reprend la parole quelques minutes pour remercier militants et sympathisants, avant que la soirée ne se transforme en véritable fête.
Les premières actions du mandat
Passée l’euphorie de la victoire, la nouvelle équipe municipale devra rapidement entrer dans le concret. Première étape : l’installation du conseil municipal et la désignation des adjoints. « Nous allons rencontrer les services municipaux et faire connaissance les uns avec les autres », explique Laurent Bruneau. Dans le même temps, la nouvelle majorité devra se positionner au sein de l’Agglomération d’Agen, dont le nouveau maire ne cache pas l’ambition d’en être le président. Parmi les premières décisions annoncées figure également le lancement d’un audit financier de la ville. « Nous allons lancer un audit financier assez rapidement. Cela nous permettra d’avoir une vision claire de la situation », confirme-t-il.
Certaines mesures du programme pourraient toutefois être mises en œuvre sans attendre. Le nouveau maire évoque notamment l’abrogation de l’arrêté municipal concernant la circulation des vélos en centre-ville, ainsi que la volonté de faciliter l’accès aux berges du canal. « Nous arrivons au printemps, il va faire beau. Il faut que les Agenais puissent profiter du bord du canal le dimanche », explique-t-il.
D’autres engagements suivront dans les prochains mois. Parmi eux, la promesse d’une baisse d’un euro du prix de la cantine scolaire dès la rentrée de septembre. « Nous allons lancer les mesures prévues dans notre programme pour être opérationnels au plus vite ». Il faudra toutefois attendre le 28 mars pour le voir endosser la précieuse écharpe de maire. Mais pour l’heure, les discours laissaient place à la célébration. Dimanche soir, c’est toute une famille politique qui savoure son retour aux affaires municipales après près de vingt ans d’attente. Une victoire qui, pour ses partisans, marque déjà un nouveau printemps politique à Agen. Et dont le slogan de campagne résume encore l’instant : Vivement Agen.







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